Laurence anyways

Laurence anyways

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17 juil. 2012 Par Simon Riaux Star Rating 4

 

Estampillé prodige élevé au grain cannois, Xavier Dolan présentait en cette 65ème édition son troisième long-métrage, un effort attendu au tournant en cela qu'il devait pour convaincre impérativement se délester de l'ivraie omniprésente dans ses deux précédents travaux. Une position d'autant plus délicate que l'argument de la jeunesse, un temps avancé comme preuve de sa virtuosité et excuse de ses maladresses, a été passé à la moulinette de JC comme Jésus Christ, pastiche à peine voilé de l'œuvre et de l'image du jeune auteur. C'est donc avec un mélange d'exigence, d'impatience et de prudence que l'on découvre ce Laurence Anyways, fresque de 161 minutes consacrée aux amours tumultueuses d'un jeune couple, confronté au parcours du combattant qu'est le changement de sexe.

Nanti d'un sujet passionnant et d'un budget conséquent, lui permettant de donner véritablement corps à ses thématiques complexes et à la décennie (1989-1999) sur laquelle elles s'étale, Dolan avait en main toutes les clefs pour s'extraire de ses systématismes et tics maniéristes, bref, murir un peu. Une occasion manquée dans les grandes largeurs, puisque dès son introduction le film bascule dans une esthétique digne d'un Jean-Paul Goude sous acide, soit une déferlante criarde, à la symbolique inexistante puisque uniquement illustrative. L'esthétique du réalisateur s'est mué en une cosméthique hystérique, qui relève bien plus de la mécanique publicitaire et de sa recherche de l'impact émotionnel immédiat que d'un processus de mise en scène.

Une hémorragie visuelle qui se double d'une logorrhée continue, telle qu'elle parvient à étouffer la performance du pourtant excellent Melvil Poupaud. Les dialogues se perdent en redite et répétition après environ une heure et demie de métrage. Alors que s'échappe de la bouche de Laurence un papillon, comme pour nous signifier la complétion de sa métamorphose, le très long-métrage s'arrête. Plus rien ne viendra s'ajouter, aucune problématique, pas le début d'une once de résolution, le film va alors rejouer systématiquement les enjeux élagués plus tôt, en accélérant son rythme de manière exponentielle.

On est enfin interloqué par le traitement de la transexualité selon Dolan, quasiment absent du film. Que le metteur en scène choisisse de refuser toute forme de trivialité est une chose, qu'il passe à la trappe à ellipse toutes les implications physiques de la transformation de son héros laisse pantois. Quid de la sexualité du couple, et de ses changements ? De son rapport aux hommes aux femmes ? Des changements induits par la prise d'hormones ? De cette opération sans cesse repoussée ? Autant d'interrogations qui se verront expédiées en une poignée de répliques, confirmant que le scénario n'existe que pour supporter une avalanche de coquetteries et expérimentations visuelles.

De cet indigeste magma s'échappent ici ou là de superbes images, quelques séquences poignantes ou répliques hilarantes (ah le coup des avants-bras...), et un épilogue véritablement réussi. On pourra voir dans Laurence Anyways la preuve que Dolan a bel et bien des choses à nous dire, ou la marque de limites très vites atteintes.



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Melissa Blanco :

Star Rating 8
Il faut au moins 2h40 pour raconter une histoire d’amour aussi intense que celle de Laurence Anyways.

Nicolas Thys :

Star Rating 8
Le nouveau Xavier Dolan réussit une fois encore à imposer un style qui oscille entre un réalisme étrange et un maniérisme assumé. Il s’amuse des codes et conventions cinématographiques tout en éreintant les codes et conventions sociales. Une réussite.

Laure Beaudonnet :

Star Rating 8
Xavier Dolan fera certainement partie des cinéastes majeurs des prochaines décennies. Malgré une petite faiblesse de rythme, Laurence Anyways est aussi puissant esthétiquement que du point de vue de son histoire.

Simon Riaux :

Star Rating 4
Quelques beaux moments, une poignée de jolies répliques, noyés dans un amoncellement répétitif, qui rendrait presque Jean-Paul Goude supportable.

Laurent Pécha :

Star Rating 3
2h40 !!!! Malgré quelques moments forts, on s’ennuie terriblement au point que le récit devient vite insupportable à suivre.


La Rédaction27/06/2011 23:05 par La Rédaction

Laurence Anyways

Vous pouvez discuter ici du film Laurence Anyways. Cliquez ici pour voir la page complète : http://www.ecranlarge.com/movies-details-29748.php LIRE LA SUITE

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