Star Wars Épisode I : La Menace fantôme
Star Wars Episode I : The Phantom Menace- PAYS :États-Unis
- ANNÉE DE PRODUCTION :1999
- DATE DE SORTIE :08 février 2012
- PREMIÈRE EXPLOITATION FRANÇAISE :
13 octobre 1999 - GENRE :Science-fiction
- DURÉE :133 MIN
- REALISATEUR : George Lucas
- ACTEURS :Liam Neeson, Ewan McGregor, Natalie Portman, Jake Lloyd, Frank Oz
- DISTRIBUTEUR :Twentieth Century Fox France
- BUDGET : 115 millions de dollars
- Format de tournage : 35 mm
- Ratio d'image : 2.35
- Couleur
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Un (nouvel) espoir ?
Seize années d'attente auront été nécessaires entre la sortie cinéma du Retour du Jedi en 1983 et celle de La Menace fantôme en 1999 (respectivement dernier et premier épisodes de la saga). Seize longues années durant lesquels les spectateurs auront eu le temps de modeler la saga dans le pire des cas comme une série de blockbusters archétypes du cinéma consumériste américain, ou inversement, comme des objets cultes, cités, décortiqués, voire accaparés par une catégorie d'admirateurs. De ces deux pans (le mépris catégorique et inconsistant ou la « vampirisation fanatique ») naissent déjà les raisons d'un relatif insuccès critique de ce nouvel opus qui, à y regarder de plus près, ne sont pas liées au film mais à une transformation du regard des spectateurs. Seize longues années qui auront permis à certains de grandir et de perdre une capacité à s'émerveiller (pourtant toujours disponible à travers les films).

À cette évolution personnelle du public s'ajoute la structure inhérente de la saga. Comme le rappelait si bien la phrase qui débutait le teaser de ce nouvel épisode : « Chaque génération a une légende. Chaque voyage a un premier pas. Chaque saga a un commencement. » Il fallait bien que cet arbre généalogique enfouisse ses racines le plus profondément possible. Plus qu'une introduction à trois nouveaux films, cet épisode se devait d'introduire la totalité des six films. La tâche était complexe. Si l'ouverture se fait toujours à un moment de la Grande Histoire de la galaxie (le déroulant, comme toujours, nous y installe), George Lucas positionne ses nouveaux personnages dans une situation politique instable et délicate. [Un politicien cherche à conquérir l'obscur royaume du sénat, incapable de gérer les crises et parallèlement se trouve confronté au conseil des Jedi, d'une luminosité écrasante. Ici, la photographie exprime de façon évidente une opposition manichéenne des forces en présences.] Cette situation va entraîner, tout au long des trois nouveaux films, les drames qui s'annoncent : comment Anakin bascule-t-il vers le côté obscur, est-il l'élu (l'espoir) qui ramènera l'équilibre, de quel équilibre s'agit-il, comment la république devient-elle une dictature, comment sont nés Luke et Leïa, qui est cet empereur maléfique, etc… Autant de questions qui se profilent dans ce premier épisode et qui, même si elles ne sont pas ouvertement posées, restent inconsciemment à l'esprit de quiconque connaît de près ou de loin les épisodes déjà disponibles. Evidemment, les réponses ne vont pas venir au sein du premier chapitre… Elles vont s'étaler sur les trois nouveaux films. Avant d'être méchant, Anakin se doit d'être un enfant gentil, dont on ne soupçonnerait pas les futurs méfaits, il doit rencontrer celui qui fera de lui un Jedi et celui qui fera de lui un monstre, il doit être touché par l'amour pour que naissent ses enfants… C'est une sorte de chemin de croix que va nous livrer le réalisateur. Les références religieuses sont multiples : Anakin est le fruit d'une immaculée conception, il rêve de libérer les esclaves et comme le rappelle si bien sa mère : « […] Tu apportes l'espoir à ceux qui n'en avaient pas ! » comme l'aurait fait une figure christique. Plus tard, ce sera la figure de Lucifer, ange banni du paradis, qui sera exploitée. Pour renforcer la violence du basculement, il faut « équilibrer » préalablement les personnages et créer une situation qui soulignera d'autant plus la métamorphose.

