No country for old men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme

No country for old men




20 jan. 2008 Par La Rédaction Star Rating 9

 

Un homme (Josh Brolin) erre dans la nature. Il croit y trouver un nouvel espoir (un sac plein de dollars). Mais l'avenir humain ne connaît qu'une seule fin. La Mort (Javier Bardem) rôde et colporte son aura d'injustice et de chaos. Un chœur antique (Tommy Lee Jones) scande la tragédie avec ironie.  Chez Cormack McCarthy, l'un des plus grands écrivains américains, il n'y a pas de fuite possible. Il n'y a que le cheminement précis et barbare du Destin. Un canevas idéal pour les frères Coen, qui trouvent ici le plein accomplissement de leur art.

Sans rien édulcorer de la violence et de l'étrangeté du roman, les réalisateurs cisaillent leur suspens avec un sens du cadre qui touche en permanence au sublime. No country for old men n'est pas composé de scènes mémorables, c'est autour de plans inoubliables qu'il se joue. Métaphore biblique ? Non, l'histoire se révèle encore plus séminale, écrasée par la silhouette grotesque et terrifiante du tueur Chigurh. Dans le rôle, Javier Bardem réinvente le concept de « Terminator », avec d'improbables armes qui renouvellent la configuration des gunfights.

No country for old men n'est pas seulement un dispositif théorique, c'est avant tout le plus original des survivals de baroudeurs. Brolin et Bardem sont prêts à tout pour parvenir à leur fin (vivre pour l'un, tuer pour l'autre). Et leur inventivité contribue à l'aspect passionnant de l'œuvre.

Film d'ambiance au sein duquel chaque geste et chaque parole comptent comme s'ils étaient les derniers (ce qui est souvent le cas), No country for old men décuple sa force dans sa dernière partie. Se riant des conventions dramatiques, les Coen prennent à contre-pied les attentes du spectateur. Ils se révèlent plus intéressés par la portée symbolique des événements que par leur simple expression cinématographique.

Les deux frères proposent de la temporalité, du hors-champ et de l'abstraction en opposition au démonstratif et à l'explicatif. Jusqu'à une conclusion bouleversante où le désarroi humain résonne dans les mots de Tommy Lee Jones. Le sens du conte, et de l'existence en général, est voué à nous échapper ; tel un rêve confondant passé, présent et avenir. A peine le temps de l'effleurer, à peine une chance de le saisir, qu'il est déjà trop tard. (5/5)

Jean-Noël Nicolau

 

 

Comment dire... Ceux qui pensent aujourd'hui que les frères Coen ne sont jamais aussi bons que quand ils se décident à retourner à leurs premiers amours n'auront jamais autant raison qu'avec ce No Country for old men, vaste entreprise de reconquête subliminale à l'attention d'un public qui n'en demandait finalement pas tant.

Tout y est : les vastes étendues désertiques filmées naturellement en scope, les intérieurs / nuits des chambres de motels rappelant étrangement quelques plans de Blood Simple, des dialogues au cordeau où la touche Big Lebowski n'est jamais bien loin, une histoire que l'on croirait tirée d'un fait divers tellement elle parait incroyable (qui a dit Fargo ?) et enfin une brochette d'acteurs avec en tête un Javier Bardem tout simplement énorme en tueur à gage psychopathe et un Tommy Lee Jones égal à lui-même en shérif philosophe semblant débarquer directement de son Trois enterrements (la moustache en moins et une certaine gouaille en plus). C'est évidemment à lui que le film est dédié... Ou plutôt à son personnage et à son ascendance tous shérif de père en fils d'aussi loin que remonte les souvenirs familiaux. Tous ces « old men » qui ont à la fin de leur vie regardés dans le rétro pour faire une sorte de bilan et de se dire que décidément ce pays (le Texas) n'est pas un endroit pour eux.

C'est d'ailleurs à cette conclusion qu'arrive le film lors de deux longues scènes finales en trop comme si les Coen avaient voulu justifier à tout prix les 110 précédentes minutes d'excès et de débauche de violence amorale et jouissive. Comme si au final, ils n'assumaient pas leur récit aussi linéaire que brillamment complexe qui défie tous les codes du genre et de l'attendu. Comme si à la dernière minute, en guise d'acte de contrition forcément dommageable pour le public que nous sommes, Nicolas Cage ne volait plus Nathan Arizona Junior...(3,5/5)

Sandy Gillet

 



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Bancal à cause d’un problème de taille : le personnage qu’interprète Javier Bardem est nettement plus intéressant que celui joué par Tommy Lee Jones.


dodeskaden29/07/2008 16:14 par dodeskaden

… :love: tiens j’attend de revoir Ponyo de Myazaki une troisième fois pour vous faire le coup de la femme du shériff rédemptrice (bon certes il n’y a pas de femme de sheriff, mais vous verrez de la rédemption…) :D LIRE LA SUITE
Hate-craft29/07/2008 12:03 par Hate-craft

Après révision, je dois revoir ma note en légère hausse, c’est vachement bien. Pour le débat sur cette dernière 1/2 heure, je pense qu’il s’agit d’une parfaite conclusion pour mettre en évidence le fait qu’il y a un peu de Llewelyn dans Anton: la réflexion de chdx sur son comportement avec [...] LIRE LA SUITE
Matthieu19/04/2008 00:47 par Matthieu

Ok oui ben c’est c’que j’avais cru comprendre. Etonnant que les latinos aient pas pensé à regarder la-haut. Racistes les Coen ?:quoi: Non mais il est vachement prévoyant et serein le gars. Dois pas avoir un passé d’enfant de cÅ“ur non plus lui. Merci. Moss a fait le Vietnam. Il a donc une [...] LIRE LA SUITE

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