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Critique
Un homme Sans Nom se rend au palais de l'Empereur de Chine : il a tué les trois assassins qui menaçaient le souverain, pourtant de grands maîtres du maniement du sabre. Il lui raconte le stratagème dont il usa pour avoir le dessus
HERO est un chef d'uvre du cinéma chinois, remettant les films de sabre au goût du jour comme l'avait déjà fait quelques années plus tôt le génialissime Ang Lee qui, avec son film TIGRE ET DRAGON, avait révélé le wu xia pian au monde entier par le biais d'une production internationale. Si, en résumé, HERO apparaît finalement comme un film simple, il mérite plusieurs approfondissements à plusieurs niveaux.
An niveau de la structure narrative :
Sans Nom est accueilli par l'Empereur de Chine qui se hâte d'écouter ses exploits. Grâce à des flashbacks, nous découvrons la mort des trois assassins. Après avoir attentivement écouté le récit de Sans Nom, l'Empereur est admiratif mais sceptique : il a saisi que tout ceci n'était que mensonges. La force du film réside en partie dans la façon dont cette légende chinoise nous est contée (il s'agit de la même histoire que celle de L'EMPEREUR ET L'ASSASSIN de Chen Kaige) puisque les rebondissements seront aussi nombreux que surprenants. Le récit n'en devient que plus riche, plus captivant et plus complexe. Il laisse aussi entrevoir des enjeux notamment au niveau des relations amoureuses, de l'amitié entre les personnages principaux et des tensions dramatiques. Zhang Yimou se permet un discours politico historique risqué puisqu'il nous rappelle que nos sociétés démocratiques modernes n'auraient jamais existé si les dictatures, les guerres sanglantes, les massacres de toutes sortes n'avaient pas été et permis à l'être humain de s'élever et de construire ainsi les bases de notre monde d'aujourd'hui. HERO n'est donc pas uniquement un film d'aventure puisqu'il propose une réflexion intéressante au spectateur.
Au niveau artistique :
HERO bénéficie d'un casting titanesque. Jet Li, surprend par la justesse et la sobriété de son jeu, peut-être est-ce grâce à la noblesse et aux valeurs de ceux qu'il incarne ici et qui reflètent certainement mieux sa personnalité que les ternes productions américaines qui lui sont habituellement familières. La très belle Maggie Cheung et l'impeccable Tony Leung, couple fétiche de Wong Kar-Wai, demeurent parfaits de bout en bout et prouvent qu'ils peuvent véritablement jouer n'importe quel rôle au cinéma grâce à leur expérience professionnelle imposante. Finalement, Zhang Ziyi et Donnie Yen restent parfaits chacun dans leur registre malgré le fait que leurs personnages soient un peu plus en retrait mais excellent dans les scènes physiques.
Artistiquement, HERO constitue une claque monumentale. Le ton est volontairement contemplatif et laisse ainsi le spectateur admirer l'ultime travail effectué au niveau des décors. Chaque image semble avoir été peinte, les plans esthétiquement recherchés s'enchaînent, les couleurs dominantes prennent une place primordiale dans la narration, et l'immensité de certains plans donne un sacré vertige. La musique n'est pas en reste, composée par Tan Dun qui avait déjà uvré sur TIGRE ET DRAGON accompagne magnifiquement la beauté des images.
On retiendra particulièrement la scène du siège du temple par une armée d'archers, les flèches volant dans les airs par nuages entiers, leur imposante menace crevant l'écran comme on ne l'a jamais vu et ressenti au cinéma. Autre point fort du métrage, on ne pourar qu'être émerveillés par les combats virtuoses et dynamiques superbement chorégraphiés par Tony Ching Siu-Tung avec comme point culminant le duel magnifique entre Maggie Cheung et Zhang Ziyi.
Action spectaculaire, esthétisme fascinant de tous les instants, personnages attachants et travaillés, HERO est donc une réussite totale à tous les niveaux. HERO est un réel chef d'uvre.


