Tarantula

Tarantula, États-Unis, 1955

Tarantula
4,0
Écran Large Star Rating 8
Nos lecteurs Star Rating 7
Popularité
30% Popularité
Votre note
HateStar RatingLove
Alertes

Critique

Francis MouryFrancis Moury 09 juin. 2007 Star Rating 8

Tarantula de Jack Arnold est un grand classique du cinéma de science-fiction : il est encore aujourd’hui impressionnant en raison de la sûreté implacable de sa progression dramatique et de la qualité de ses effets spéciaux. Arnold avait déjà filmé la poésie diurne et nocturne du désert dans Le Météore de la nuit et c’est encore ce cadre dans lequel évolue Tarantula. 

 

Secondé par une équipe technique de premier choix (le directeur photo George Robinson et le maquilleur Bud Westmore sont de vieux routiers du cinéma fantastique, Clifford Stine est un excellent technicien d’effets spéciaux, et Russel A. Gausman a conçu la décoration de plusieurs très beaux laboratoires pour des films fantastiques d’Universal, notamment ceux d’Erle C. Kenton) Jack Arnold illustre le thème majeur de la science-fiction mondiale des années 1955 : la mutation atomique. Aucune originalité sur le fond : l’atome a déjà montré de quoi il était capable l’année précédente dans Des monstres attaquent la ville de Gordon Douglas ou Goddzilla d’Inoshiro Honda. Mais la forme permet à Arnold de délivrer une histoire très angoissante, qui se déroule du début à la fin dans un climat de terreur cosmique : les dimensions modifiées, les portes du cauchemar s’ouvrent et tout devient possible. La scène nocturne des chevaux est très étonnante pour cette raison et le maquillage de Leo G. Carroll demeure aussi très inquiétant. Et le scénario dont Arnold est en partie à l’origine ménage la possibilité de passage du microcinéma au macrocinéma, et ce passage lui-même provoque la terreur : le petit film pédagogique super-8mm ou 16mm consacré aux arachnides et à la tarentule est visionné par deux hommes que le spectateur sait être dorénavant en danger alors qu’ils l’ignorent encore. Un des ressorts hitchcockiens habituels du suspense est donc appliqué. Notons que Gordon Douglas avait cependant déjà eu cette idée dans son film de 1954 : Arnold ne fait que la recopier. La première partie du film a eu en outre l’habileté de ne révéler l’araignée - une fois évadée et devenue gigantesque : on la voit alors qu’elle est déjà monstreuse mais pas encore gigantesque - que fragmentairement ou par ses simples effets. Lorsqu’elle est enfin révélée, les surprise dimensionnelles ne sont pas épuisées : Arnold, Robinson et Stines saventt grader les effets physiques et biologiques. La progression dramatique est celle du recouvrement progressif du paysage réel : la destruction de la maison du savant comme la destruction finale de Tarantula y participent. Cette dernière en est picturalement l’aboutissement qui engendre paradoxalement une panique totale : le ciel et l’horizon semblent brûler tant l’araignée est devenue énorme. Interprétation de série B, à l’exception du grand acteur Leo G. Carroll et du couple Mara Corday et John Agar, convaincants. 

 

Au tournant des années 1970, Tarantula était devenu pratiquement invisible en salles de cinéma à Paris, sauf à la Cinémathèque française. Les éditions françaises Publicness des revues d’origine américaine Creepy le premier magasine illustré d’épouvante, Eery le premier magazine de l’étrange et Vampirella proposaient à leur lecteurs d’en acheter un extrait d’environ 15 minutes distribué par la firme Castle Films en 8mm muet ou sonore (en version anglaise, dans ce cas), super-8mm muet ou sonore et même 16mm sonore. Cet extrait constituait d’ailleurs le « N°1 » de leur catalogue et son prix variait de 90 FF à 310 FF : somme d’argent élevée, à cette époque, mais que certains d’entre nous ont pourtant bravement investie ! En somme, Tarantula n’avait pas pris une ride : on voulait le voir et le revoir. Ce fut le chanteur français cinéphile Eddy Mitchell qui le présenta pour la première fois à la télévision française lors d’une « Dernière séance » mémorable, si nos souvenirs sont bons, au tournant des années 1980. Ensuite l’avènement de la VHS et la multiplication des télévisions rendirent le film à nouveau plus accessible.

 

 

 

Avouons que Tarantula vieillit encore très bien. Chaque nouvelle génération de cinéphiles s’intéressant au cinéma fantastique et à sa « succursale » (le terme est de Jacques Sternberg) nommée science-fiction, pourra y prendre un plaisir renouvelé. Moins poétique et inspiré, dans la filmographie d’Arnold, que L’Étrange créature du lac noir et que L’Homme qui rétrécit, mais doté d’un budget supérieur à Revenge of the Creature (inédit au cinéma en France mais depuis télédiffusé) ou à Le Monstre des abîmes, Tarantula constitue (avec Le Météore de la nuit) l’exemple même du film B solide, à l’efficacité régulièrement inquiétante : une sorte d’étalon, en somme.

Liens sponsorisés

Films attendus
The Dark Knight
Mesrine : L’instinct de mort
James Bond : Quantum of Solace
Babylon A.D.
Coluche
Faubourg 36
Harry Potter 6
Séries télé du moment
Heroes
Lost, les disparus
Desperate housewives
Prison break
Grey's Anatomy
Ugly Betty
24
Stars du moment
Jennifer Lopez
Paris Hilton
Jessica Alba
Britney Spears
Eva Longoria
Lindsay Lohan
Carmen Electra