American bluff

American Hustle

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27 jan. 2014 Par Simon Riaux Star Rating 7

 

Dès son ouverture, American Bluff donne le ton. Christian Bale, bedaine et calvitie triomphantes, installe méticuleusement le postiche censé lui conférer un semblant d'allure. Entrent en scène Amy Adams et Bradley Cooper, également costumés et maquillés avec un sens de l'exagération qui confine au vertige, avant que le trio ne s'écharpe dans un numéro de cabotinage dantesque. Photographie soignée, plans qui durent, grain pelliculé, David O. Russell annonce la couleur : elle sera jaune étincelant, tendance Oscar.

C'est d'ailleurs là la principale faiblesse du film : s'échiner trop visiblement à cocher toutes les cases de la performance digne de l'attention des institutions, chercher non pas le classicisme, mais l'académisme. À ce titre, la première demie-heure fait craindre la catastrophe. Le réalisateur ne sait visiblement pas quoi faire de ses perruques fardées, de ses comédiens et de ses décors rococos tandis que cette histoire d'arnaque s'embourbe dans une reconstitution qui ne sert en rien le propos et se contente d'en souligner la sur-stylisation permanente.

L'ennui poli qui étreint le spectateur devant ce spectacle propret et sans âme vole soudain en éclat par la grâce de Jennifer Lawrence. Dès que son personnage apparaît, c'est sa subjectivité qui va pervertir les enjeux comme la mise en scène et provoquer un emballement de cette mécanique que l'on croyait trop bien huilée. Seule à ne pas tenter de tromper son monde, elle débarque au sein du récit telle une bombe à retardement, provoquant nombre de rebondissements jouissifs.

Dès lors, David O. Russell reprend le contrôle de son récit et parvient à construire un véritable discours sur le faux-semblant. Une bascule subtile mais déterminante s'opère alors que la caméra ne considère plus bêtement Bale, Cooper et Adams comme des personnages réels, mais bien comme des comédiens à côté de la plaque. Et American Bluff de se caricaturer lui-même, de se repaître de ces avatars incapables de dénouer le vrai du faux, les amenant jusque sur le terrain inattendu de la comédie absurde. Ainsi ce prétendant aux Oscars, s'il n'accède jamais à la grandeur qu'il appelle frénétiquement de ses vœux, nous offre-t-il un divertissement beaucoup plus malin que la moyenne, ce qui par les temps qui courent n'est déjà pas si mal.   



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PROF :

Star Rating 8

Simon Riaux :

Star Rating 7
Après un premier acte catastrophique, le film se raccroche aux branches grâce à une Jennifer Lawrence épatante, qui porte le film, en subvertit les défauts jusqu’à insuffler à l’ensemble une énergie folle.

Stéphane Argentin :

Star Rating 6
Une arnaque qui aurait pu être top moumoute si elle ne s’éternisait pas aussi longtemps.

Laurent Pécha :

Star Rating 6

Geoffrey Crété :

Star Rating 6
Cinéma cool, cinéma toc.

Sandy Gillet :

Star Rating 5
Avec un cast pareil, pondre un film aussi insignifiant, quel gâchis.


FinnegansWake02/03/2014 08:30 par FinnegansWake

C’est pas bon, ça. Vraiment pas. Que du style (emprunté chez Scorsese et régurgité sans génie) et rien dedans pour soutenir 2h15 (putain, 2h15…). Résultat, on reste bloqué sur les moumoutes et les costumes. Ainsi que sur les grosses performances des acteurs qui font comme si c’était les rôles les plus importants [...] LIRE LA SUITE
Tiamat16/02/2014 13:48 par Tiamat

Je suis d’accord avec tout ce qui a été dit. C’est le film d’un gars sûr de lui qui ne se rend pas compte du vide qu’il propose. Mon Dieu que c’est vain ! Cela en devient insupportable, on se sent presque mal physiquement tant tout est au point mort. A part Amy Adams, [...] LIRE LA SUITE
tenia16/02/2014 13:34 par tenia

En parlant du meilleur de 2013 en 2014, Drug War, c’est quand ils veulent, chez Metro. :x LIRE LA SUITE

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