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Critique
A BOUT DE SOUFFLE, c’est l’histoire de Michel Poiccard, un vaurien à l’allure de gringalet mais qui a pour lui d’être beau gosse. Pas très malin le Michel, il a tué un flic, bêtement, parce qu’il allait se faire réprimander. Un homme est mort mais lui, il s’en balance. Son souci, c’est de ne pas se faire pincer. Il attend du flouze avant de mettre les voiles pour l’Italie. Et il racole carrément Patricia, une souris toute mimi, pour qu’elle vienne avec lui …
Filmant avec une désinvolture volontaire, Jean-Luc Gaudard imprègne son film d’une poésie certaine. Une poésie du verbe, une poésie des images. Caméra à l’épaule, montage faussement cavalier et bande son piano, tout est bidouillé avec une élégance folle. Cela donne une certaine légèreté à l’œuvre et à l’image de l’évolution des mœurs d’alors. On change de partenaire comme de chemise. Michel, lui, chipe à tout va. L’argent de poche d’une ex ou la voiture de monsieur tout le monde. Mais il est surtout bel orateur quand il a décidé qu’il voulait croquer sa belle.
C’est le reproche qu’on pourra faire à cet objet charmeur. Il ne mise que sur la forme. Et il y a peu ou pas d’histoire. Ce n’est qu’un exercice de style, à la fois insolent et raffiné. Il n’est que bavardage vain et beauté affichée. Celle de la mise en scène d’abord. Mais aussi celle d’un Bébel sacrément classe en dandy voyou et d’une Jean Seberg délicieuse et effrontément calme, deux silhouettes de revue de mode. Ils sont l’âme de cette œuvre expérimentale et improvisée. Une âme qui n’a pas pris une ride en 50 ans. Et qui à elle seule mérite qu’on s’attarde jusqu’à l’élan ultime, une dernière virée qui justifie le titre …
Filmant avec une désinvolture volontaire, Jean-Luc Gaudard imprègne son film d’une poésie certaine. Une poésie du verbe, une poésie des images. Caméra à l’épaule, montage faussement cavalier et bande son piano, tout est bidouillé avec une élégance folle. Cela donne une certaine légèreté à l’œuvre et à l’image de l’évolution des mœurs d’alors. On change de partenaire comme de chemise. Michel, lui, chipe à tout va. L’argent de poche d’une ex ou la voiture de monsieur tout le monde. Mais il est surtout bel orateur quand il a décidé qu’il voulait croquer sa belle.
C’est le reproche qu’on pourra faire à cet objet charmeur. Il ne mise que sur la forme. Et il y a peu ou pas d’histoire. Ce n’est qu’un exercice de style, à la fois insolent et raffiné. Il n’est que bavardage vain et beauté affichée. Celle de la mise en scène d’abord. Mais aussi celle d’un Bébel sacrément classe en dandy voyou et d’une Jean Seberg délicieuse et effrontément calme, deux silhouettes de revue de mode. Ils sont l’âme de cette œuvre expérimentale et improvisée. Une âme qui n’a pas pris une ride en 50 ans. Et qui à elle seule mérite qu’on s’attarde jusqu’à l’élan ultime, une dernière virée qui justifie le titre …


