Taken 2

Taken 2




07 sep. 2012 Par Simon Riaux Star Rating 1

 

Taken premier du nom avait surpris les amateurs d'action burnée et rapporté un sacré paquet de brousoufs en appliquant une recette aussi simple que rigoureuse, soit le parachutage expéditif d'un individu taciturne, en quête de vengeance et porté sur l'ultra-violence dans un environnement hostile dont il ne possédait pas les codes. Cette figure classique de la série B qui dépote se voyait alors traitée avec un premier degré et un jusqu'au boutisme réjouissants, qui conféraient à ce jeu de massacre des airs de virée paranoïde et désamorçait partiellement ses relents xénophobes. On n'attendait certes pas d'Olivier Mégaton qu'il transcende son modèle, mais qu'il soit au moins capable de le reproduire. Peine perdue, l'homme coupable de l'indigent Transporteur 3 se livre ici à un jeu de massacre total, dans le mauvais sens du terme.

De toute évidence, le personnage de Liam Neeson a subit une cure d'œstrogène depuis sa précédente tuerie, adieu rage du paternel aux abois, hargne du guerrier solitaire, Bryan Mills passe désormais son temps à câliner bobonne et papouiller fifille, un non-sens révoltant au vu de la noirceur initiale de son caractère. La pauvre Maggie Grace en est réduite à couiner et demander pitié dès qu'elle croise un autochtone agressif (ce qui tient ici lieu de pléonasme), quand elle ne suit pas les conseils avisés de papounet pour le localiser... à coups de grenades. Vous avez bien lu, Taken 2 ferait passer McGiver pour un hippie neurasthénique. Si le premier épisode représentait toute une clique de vilains proto-musulmans ou simili-arabes, mais n'oubliait jamais de les traiter comme des antagonistes de série B, et restait toujours chevillé au point de vue paroxystique de son héros, le présent long-métrage souligne avec une insistance plus que douteuse les origines culturelles et spirituelles de ses bad guy, au point de créer un malaise certain même chez le plus inconséquent des spectateurs avide de violence pelliculée.

On pardonnerait presque les interprètes devant l'aberration filmique dont accouche Mégaton, qui se moque éperdument de ce qui se passe à l'écran, à moins que comme le spectateur, il n'y comprenne goutte. Accélérés, multiplication stérile de plans (faut bien se couvrir hein...) et sound design artificiellement tonitruant sont les mamelles cinématographiques du réalisateur, et les ingrédients d'un kaléidoscope d'une laideur sans pareil. Le montage n'est là que pour hystériser un script avare en action (un comble) ou en séquences spectaculaires. En effet, les éclats meurtriers de Mills étant interrompus au bout d'une poignée d'images, quand ils ne sont pas purement relégués hors-champ, voire annihilés par la multiplication des plans, perdent tout impact. Ajoutez à cela des affrontements au corps à corps qui rappellent tristement les productions actuelles d'un Steven Seagal, et vous comprendrez l'étendue du désastre. À moins que voir Neeson échanger avec un cascadeur teigneux un enchaînement absurde de petites tapettes sur le menton (néanmoins susceptibles de briser un coup de taureau, on déconne pas avec Liam) ne vous fasse un effet bœuf, l'expérience risque fort d'être déceptive.

Au final, ce qui sidère le plus dans cette pathétique entreprise, ce n'est pas tant son endémique nullité, que la profonde incompréhension que manifestent ses propres créatures. Car c'est un subtil mélange de maîtrise technique, de montage virtuose ainsi que de violence primaire qui permit à Taken de rafler le pactole à l'international, et de broyer bruyamment le plexus de ses concurrents trop propres sur eux. Avec cette suite destinée à cartonner tout autant, l'écurie Europa a hélas choisi de diluer tous les ingrédients qui firent la réussite du premier carnage de Liam Neeson, dans le but d'élargir le public potentiel. Pas sûr que les spectateurs en quête de viande rouge se satisfassent de cette salade rance au goût prononcé de vinaigre.



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Stéphane Argentin :

Star Rating 6
Ni meilleur ni pire que le premier. Toujours aussi bourrin, crétin et divertissant. Du Besson quoi !

Laurent Pécha :

Star Rating 4
La comparaison avec Taken fait mal, très mal. Mais cet opus peut se vanter d’avoir une scène déjà culte : le GPS à la grenade. On en rit encore et sûrement pour de longues années.

Patrick Antona :

Star Rating 3

Didier Verdurand :

Star Rating 3
C’est un spoof movie ou quoi ? Dans ce cas, j’aurais préféré Woody Allen, Mia Farrow et Soon-Yi dans les rôles principaux.

Simon Riaux :

Star Rating 1
Le plaisir éprouvé devant Taken 2 est comparable à celui procurée par une vasectomie dispensée par un vétérinaire.

Sandy Gillet :

Star Rating 1
Mais butez-moi cette famille qu’on n’en parle plus bordel !


conn222/12/2012 09:23 par conn2

Un genre de série B hyper prévisible qui se regarde sans grand enthousiasme et même avec un peu d’ennui… Depuis Jeanne d’Arc, Léon, et surtout Nikita, Besson (qui a produit Taken 2 et en a écrit le scénario) est passé du mode “créateur” à “industriel de films prêt à consommer”. Pour cela, [...] LIRE LA SUITE
Commissaire Juve31/10/2012 12:11 par Commissaire Juve

… Mais que ça se fasse avec une telle insistance sur des bad guys albano-turcs à un point où je ne serais pas étonné que les 2 pays n’aient pas été très contents, ça en devient à la limite de l’écoeurement… En même temps, les turcs ont lancé une marque de [...] LIRE LA SUITE
Julien Foussereau31/10/2012 11:00 par Julien Foussereau

:eheh: Bien bel avis que celui du tenia. Cela résume bien la souffrance que j’ai vécu un samedi après-midi après un pari perdu avec Mme Shaun. :D LIRE LA SUITE

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