Star Wars Épisode II : L'Attaque des clones
Star Wars Episode II : Attack of the clones- PAYS :États-Unis
- ANNÉE DE PRODUCTION :2002
- DATE DE SORTIE :17 mai 2002
- GENRE :Science-fiction
- DURÉE :143 MIN
- REALISATEUR : George Lucas
- ACTEURS :Ewan McGregor, Natalie Portman, Hayden Christensen, Christopher Lee, Frank Oz
- BUDGET : 115 millions de dollars
- Format de tournage : 35 mm
- Ratio d'image : 2.35
- Couleur
- Site officiel US
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Après une première renaissance qui n'aura malheureusement pas véritablement conquis la critique, ni même le public des fans, George Lucas revient à l'oeuvre de sa vie. L'Attaque des clones, loin d'être uniquement le prolongement de l'Episode I, rejoint les grandes fresques du passé, liant l'épopée et la forme romantique qui manquait encore à l'appel dans Star wars.

N'y allons par quatre chemins : Episode II est un chef d'oeuvre du septième art. Non parce qu'il apparaît aujourd'hui comme étant l'amorce d'un Epidode III miraculeux, mais tout simplement parce qu'il libère une puissance salvatrice et édifiante dans ses concepts, ses scènes de dialogues, d'amour et de guerre. Et tout commence par l'envergure monumentale des décors. Qu'il s'agisse des intérieurs ou des extérieurs, Lucas imprègne ces derniers de souvenirs. Leur démesure, souvent mise en perspective par la petitesse des personnages qui y évoluent, confirme, à la manière des grandes représentations du muet, l'héritage et l'appropriation des formes opérée par le cinéaste. Chaque plan large, qu'il situe l'action sur Coruscant ou sur Naboo, s'inscrit dans un effet de picturalité issue de la tradition de Griffith, DeMille et des fresques muettes hollywoodiennes, comme de l'expressionnisme allemand. La puissance picturale impose la croyance aux mythes et aux légendes au-delà du simple cadre cinémascope.

Dès lors, on pourra se poser un certain nombre de questions face à la perception de certains, qui n'hésitent pas à comparer La Menace fantôme à « un téléfilm polonais ». À quoi ressemble véritablement ce type de production d'ailleurs ? L'absence cruelle et préjudiciable de réflexion à l'égard de travail de Lucas confirme la complexité de son univers, bien au-delà d'une simple opposition du Bien et du Mal. Elle confirme aussi, d'une manière plus générale le peu d'intérêt des spectateurs actuels pour le cinéma du passé, les esthétiques anciennes et fondatrices.

Ainsi, Episode II rassemble une quantité d'idées visuelles et picturales qui confirment une véritable évolution dans l'univers de la saga. Le romantisme, tel qu'il peut être perçu dans le film, s'inscrit dans le cinéma de Lucas comme un véritable tournant. Comme le précisait Pierre Berthomieu dans son désormais célèbre ouvrage Le cinéma hollywoodien – Le temps du renouveau (Nathan Université, Collection 128) : « Le cinéma de George Lucas est celui d'un cérébral qui se défie du sentiment et de l'émotion ». Ce qui était vrai jusqu'à présent. De THX 1138 à American Graffiti en passant par l'Empire contre-attaque, jamais le cinéma de Lucas n'avait aussi sensiblement incorporé le moindre soupçon de romantisme. A tel point, d'ailleurs, que le plus bel exemple en restait sans doute l'Episode V et son timide et goguenard « I know » entre Han Solo et la Princesse Leia.

Le romantisme accepté, Lucas l'utilise ici avec une dévotion extraordinaire. À la manière des grands peintres préraphaélites et historiques du XIXe (Rossetti pour la démesure de ses décors, Lawrence Alma-Tadema pour sa gestion des décors, des couleurs, des toges et des ornements floraux), il manie la palette graphique comme un peintre sur sa toile et fait se rencontrer plusieurs esthétiques autour de Naboo. Au-delà de la peinture historique, l'idylle amoureuse d'Anakin et de Padmé traduit également l'influence plus américaine de la représentation pastorale. Tour à tour, Lucas associe ces deux esthétiques, pour rendre à l'image un univers au pictorialisme flamboyant. Entre classicisme et New Age, le cinéaste rencontre l'univers verdoyant de La Mélodie du bonheur (plus que celui de La Petite maison dans la prairie, référence erronée), indélébile icône de la culture américaine contemporaine. Associé au thème de John Williams (Across the stars) Lucas continue sa quête biblique des iconographies judéo-chrétiennes.

Mais cet avant-goût du chef d'oeuvre ultime qu'est l'Episode III relève aussi des plus singulières obsessions du cinéaste. Kamino, ses clones, sont le symbole d'une fertilité issue de la technologie numérique et de la science. Si dans La Menace fantôme, la naissance d'Anakin était assimilée à l'Immaculée Conception, celle des clones revient à mettre en parallèle la stérilité du cinéaste et le motif de l'adoption. Ainsi, il n'est pas étonnant que Lucas ait délibérément modifié pour la sortie en DVD son premier long métrage. THX 1138, atteignant une forme ultime d'abstraction claustrophobe et aseptisée, devient dans son nouveau montage, un parent proche de L'Attaque des clones. Et que dire alors du lien unique entre Jango et Bobba Fett ? La tenue du casque dans les mains de l'enfant, annonce d'une future vengeance, n'est-elle pas aussi celle d'une filiation définitivement anéantie ?

L'Attaque des clones sait aussi se faire guerrière. Les prémisses de la guerre des clones, s'assimilent ici à une parabole sur le Vietnam. Il était temps d'ailleurs pour Lucas de donner sa vision de la débâcle américaine, car la majeure partie de ses amis (Coppola, Spielberg, Cameron, De Palma) auront tous, d'une manière ou d'une autre, commenté sous diverses formes cet épisode de leur Histoire. Entre poussière et éclats d'obus, montage « cut », zooms ultra réalistes et photographie de feu, tout respire la puissance du cinéaste, ses ambitions et la démesure de son projet dantesque.

Romantisme et noirceur naissante : L'Attaque des clones confirme les choix amorcés par La Menace fantôme en 1999. Le basculement vers l'inexorable côté obscur et la domination de Palpatine face à l'embarquement des clones dans un décor aux tonalités de braise prennent ici tout leur sens. En scellant dès lors le destin funeste de ses héros, Lucas confirme, à la manière des grandes tragédies shakespeariennes, que les destinées sont écrites à l'avance, quelque part au cœur des étoiles…
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LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!| 13/02/2012 22:31 par 2501 Je dirai même plus : :llol: :llol:
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| 13/02/2012 17:48 par Julien Foussereau :llol:
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| 13/02/2012 17:46 par oxo Taisez vous, bande de sales haters… :zorg:
…’t'façon, vous aimez Star Wars pour de mauvaises raisons.:calamity:
:D
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