Jason Bourne : l'héritage

Bourne Legacy (The)




31 aoû. 2012 Par Simon Riaux Star Rating 7

 

On se souviendra sans doute plus de la trilogie Bourne (du moins ses deux premiers épisodes) comme la consécration d'un dispositif de mise en scène emprunté par Greengrass au McTiernan d'Une Journée en Enfer, que pour ses accomplissements scénaristiques. Soit l'interaction virtuose entre montage, mixage et découpage, qui rendent l'action lisible de concert, grâce à une précision chirurgicale, qui ne souffre aucune approximation, au risque de perdre tout à fait le spectateur. La Vengeance dans la peau s'était aventuré à singer la maîtrise des deux premiers volets, au risque d'aboutir à une gestion de l'espace approximative, et d'emballer des combats en forme de grabouillis épileptiques. La tâche était donc ardue, pour ne pas dire impossible, de donner à cette trilogie une continuation en forme de spin off, mais contre toute attente, Tony Gilroy s'en sort très bien, ou le moins mal possible.

Alors que les spectateurs doivent faire avec l'avalanche continue de séquelles ou préquelles, Jason Bourne : L'héritage a l'intelligence d'éviter ces deux écueils en choisissant de narrer un récit parallèle, qui se fait aux échos aux soubresauts du film précédent. L'entreprise ne gagne pas miraculeusement en légitimité, mais préserve sa crédibilité générale. Le métrage est en cela grandement aidé par deux acteurs totalement investis, qu'il s'agisse de Rachel Weisz, qu'un récit haletant n'empêche jamais de déployer des trésors de grâce, ou de Jeremy Renner. Ce dernier est nettement plus convaincant que Matt Damon, grâce à une présence physique qui n'a nullement besoin d'un montage au cordeau pour faire de lui une menace tangible.

On sera infiniment reconnaissant à Tony Gilroy de n'avoir pas joué la carte du copier-coller stérile, qui avait pénalisé le précédent volet, mais de s'efforcer de respecter la charte Bourne plus à l'esprit qu'à la lettre. Ainsi, on se régalera des séquences dites du chalet, on souffrira pendant les corps à corps brutaux et s'extasiera de cascades à l'impact parfois foudroyant, tant il ne fait pas bon de prendre un Renner sur le coin de la tronche. Le plaisir ressenti durant le visionnage de cette nouvelle mouture est donc bien réel, et d'un point de vue de spectateur/consommateur, éminemment justifié par la qualité du spectacle fourni.

Reste que tout cela tient finalement plus de la série télé que du cinéma à proprement parler, et que suivre les déambulations létales de Jeremy pendant plus de deux heures, pour finalement assister à un final en forme de grossier appel du pied à l'attention de Matt Damon, frustre et agace. Était-il bien nécessaire de nous narrer par le menu le parcours et la situation d'un héros inédit, alors que l'avenir de ce dernier semble clairement suspendu au bon vouloir de l'interprète original ? On s'ennuiera ferme, une fois de plus, devant les atermoiements hystériques des pontes du renseignement, tout justes bons à se houspiller à coups d'écrans interposés, et ce, pour la quatrième fois. Les emblèmes de ce type ici recyclés sont légions, et s'ils n'entament pas la qualité du divertissement, ils lui interdisent de se hisser au-delà de cet initial statut d'entertainer.

Amusés, mais pas transcendés, on remarquera toutefois combien le titre de cet épisode semble approprié, tant il synthétise effectivement la trace qu'aura laissée Jason Bourne dans le cinéma d'action. Celle d'un corps machine que rien n'arrête, et unique moteur du récit, dernière trace de vie dans un univers de faux semblants et de colifichets désincarnés, connus et pré-digérés par tous.



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Stéphane Argentin :

Star Rating 8
Tony Gilroy n’est pas Paul Greengrass mais l’ensemble n’en demeure pas moins un thriller d’action fort captivant de bout en bout.

Patrick Antona :

Star Rating 7
Réalisation musclée, efficace et lisible (fini la shaky-cam!), interprétation solide (quel charisme Jeremy Renner) mais le film laisse au final un gout d’inachevé, surtout au niveau scénaristique.

Simon Riaux :

Star Rating 7
Inutile sans doute, redondant évidemment, mais très agréablement divertissant.

Laurent Pécha :

Star Rating 7
Jeremy Renner et Tony Gilroy font de beaux remplaçants mais c’est Rachel Bourne qui tire le plus son épingle du jeu.

Perrine Quennesson :

Star Rating 6
Intriguant, divertissant et bien balancé, Bourne Legacy prend parfois le spectateur à revers grâce à des scènes plutôt inattendues. Pas exceptionnel, à part, comme toujours, la prestation de Rachel Weisz.

Sandy Gillet :

Star Rating 6
Un jeu de chat et de souris pas déplaisant surtout lors de la séquence attendue de course-poursuite, passage dorénavant obligée de la franchise Bourne, mais qui n’apporte absolument rien à la saga. Du travail bien fait mais sans âme en quelque sorte.


Julien Foussereau13/01/2013 14:54 par Julien Foussereau

Bourne : l’héritage, c’est le film 5/10 par excellence. Pas déplaisant outre mesure mais v’là le film aussitôt vu, aussitôt oublié. Tout comme le Chiffre, j’ai trouvé le début sympa même si Renner n’a pas la force de Damon consistant à être une vraie machine de guerre effrayée par ses propres automatismes [...] LIRE LA SUITE
250113/01/2013 11:38 par 2501

Bien aimé le début “la montagne ça vous gagne”. Ca parle pas trop, on connait pas encore les enjeux, on regarde les paysages, il y a un peu d’action… Après, comme détaillé ci-dessus, ça part méchamment en vrille. Un sacré bouzin. Je savais que Gilroy était un réal du dimanche, mais niveau scéanrio, [...] LIRE LA SUITE
tenia13/01/2013 00:05 par tenia

Juste pour dire que c’est chiant comme la mort, qu’il ne se passe rien en 2h15 de film, que Tony Gilroy réussit à faire pire que Doug Liman, mais que Renner est idéal dans le rôle. A ce niveau là, mieux valait s’économiser 35 minutes et faire une nouvelle franchise. C’est [...] LIRE LA SUITE

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