Star Wars Épisode III : La Revanche des Sith

Star Wars Episode III : Revenge of the Sith

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14 mai. 2007 Par Didier Verdurand Star Rating 10

 

Une extraordinaire aventure de 28 années s'achève en haut des marches du Palais du festival de Cannes pour George Lucas, si on met de côté les futures et diverses exploitations commerciales directes ou dérivées. Star Wars laissant rarement indifférent, nombreux sont ceux qui regarderont La revanche des Sith avec de gros à priori. Pour bien situer cet avis, il faut savoir que si l'auteur de ces lignes est un fan de la première heure, il fut loin d'être totalement convaincu par les deux précédents chapitres.

 

 

George Lucas sait qu'il s'adresse à des centaines de millions de spectateurs qui connaissent les deux trilogies et leurs personnages, et ne perd pas de temps à nous plonger au coeur de l'action, dans une scène d'ouverture longue d'une vingtaine de minutes, montrant au passage les progrès incessants et spectaculaires d'ILM. Qui pourrait cette fois leur voler l'Oscar des meilleurs effets spéciaux, accordés en 2000 à Matrix et en 2003 au Seigneur des Anneaux : Les deux tours ? 2006 sera leur année !

 

 

Du côté des personnages, pas de mauvaise surprise, Jar-Jar Binks est bel et bien resté au placard. Chewbacca et ses cousins Wookies font une apparition un brin trop courte mais suffisante pour faire rugir de plaisir. Oubliant les scènes à la Muppet Show qu'il affectionnait un peu trop dans la nouvelle trilogie, Lucas dirige vers un chemin plus sombre ses comédiens. Naturellement plus à l'aise dans ce registre, ils en deviennent d'autant plus attachants. Plus question de faire des mimiques forcées devant des marionnettes en pleine rue Sésame, l'heure n'est pas à la rigolade. Rares sont les éclats de rire (surtout provoqués par nos droïdes préférés, C-3PO et R2-D2), qu'on peut compter sur les doigts d'une main. La tragédie bat son plein, d'une intensité égale à celle de L'Empire contre-attaque, tant les enjeux sont immenses. La prise de pouvoir des Sith, la désolante défaite des Jedi, la mort annoncée de Padmé lors de son accouchement, le passage d'Anakin dans le côté obscur de la Force, tous ces évènements sont développés minutieusement, sans longueur (les 2h20 passent même trop rapidement), avec un grand sens du crescendo dans le drame. L'histoire est simplement riche et ambitieuse.

 

 

Le génie de Lucas est de réussir à nous passionner pour un scénario dont on connait la fin depuis des années. L'homme sait ce que veut voir le public, lui offre et arrive même à surprendre grâce à de malignes idées de mise en scène et de montage. La naissance de Luc et Leïa en est le parfait exemple, devenant immédiatement une scène d'anthologie digne de ce nom.

 



Lucas possède aussi une faculté extraordinaire de se renouveler dans les scènes d'action, apportant toujours de nouveaux éléments pour les rendre uniques. Les combats de sabres lasers sont tous de très haut niveau, avec notamment le Général Grievous qui en manie quatre en même temps contre Obi-Wan, faisant oublier aussitôt les décevants duels de ce dernier contre Darth Maul et dans une moindre mesure, Dooku. Quant à son combat final au-dessus de la lave contre Anakin devenu Dark Vador (toujours sans son armure), il est inoubliable par son contexte et sa chorégraphie.

 

 

Contre-indiqué pour les plus jeunes spectateurs par Lucas himself en accord avec la MPAA (Motion Pictures Association of America), La revanche des Sith montre en effet quelques plans qui n'auraient pas figuré dans L'île aux enfants. Le coeur visible un instant de Grievous n'est pas sans rappeler celui arraché dans Indiana Jones et le temple maudit. Clin d'oeil rigolo à son ami Steven Spielberg et peut-être pour annoncer qu'il n'oublie pas son Indiana chéri (à l'origine, le nom de son chien). Le PG 13 américain - interdit aux moins de treize ans non accompagnés - semblait encore moins inévitable à la fin, lorsque Anakin, défiguré par la lave souffre au plus haut point. Évidemment, on ne plonge pas dans le gore salissant, mais ces images risquent de plus heurter la sensibilité des chérubins qu'elle ne l'avait été avec les Ewoks du Retour du Jedi... Le massacre des novices Jedi ne sera que suggéré mais trop tard, le malaise s'est installé. Dans le puritanisme de certaines critiques à venir, nous ne tomberons pas. Star Wars aura toujours ses irréductibles détracteurs, qui n'empêcheront pas La Revanche des Sith d'être un triomphe, sa carrière au box-office s'annonçant faramineuse.

 

 

Par ailleurs, la musique de John Williams est formidable, surpassant elle aussi les deux précédentes, n'ayant pas l'occasion de tomber cette fois dans une relative lourdeur voire niaiserie. Jamais elle ne pousse à l'émotion, elle refait partie intégrante de toutes les scènes, sans jamais en faire trop. (lisez l'article de Fabien Braule consacré à la bande-originale).

 

 

Que désirer de plus pour s'évader ? Le cocktail d'action, de romance, de tragédie, de suspense et d'imaginaire a rarement été aussi bien mixé, même dans la saga Star Wars, parvenant à se disputer avec les Épisodes IV & V le titre de meilleur opus de la série. S'il restera tout de même un cran derrière dans le coeur des fans, c'est juste parce qu'il manque un certain Han Solo, irremplaçable. Peu importe si cette seconde trilogie n'a pas été aussi fascinante que la première, les pièces du puzzle qu'elle a apporté la rend essentielle, et se moule dans l'incroyable édifice cinématographique qu'a bâti l'architecte George Lucas. Une oeuvre dont on parlera encore dans les siècles à venir, tant que le cinéma existera.

 



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Volti06/10/2011 09:46 par Volti

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