Avatar

Avatar

VOTRE NOTE: HateStar RatingLove



30 déc. 2009 Par La Rédaction Star Rating 10

Chaque nouveau film de James Cameron est un évènement. En effet, le réalisateur, au cours d'une filmographie courte mais étalée sur le temps et riche de plusieurs chefs d'œuvre, sera parvenu à redéfinir toujours un peu plus la manière de concevoir ou d'appréhender le cinéma. Aussi Avatar, attendu comme le saint Graal, semblait n'avoir pour unique ambition « que » de révolutionner le cinéma, comme art mais aussi comme technologie. Et il faut le dire tout de suite, oui, James Cameron fait entrer le cinéma dans une nouvelle ère, en ce sens qu'il pousse la 3D et la performance capture à son apogée. Mais il signe aussi une œuvre somme, unique, charnière, où le chant guerrier d'Aliens, le retour répond à la chavirante romance de Titanic et où, finalement, notre passion à tous trouve un nouveau sens, une nouvelle essence.

 



Quiconque avait encore des doutes sur les promesses et les possibilités de James Cameron, se devra, après avoir découvert Avatar, de faire son mea culpa. Bien plus qu'un Zack Snyder, il est ce cinéaste visionnaire, un prophète technologique, dont la nouvelle profession de foi est - comme Terminator 2, le jugement dernier l'avait été en son temps - la clé de voute d'un nouveau cinéma. Si les évidentes avancées technologiques permettaient d'enrichir considérablement les désirs des artistes, les utilisations mêlées des différentes techniques sont ici les passeports idéaux pour de nouveaux univers dont seule l'imagination en est la limite. Cameron a d'ailleurs une telle confiance et croyance dans son univers qu'il lui suffit de quelques minutes, une poignée de plans et une voix off pour que le spectateur s'y croit, s'y perde, s'y sente. Rarement une mise en place aura été aussi rapide, directe, mais à peine le héros a-t-il le temps de rappeler que tout ceci n'est qu'un rêve qu'il est devenu un avatar et que le spectateur aussi. Il est sur Pandora. Pour de vrai. Bien plus présente que tout ce qui a été donné d'apprécier jusqu'alors, Pandora, sa faune, sa flore, ses ethnies existent quasi physiquement. Bien plus encore que la construction quasi scientifique de tout ce microcosme (on n'avait pas vu de bestiaire et d'univers aussi riches, fouillés et puissants depuis Star Wars), c'est la manière d'amener le film au spectateur qui a changé. Grâce à une 3D stéréoscopique magistrale et à la performance capture dite « The Volume », il prend part au conflit, prend corps à la chose. Avatar ne peut être vu et vécu qu'en 3D, les lunettes 3D Dolby sur le nez. 2h40 plus tard, le film établit un record de temps et de santé. En effet, les yeux ne saignent pas et sont toujours émerveillés et le cerveau ne s'est pas fait un nœud tout seul, il gambade toujours dans le cosmos.




James Cameron est tout à fait conscient de la difficulté et de la complexité de ce nouveau rapport aux images et aux sens, l'entrée dans ce monde ludique pouvant se faire au détriment de l'histoire. C'est pourquoi il table sur une intrigue simple et classique, déjà racontée ailleurs (Pocahontas, Danse avec les loups, Call Me Joe, Les Schtroumpfs ?). Prétexte, cliché, naïve, pourront dire certains. Sauf que James le conteur ne fait que dégraisser, épurer tous les récits d'aventure et toutes les histoires de cinéma pour se retrouver avec l'essence, l'essentiel. C'est bête à dire, et écrire, mais la différence est tout à la mise en scène, à ce renversement rêve-réalité et à cette croyance qui s'insinue, grandit, se déploie. Avatar est le chaînon manquant entre le futur conjugué au passé (la SF des années 50) et le présent conjugué au futur (l'avenir du cinéma ?), où les Na'vi, ces personnages synthétiques, se révèlent plus séduisants et humains que les acteurs et humains eux-mêmes. Comme si Scrooge était plus réel et crédible que Jim Carrey.




Mais, et ô bonheur, James Cameron ne se refait pas, son amour pour les séries B d'antan et ses figures mythiques s'incarnant dans un seul et unique personnage, le colonel Quaritch. Habité avec folie et respect par Stephen Lang, il est un G.I. Joe à la grandiloquence martiale et au caractère détestable donc jouissif, une enflure finie qui intègre avec génie les rangs des brutes charmantes croisées au détour de Aliens, Terminator, Abyss... Un personnage qui rappelle à quel point on se sent bien chez Cameron. Car entre les deux grands axes de l'histoire (la sauvegarde de l'environnement et la relation entre le héros Jake Sully et la belle indigène Neytiri), Cameron ne sacrifie jamais à l'envie d'aller à l'essentiel et de se faire redoutable dans l'art de mettre en images. Magistral lorsqu'il souhaite nous émerveiller. Impitoyable quand il décrit des batailles titanesques. Inattendu lorsqu'il sublime certaines relations. James Cameron peut enfin, et pour la première fois, s'émanciper de son statut de « King of the world » pour incarner le dieu de sa propre création. Contrôlant la matière et la pensée, le concret et l'abstrait, le dit et le sous-entendu.




