Ghost in the shell 2 : Innocence
Ghost in the shell 2 : Innocence- PAYS :Japon
- ANNÉE DE PRODUCTION :2004
- DATE DE SORTIE :01 décembre 2004
- GENRE :Animation
- DURÉE :99 MIN
- REALISATEUR : Mamoru Oshii
- ACTEURS :
- Format de tournage : 35 mm
- Ratio d'image : 1.85
- Couleur
- Site officiel DVD US
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Comment aborder ce monument...? Quel angle choisir ? Comment retranscrir le choc visuel, l'émotion que les images procurent sans passer obligatoirement par les superlatifs habituels ???
Ce qui frappe en premier lieu, et ce qui l'emporte bien sûr à la première vision d'Innocence c'est l'incroyable esthétique des images... Vous l'avez constaté avec les nombreux trailers, ce film c'est du jamais vu en animation, un choc auquel on ne peut se préparer. Autant dire que tous les amateurs d'animes seront conquis sur ce point précis. Et celui-ci pourrait presque suffire tellement la fascination est grande !!!
Pour l'incrustation 2D/3D, l'appréciation est au goût de chacun car il y a clairement un parti-pris de faire ressortir les personnages en 2D et ça pourra en choquer certains. Cela reste cependant tout à fait dans l'esprit et la réflexion du film.
L'esthétique est donc assez différente du premier film qui passe aujourd'hui pour un monument de sobriété. Cependant les designs des personnages restent les mêmes, et les jeux de lumières et de reflets sont un prolongement de ce que nous avions déjà vu. Ce qui est troublant, à la fois dans la forme et le fond, c'est l'influence d'Avalon.
Mais ce qui est rassurant, c'est qu'Oshii n'a pas poussé le maniérisme jusqu'à saturer chaque plan de couleurs, de détails et de profondeurs de champs, ce qui aurait provoqué un certain étouffement pour le spectateur à la vue des plans les plus travaillés. Il y a au contraire certaines images volontairement abstraites, floues, vides, indéfinissables, alternés avec d'autres où on ne parle plus de dessin mais de travail d'orfèvre (la visite de la Doll House, avec ses mosaïques, ses couloirs, ses cours, est un sommet; ou encore la procession funéraire qui met en avant une 3D absolument sublime et incroyablement détaillée).
Les plages contemplatives typiques d'Oshii sont moins nombreuses mais plus longues.
En tous cas, elles sont une fois de plus à la pointe d'une esthétique typiquement japonaise (même si le film a des inspirations chinoise et occidentales, il s'agit ici du cadre, du temps des plans, de leur composition, etc...), une sorte de pur cinéma qui n'a plus besoin d'acteurs, de dialogues, ni même de narration élaborée pour créer du sens et de l'émotion.
C'est souvent la marque des grands films formalistes : on ne peut pas parler des images sans évoquer la musique. Et ici Kenji Kawai fait encore des merveilles. Un petit bémol toutefois, elle est ici moins variée et moins mélancolique que dans le premier GITS. Cependant Kawai reprend ces anciens chants religieux qui avaient tant impressionnés, encore pour le thème principal, et cela dès le générique et pendant les scènes contemplatives. On croit au début entendre les mêmes voix, la même mélodie, puis soudain des percussions s'ajoutent, le rythme cardiaque s'accélère, le morceau part dans des envolées d'une puissance incroyable pour un véritable hymne à la beauté de ce que l'on voit sur l'écran. Images et sons sont en parfaite symbiose. Et on ne peut que pleurer de joie...
L'histoire qui apparaît en premier plan est assez simple à comprendre. Des cyborgs - robotsgeishas super-élaborés - se mettent à tuer leur propriétaires. L'enquête qui suit est assez claire et facile à suivre pour celui qui a vu le premier film. Etonnant pour du Oshii ? Oui et non.
Autant le premier pouvait laisser pas mal de spectateurs sur la touche pour l'histoire principale, autant celui-ci est plus simple à comprendre mais plus difficile à aborder sur les parti-pris esthétiques et narratifs. Le fait par exemple d'employer des citations pour un dialogue sur deux (voir plus) peut être assez énervant pour le spectateur qui n'en comprendrait pas l'utilité et pourrai transformer le film en dissert de philo assez rébarbative. Ces citations sont comme l'expression d'une perte totale de repères, et l'expression du raisonnement "base de données" des cyborgs. De plus, et c'est là un élément très important d'Innocence, ce sont ces citations (de Milton à Descartes, et tant d'autres) qui posent les véritables questions sur l'intrigue de fond, celles qui ne peuvent trouver de réponses, ni être toutes cernées à la première vision.
L'histoire est concentrée sur le personnage de Batou, cyborg mélancolique en constant espoir de retrouver un jour le Major...
Le chien (qui s'appelle ici Gabriel, comme celui d'Oshii), a pratiquement le même rôle que celui d'Avalon, et on a droit à une scène d'appartement où Batou a le même rapport que Ash avec son chien (et la nourriture du chien a encore une fois son importance !).
La grande scène du piège de Kim, où l'on voit 3 fois la même séquence lors de la visite de la Doll House, est une sorte de reprise des différentes classes d'Avalon.
Oshii se permet de s'autociter (!) par deux fois dans ces séquences très importantes; mais avec beaucoup d'intelligence et c'est vraiment très appréciable...
La marque d'un génie qui recycle ses thématiques préférées tout en avançant et innovant.
Surprenant de la part d'Oshii, mais il n'y a pour une fois pas d'intrigue politique. Et c'est pas plus mal parce que les pistes de réflexion qu'il nous lance sont assez nombreuses !
Toute la thématique de la poupée est aussi très intéressante, mais il est important de garder le plaisir de la découverte...
Les fans d'Oshii ne pourront pas être déçus, les autres n'auront qu'à se préparer en matant GITS en boucle ou il peuvent toujours se passer d'Innocence... tout en sachant qu'il vont rater quelque chose comme le film de l'année, voire le film de SF de la décennie 2000.
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LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!13/10/2004 01:00 par La RédactionGhost in the shell 2 : InnocenceVous pouvez discuter ici du film Ghost in the shell 2 : Innocence.
Cliquez ici pour voir la page complète : http://www.ecranlarge.com/movies-details-307.php
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