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No country for old men - Non, ce pays n'est pas pour le vieil homme
No country for old men, États-Unis, 2007
Critique
No country for old men...ce titre à rallonge, imprononçable dans une file d'attente et véritable pied de nez aux normes marketing instituées par l'industrie cinématographique, annonce déjà l'OVNI.
Il y a en fait deux films dans le dernier Coen.
La première heure est un pur produit de genre. Sur un pitch minimaliste et permissif (une mallette, des cadavres et un (mal)chanceux) les 2 frères déroulent un récit linéaire et tendu ou prime l'action.
Et c'est fabuleux ! Tout en enquillant les codes familiers à tout cinéphage le film enchaîne les morceaux de bravoure et autres scènes jubilatoires. On a du mal à croire que cette mécanique parfaitement huilée est l'œuvre du duo de créateurs le plus barje du cinéma. Le début de No Country... ressemble à du travail de vieux briscard, racé et efficace à la seule (mais considérable) différence que tout y est clairement un cran au-dessus de ce qui a déjà été fait dans le genre.
Au passage, on a la confirmation que Josh Brolin est taillé pour supporter un niveau de responsabilité supérieur à ce qu'on lui connaît. Son charisme brut pourrait bien le rendre rapidemment incontournable.
Vers la moitié du long-métrage, les yeux humides et rivés à l'écran, on constate un changement diffus. L'univers marginal des réalisateurs s'invite dans cette danse un peu trop chorégraphiée et un second film commence.
Le scénario s'ouvre, les personnages secondaires s'épaississent et un faux rythme s'installe, propice aux digressions burlesques et existentialistes qui caractérisent l'œuvre du duo. Sauf que cette fois, on a du mal à accepter ces changements d'itinéraires tardifs. On a tellement accroché à cette haletante chasse à l'homme qu'on voudrait la voir continuer comme telle, pour ne jamais finir...
Ce serait oublier que nous ne sommes pas au supermarché hollywoodien du coin mais chez deux véritables auteurs, dont l'indépendance n'a d'égale que la marginalité. Reste que sur le coup, on en vient a regretter qu'ils ne se soient pas entièrement comportés en simples artisans tant ils font ça bien.
Ne nous méprenons pas, No country for old men conserve captive jusqu'au bout mais souffre du syndrome Lynch: trop d'écarts tue l'écart. Il faut ainsi avaler quelques ellipses et autre soubresauts dramatiques improbables.
Fort heureusement, on pourra toujours se raccrocher à un aspect commun aux 2 heures constituant la dernière œuvre des frères Coen: l'excellence perpétuelle de leur mise en scène.
Il y a en fait deux films dans le dernier Coen.
La première heure est un pur produit de genre. Sur un pitch minimaliste et permissif (une mallette, des cadavres et un (mal)chanceux) les 2 frères déroulent un récit linéaire et tendu ou prime l'action.
Et c'est fabuleux ! Tout en enquillant les codes familiers à tout cinéphage le film enchaîne les morceaux de bravoure et autres scènes jubilatoires. On a du mal à croire que cette mécanique parfaitement huilée est l'œuvre du duo de créateurs le plus barje du cinéma. Le début de No Country... ressemble à du travail de vieux briscard, racé et efficace à la seule (mais considérable) différence que tout y est clairement un cran au-dessus de ce qui a déjà été fait dans le genre.
Au passage, on a la confirmation que Josh Brolin est taillé pour supporter un niveau de responsabilité supérieur à ce qu'on lui connaît. Son charisme brut pourrait bien le rendre rapidemment incontournable.
Vers la moitié du long-métrage, les yeux humides et rivés à l'écran, on constate un changement diffus. L'univers marginal des réalisateurs s'invite dans cette danse un peu trop chorégraphiée et un second film commence.
Le scénario s'ouvre, les personnages secondaires s'épaississent et un faux rythme s'installe, propice aux digressions burlesques et existentialistes qui caractérisent l'œuvre du duo. Sauf que cette fois, on a du mal à accepter ces changements d'itinéraires tardifs. On a tellement accroché à cette haletante chasse à l'homme qu'on voudrait la voir continuer comme telle, pour ne jamais finir...
Ce serait oublier que nous ne sommes pas au supermarché hollywoodien du coin mais chez deux véritables auteurs, dont l'indépendance n'a d'égale que la marginalité. Reste que sur le coup, on en vient a regretter qu'ils ne se soient pas entièrement comportés en simples artisans tant ils font ça bien.
Ne nous méprenons pas, No country for old men conserve captive jusqu'au bout mais souffre du syndrome Lynch: trop d'écarts tue l'écart. Il faut ainsi avaler quelques ellipses et autre soubresauts dramatiques improbables.
Fort heureusement, on pourra toujours se raccrocher à un aspect commun aux 2 heures constituant la dernière œuvre des frères Coen: l'excellence perpétuelle de leur mise en scène.


