Angels in America

Angels in America, États-Unis, 2003

Angels in America
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Critique

FhaFha 30 avr. 2008 Star Rating 5
Hollywood voulait adapter la pièce somme du dramaturge américain Tony Kurshner depuis longtemps, Robert Altman avait approché le projet mais c’est pourtant la télévision qui s’en empara et un metteur en scène de cinéma qui le réalisa. Sur les planches de Broadway on en a pour sept heures de programme, ici six. On louera l’initiative bien récompensée (5 Golden Globes et pas mal d’Emmy Award) de HBO tout en reconnaissant le constat plutôt négatif de l’ensemble.

Années 80, l’avènement du sida, les questions existentielles et métaphysiques qu’amènent ce virus, le trouble dans la communauté gay, l’arrivée du nouveau millénaire,… de quoi faire un film puzzle imposant surtout quand on a un casting pour le moins impressionnant (Al Pacino, Meryl Streep, Emma Thompson, Patrick Wilson ou encore Jeffrey Wright). Sauf que derrière la caméra se cache Mike Nichols, l’homme à la carrière inégal, capable du meilleur comme du pire. Et force est de constater que si sa mise en scène fluide est de qualité et que c’est donc au niveau du scénario que nous sommes plus réticents.

Si les deux premiers épisodes sont intéressants et installent posément toutes les intrigues, la suite de cette mini série part très vite dans le grand n’importe quoi. Précisons d’abord que le côté peut-être trop théâtral des acteurs amène à des sommets d’actor’s studio. Explications : larmes, cries, hurlements… "Angels in America" est une métaphore lourdingue de la douleur liée au sida, d’où des « performances » d’acteurs qui irritent les oreilles. Tout ça est un peu trop too much, tombant facilement dans le ridicule. Surtout que Nichols n’est vraiment pas fin. L’apparition de surnaturel est amenée d’une manière exagérée et n’en finit pas de sombrer dans le ringard.

La finesse de l’enterrement inaugural laisse donc la place à une saga où les personnages sont peu attachants voire répugnants et où règne un climat réussi de dérèglement à tous les niveaux. Le grand point positif est avant tout le fait d’aborder le sujet de la sexualité et de l’homosexualité sans tabou (voire très crument par moment), ce qui rare. Une saga osé qui même si elle ne convainc pas pleinement a le mérite d’exister. Un conseil plongez vous plutôt dans le plus court mais tout aussi dense au final "Les Témoins", même sujet traité bien mieux par André Téchiné.

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