Alors que Sigourney Weaver s'impose à nouveau comme la seule vraie femme forte, que la belle Zoë Saldana est un cri sensuel, sensible et libertaire, le réalisateur trouve et touche du doigt une figure qui illustre à lui seul le style Cameron : Sam Worthington. Découvert dans Solitaire puis Terminator 4, l'acteur est intelligence, virilité et émotion, un héros parfait dans sa mélancolie à la Kyle Reese (Terminator), sa puissance messianique à la John Connor (Terminator 2), son innocence de Bud Brigman (Abyss), son humour à la Harry Tasker (True Lies) ou encore son espérance inconsciente de Jack dans Titanic. Il devient d'ailleurs autre dans le film, se révélant alors même qu'il abandonne ses attributs les plus humains. Une idée forte et folle.



Malgré quelques coupes flagrantes (on attend la version longue avec impatience) qui réduisent  l'intensité de certains personnages (dont ceux de Michelle Rodriguez et Giovanni Ribisi), Avatar est finalement plus que ce que l'on pouvait attendre de lui. Si c'est possible. Avatar est une expérience, un voyage sensoriel, un rite initiatique. Avatar va à l'essentiel et est l'essentiel.

Florent Kretz et Vincent Julé

 



LIENS SPONSORISES

PHOTOS DU FILM

  Voir le photo  

  Voir le photo  

  Voir le photo  

PLUS DE PHOTOS

PARTAGER

En parler sur Facebook Voter pour cet article sur Wikio



Stéphane Argentin :

Star Rating 10
Bien plus qu’une révolution technologique et un émerveillement sensoriel, Avatar est aussi et avant tout une prodigieuse allégorie sur la nature fondamentalement colonialiste et consumériste de l’Homme.

Flavien Bellevue :

Star Rating 9

Vincent Julé :

Star Rating 9
Convaincu ni par la bande-annonce, ni par la preview de 25 minutes, ni par les maximoys bleus schtroumpfs… l’expérience du film en 3D au second rang change tout. A commencer par une certaine idée du cinéma.

Laurent Pécha :

Star Rating 9
En Imax 3D, Avatar est une claque monumentale. Et dire que la director’s cut va sans aucun doute améliorer tout ça. C’est par où la direction de Pandora ?

Bruno Laurent :

Star Rating 9
Bien sûr qu’Avatar a des défauts mais ils ne sont rien en comparaison de l’incroyable générosité de la mise en scène. Vivez le en 3D de préférence.

Ilan Ferry :

Star Rating 8
Une expérience si visuellement saisissante et époustouflante qu’on en oublierait presque l’approche peu finaude de Cameron. En dépit de ses défauts, Avatar parvient sans mal à nous immerger au sein d’un univers éblouissant.

Didier Verdurand :

Star Rating 8
Une histoire aussi simplette et prévisible ne méritait pas de durer 2h40 donc il arrive de s’ennuyer, surtout à la fin. Je mets 4 étoiles parce que l’IMAX 3D est une sacrée gifle, mais j’éviterai de le revoir en 2D sinon ça va chuter !

Patrick Antona :

Star Rating 7
En premier lieu, une grosse claque visuelle et une générosité dans la mise en scène épique qui fait chaud au cÅ“ur. Mais une fois la distance prise avec l’écran (3D de préférence), on est face à un scénario dont les tenants et aboutissants sont vite révélés et où Cameron fait plus preuve de son érudition [...]

Nicolas Thys :

Star Rating 7
Voir ci-dessous. Rien à ajouter.

Sandy Gillet :

Star Rating 7
Une (r)évolution visuelle assurément. Pour le reste Cameron ne fait que revisiter ses thèmes de prédilections égrenés tout au long d’une histoire simpliste que d’aucuns qualifieront d’universel.

Julien Foussereau :

Star Rating 7
Il faut se fader des dialogues tartes, des métaphores foireuses post 9/11 et une musique consternante. Mais, à côté de cela, Cameron accouche d’un Nouveau Monde incroyable et inverse le rapport de réalité humains / CGI. Aussi bluffant qu’horripilant.


tenia06/09/2010 19:08 par tenia

J’enchaîne sur la poiscaille en relief ce soir. Ça risque d’être du genre “I see you… in pieces.” :D Pas trop le grand écart, ça va. :D LIRE LA SUITE
oxo06/09/2010 08:22 par oxo

Vu Avatar - Special Edition hier soir dans la grande salle de l’UGC, en version originale et en 3D. Je n’avais pas revu le film depuis sa sortie et restais donc sur une projection en VF. J’ai profité de cette “ressortie” et du presque mea culpa de l’UGC pour profiter du [...] LIRE LA SUITE
Chinaski14/04/2010 12:03 par Chinaski

Et le délire autour du bouzin continue… :lol: J’adore le diaporama de Cameron avec son maquillage et les accessoires de circonstances. :smoke: LIRE LA SUITE

À ne pas manquer

Top 2011 de la rédaction
Top 2011 DVD/Blu-ray

Newsletter