Slevin

Lucky number Slevin




14 mai. 2006 Par chdx Star Rating 5

 

Dans le même style et en franchement plus réussi, on a déjà eu l'an passé “Kiss Kiss Bang Bang”.

Dans le même style et en franchement plus raté, on a déjà eu l'an passé “Revolver”.


Le style, c'est la comédie policière, brassant avec plus ou moins de bonheur cliches et figures imposées du Film Noir et du Thriller.


Slevin (Josh Arnett) passe vraiment une mauvaise journée: ayant perdu en 24 heures boulot, appartement et petite amie, il vient de se faire en plus dérober son portefeuille…


Echouant dans l'appartement d'un ami absent, il a de plus la malheureuse idée d'ouvrir la porte lorsque quelqu'un frappe, ce qui lui vaut en deux temps trois mouvement de se retrouver pris en sandwich entre 2 barons de la pègre, le Boss (Morgan Freeman) et le Rabbin (Sir Ben Kingsley) qui:


1) habitent l'un en face de l'autre

2) se livrent une guerre sans merci

3) le prennent pour le locataire des lieuxÂ…un certain Fisher, qui leur doit a chacun une forte somme d'argent.


Coince entre le marteau et l'enclume, Slevin va vraiment passer une mauvaise semaineÂ…


Cette nouvelle réalisation de Paul McGuigan (“Wicker Park”, l'adaptation U.S. de “L'appartement”) a la singulière particularité de multiplier atouts et mauvaises pioches:


Atout: un casting grand luxe, rien que des pointures et du sympathique.


Une savoureuse Lucy Liu qui se voit enfin offrir de casser son image habituelle de beauté glacée se transformant en voisine ingénue, fan de Columbo et de James Bond,

Un trop rare Stanley Tucci (réalisateur, a ses heures, du délicieux “Big Night”) tachant, pour le compte de la police, de deviner ce que peux bien manigancer ce nouveau venu de Slevin…


Mauvaise pioche: un reste du casting continuellement aux frontières du cabotinage, reprenant ici pour la plupart des rôles déjà tenus ailleurs:


Bruce Willis en pilotage automatique saisit les armes encore chaudes de “Sin City” avant d'endosser le pardessus d'un mystérieux tueur professionnel,

Ben Kingsley a mi-chemin entre “Sexy Beast (le big boss psychopathe) et, plutôt deux fois qu'une, “House of sand and fog” (le père endeuille, la fin de parcours pathétique) ajoute un nouvel accent a sa déjà longue collection,

Morgan Freeman essayant de trouver un juste équilibre entre l'absurde et le menaçant, jouant aux échecs en évoquant la loi du Talion…


Atout: un film en forme de jeu de piste ludique ou l'on compte sur la cinéphilie des spectateurs pour saisir au bond toutes les références (ici, un film, la une musique).


Mauvaise pioche: un film TRES bavardÂ…


Bavard, du style qu'on y parle a tord et a travers de tout et de n'importe quoi, de James Bond au saut du lit après l'amour, de Hitchcock et sa “Mort aux trousses”, de bande dessinée quand on vient d'apprendre la mort de son fils (le Boss et son « Schmoo », une référence a un personnage de BD typiquement américain qui, disparu dans les années 50, passera largement au dessus de la tête de tout le monde…).


Mauvaise pioche encore Une direction artistique visant le plus c'est moche, plus c'est beau (de décors improbables en costumes bigarrés, tout semble avoir été conçu pour donner mal a la tête).


Lors de faire les comptes, pas de chance, car le film est de plus desservi en fin de parcours par un twist présentant le sérieux inconvénient d'être a la fois prévisible (pour quiconque a bien suivi le début), tire par les cheveux et révélé sous la forme d'un très long flash-back tachant de donner un sens aux abracadabrantesques 100 minutes précédentes.


C'était bien la peine de récompenser le cinéphile a grand coup d'emprunts/ clins d'œil si c'est pour le laisser tomber avec un final si paresseux !


Echouant a transcender les cliches du genre (a la « Sin City »), ou tout simplement a en sourire (a la ‘'Kiss Kiss Bang Bang »), « Slevin » reste coince dans ses starting-blocks, croisement improbable de « Pulp Fiction » (pour sa multitude de personnages caricaturaux jusque dans leurs noms et pour ses long monologues), et de « Usual Suspects » (pour son twist final au pays des gangsters).


Au final, un film parfois sympathique mais brassant plus de vent que d'idées fraîches et beaucoup moins futé qu'il ne prétend l'être.



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La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

Slevin

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