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Critique
Le 49ème parallèle, fruit de la collaboration mythique entre Michael Powell et Emeric Pressburger (l'un à la réalisation, l'autre à l'écriture ici), a été fait pour soutenir l'effort de guerre. Bien que ce soit un film de propagande, il ne comporte aucun défaut de ce genre de film. Le récit se fait tout en nuance avec une intelligence bienvenue. Le point de vue adopté est audacieux, la narration suit des nazis prêts à conquérir l'Amérique et la course poursuite qui s'en suit.
Le récit, tel un road-movie (d'est en ouest en passant par les grands espaces), ne cesse de surprendre. Au début quelque peu amusant avec un Laurence Olivier jubilatoire en canadien français avec ses « nom de dieu ! », Powell prend la suite plus au sérieux, en dénonçant les dangers du nazisme et l'intolérance qui en découle. Mais le réalisateur sait aussi montrer un autre visage, moins manichéen, avec cet allemand, plus soldat que nazi, qui dans une longue et belle partie utopiste, se révèle être un humain touchant.
Le 49ème parallèle est vraiment étonnant, par sa maîtrise, son intelligence du récit et par la manière dont les auteurs arrivent à faire passer leur message. La conclusion marque la volonté de Powell à travers ce film : montrer aux Etats-Unis d'Amérique la nécessité de combattre l'Allemagne nazie, mais le film sortit outre-atlantique en temps de guerre.

