The Great ecstasy of Robert Carmichael

Great ecstasy of Robert Carmichael (The)

VOTRE NOTE: HateStar RatingLove



30 avr. 2006 Par srozen Star Rating 5

Et au petit matin les trois jeunes gens repartent sur la lande comme si de rien était… L'ultime plan de The Great ecstasy of Robert Carmichael est aussi anodin et minimal que possible. Il en devient littéralement effarant au regard de la scène qui le précède. Toute la force du film réside dans ce mouvement pendulaire du pas grand chose et de l'horreur latente. Et tout le savoir faire du jeune réalisateur semble justement contenir dans cette juxtaposition (juste apposition ?) qui dresserait une ligne de partage (border line) entre les êtres.

Ceux-ci sont les habitants de Newhaven : des ados, des pêcheurs, des profs, des mères, une star de la télé en voie de ringardisation, autant de vies aux horizons bouchés par le gris ambiant, embarqués dans l'implacable mécanique d'un pays en guerre préventive où l'anodin se décline en interventions de Tonny Blair à propos de l'Irak (on a les Churchill que l'on mérite ?) et où le seul écueil semble être, pour le jeune Robert Carmichael, d'arriver à jouer une sonate au violoncelle.

C'est dans cet univers là, comme suspendu, en attente d'un improbable événement que l'enfer va prendre place.

D'un côté la chronique, ordinaire, sociale, d'un autre le Mal dans ce qu'il a de plus obscène. On connaît de longue date la manière tangible de raccorder les deux dans un cinéma de matière humaine (Funny Game de Haneke, Orange Mécanique de Kubrick ou Elephant de Gus Van Sant) mais ce qui rend le film de Clay encore plus inconfortable c'est qu'il met en pratique un cinéma invariable, dans sa mise en scène, dans ses partis pris quant à la durée des plans ou le positionnement de sa caméra.

Sauf justement lorsqu'il filme l'effroyable où d'un seul coup la complaisance déboule sans que l'on sache vraiment pourquoi. Toute l'ambiguïté de The Great extasy of Robert Carmichael vient de là, en fait. De cette sorte de laisser-aller jusqu'au boutiste gratuit qui altère l'édifice mené jusque là avec une totale rigueur.

Car le film dans son ensemble reste d'une impressionnante pertinence même et y compris dans sa manière contemplative de laisser en suspension la vacuité des existences. Ce n'est pas un hasard si Thomas Clay a confié l'image à Yorgos Arvanitis, le directeur de la photo de Théo Angelopoulos : tout son art réside dans la manière d'inscrire ses personnages dans un rectiligne vide de perspective, d'installer la chronique sans jamais surenchérir les composantes du cadre (Gus Van Sant là encore à la rescousse). L'inconvenant mariage du réalisme « sauvage » et de la forme rigoureuse amène le spectateur devant la redoutable notion morale.

C'est elle qui est alors, insensiblement, cruellement, évacuée au fur et à mesure que les choses se passent (toujours alors dans le hors champ). En devenant trop explicite (racoleur ?) en sa partie finale The Great Ecstasy of Robert Carmichael se met au diapason de ses protagonistes : il dérape de manière hallucinante sans trop savoir pourquoi.



LIENS SPONSORISES

PHOTOS DU FILM

  Voir le photo  

  Voir le photo  

  Voir le photo  

PLUS DE PHOTOS

PARTAGER

En parler sur Facebook Voter pour cet article sur Wikio



Tonton BDM :

Star Rating 6
Très Brechtien dans son approche des drames humains les plus innommables, donc rappelant forcément Kubrick, Tarkovski, Ozu ou encore Haneke, “The Great Ecstasy of Robert Carmichael” surprend, surtout venant de la part d’un réalisateur seulement âgé de 24 ans. Etrangement conçu autour de deux scènes de viol filmées de façon radicalement différente, le film de [...]

Vincent Julé :

Star Rating 5


La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

Great ecstasy of Robert Carmichael (The)

Vous pouvez discuter ici du film Great ecstasy of Robert Carmichael (The). Cliquez ici pour voir la page complète : http://www.ecranlarge.com/movies-details-2959.php LIRE LA SUITE

À ne pas manquer

Newsletter