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Critique
La découverte du cinéma de John Woo s’est révélée être une aubaine pour les amateurs de films d’action. Le traitement de l’espace surprenait par une abolition des limites supposées. Le cadre immortalisait des ballets finement orchestrés où l’expression des corps s’épanouissait dans la grâce de mouvements incessants. Woo demeure un grand formaliste et un virtuose de premier ordre. Comme tout cinéaste un brin talentueux et original, Hollywood ne tarda pas (trop) à l’attirer dans ses griffes aiguisées qui tendent à égratigner la qualité (Tsui Hark ne pourra pas contredire). Après deux essais manqués (Chasse à l’homme et Broken arrow), Woo opte pour la sécurité. Avec Volte/Face, il transpose avec vivacité les ingrédients qui font le charme de ses films.
L’idée de départ, qui relève de l’anticipation scientifique, illustre parfaitement un des thèmes principaux de son cinéma : la gémellité entre le bien et le mal. Sean Archer, agent du FBI, est contraint de prendre l’apparence d’un dangereux terroriste, Castor Troy, qu’il pourchasse depuis des années. Volte/Face représente l’essence première du cinéma de Woo : un drame psychologique relevé par une action violente et frénétique. L’idée est de pousser une configuration manichéenne à la confusion totale afin de provoquer un véritable vertige psychologique. Fil rouge de son œuvre, Woo s’attache au caractère fondamentalement humain de ses personnages. Situé dans un univers inconnu, ils sont obligés de s’adapter et pour cela de commettre des sacrifices. L’agent du bien se laisse emporter par l’adrénaline de la violence alors que son démon se voit attribuer comme tâche de sauver le couple conjugal de l’autre. On peut reprocher à Woo son maniérisme (ralentis à outrance, musique lyrique…) qui laisse à penser qu’il ne cesse de se répéter. Pourtant l’action se passe à Los Angeles et non plus à Hong Kong. Par cette transposition d’éléments incongrus dans un nouveau décor, Volte/Face présente un visage radieux au cinéma d’action américain qui jusque là avait mauvaise mine.
Dans ses deux personnages principaux, on peut y voir le parcours de John Woo en personne. Aux Etats Unis, il est devenu un cinéaste exilé découvrant une nouvelle façon de concevoir des films. Volte/Face est la représentation d’un échec, celui d’une mauvaise adaptation à un milieu étranger. Avec ce film-synthèse, une page est tournée dans l’œuvre du cinéaste qui s’essayera à de nouveaux horizons avec plus ou moins de réussite.
L’idée de départ, qui relève de l’anticipation scientifique, illustre parfaitement un des thèmes principaux de son cinéma : la gémellité entre le bien et le mal. Sean Archer, agent du FBI, est contraint de prendre l’apparence d’un dangereux terroriste, Castor Troy, qu’il pourchasse depuis des années. Volte/Face représente l’essence première du cinéma de Woo : un drame psychologique relevé par une action violente et frénétique. L’idée est de pousser une configuration manichéenne à la confusion totale afin de provoquer un véritable vertige psychologique. Fil rouge de son œuvre, Woo s’attache au caractère fondamentalement humain de ses personnages. Situé dans un univers inconnu, ils sont obligés de s’adapter et pour cela de commettre des sacrifices. L’agent du bien se laisse emporter par l’adrénaline de la violence alors que son démon se voit attribuer comme tâche de sauver le couple conjugal de l’autre. On peut reprocher à Woo son maniérisme (ralentis à outrance, musique lyrique…) qui laisse à penser qu’il ne cesse de se répéter. Pourtant l’action se passe à Los Angeles et non plus à Hong Kong. Par cette transposition d’éléments incongrus dans un nouveau décor, Volte/Face présente un visage radieux au cinéma d’action américain qui jusque là avait mauvaise mine.
Dans ses deux personnages principaux, on peut y voir le parcours de John Woo en personne. Aux Etats Unis, il est devenu un cinéaste exilé découvrant une nouvelle façon de concevoir des films. Volte/Face est la représentation d’un échec, celui d’une mauvaise adaptation à un milieu étranger. Avec ce film-synthèse, une page est tournée dans l’œuvre du cinéaste qui s’essayera à de nouveaux horizons avec plus ou moins de réussite.