Face à ce dur travail scénaristique et narratif, George Lucas doit également faire à nouveau preuve de sa nature de magicien du septième art : « repousser les frontières visuelles de l'industrie cinématographique ». Outre la naissance de nouvelles créatures imaginaires (avec surtout, le personnage de Jar Jar Binks, qui offre la quintessence de l'intégration d'un personnage de « dessin animé », d'un absent permanent, dans un film « réel »), de raccords invisibles entre les maquettes ou les exploits physiques des personnages, de combats interstellaires plus époustouflants qu'auparavant, le travail graphique de George Lucas est celui d'un peintre. Il suffit pour cela de contempler la richesse baroque de ces morceaux de galaxie : le palais de la reine sur la planète Naboo (traité sur le mode de la peinture de la Renaissance avec pour cadre une architecture romaine classique), la richesse des profondeurs de champs derrière les vitres de Coruscant… C'est pour avoir la possibilité d'appliquer des couches graphiques colossales et des touches de peintures fines et multiples que la majorité des tournages s'effectue sur fond bleu. Plus encore, cette recherche graphique et esthétique est exploitée dans le second volet : L'Attaque des clones où le contexte mélodramatique est l'opportunité d'exploiter une puissance visuelle qui soutient à merveille la tragédie opératique à venir. Dire que la mise en scène dans les films de la saga n'existe pas ne trouve aucune justification dans la discrétion des mouvements de caméra lors des scènes dialoguées ou dans le classicisme du cadrage. Au contraire, chaque plan, chaque composition s'apparente à une œuvre d'art aux lignes puissantes et profondes. Car plus encore que la construction graphique, la mise en scène se justifie par une profonde personnalité imprégnée dans chaque film.

Quand bien même ce cinéma est commercial puisqu'il rapporte de l'argent (et en coûte également beaucoup) pourquoi ne pourrait-il pas être aussi, et surtout, le travail d'un homme, d'un auteur qui rêve d'une grandeur et d'une liberté (qu'il aura finalement réussi à acquérir par son propre travail). Tout au long des différents épisodes de la saga, George Lucas intègre ses obsessions, ses fantômes, ses angoisses. Il y est question de familles séparées, de pères de substitutions, de faiblesses humaines … Il y insère aussi ses passions : l'homme apprécie les voitures, la vitesse et va, puisque l'occasion et les moyens se présentent, intégrer une mémorable séquence de course de Pods (qu'il transformera dans le second opus en une course-poursuite à travers Coruscant). Sous couvert d'expliquer l'habileté et la dextérité du jeune Anakin à piloter ces engins de la mort, mais aussi d'expliquer l'extrême rapidité de ses réflexes (qu'il doit à la force et à sa capacité de se concentrer sur l'instant présent), le réalisateur vit et fait vivre par procuration (avec la multiplication de plans en vue subjectives) ces courses motorisées à couper le souffle.

Et si, certains nouveaux éléments viennent se greffer à cet univers, d'autres sont immuables. Les constructions narratives et visuelles se font toujours de façon musicale. Le réalisateur utilise les répétitions, les rimes entre chaque film, les parcelles qui se répondent, les motifs qui se reproduisent… Ces fragments, tantôt narratifs (les chemins parallèles de Luke et Anakin ; les rencontres et croisements des personnages…), tantôt formels (ouvertures panoramiques après les déroulants et fermetures à l'iris similaires tout au long de la saga ; utilisation du montage alterné pour les dernières séquences ; travail sur les volets comme éléments de montage dynamique…), offrent une évidente cohérence à l'ensemble de la saga. Cette remarque s'applique également à la musique. John Williams revient pour compléter son oeuvre. Lorsque celui-ci ne réinvente pas ses propres compositions ou ne réintègre pas celles-ci dans des constructions moins thématiques et plus complexes qu'auparavant, il propose de nouvelles pièces, leitmotivs ou thèmes à l'image du désormais emblématique et grandiose Duel of the fates ou du plus classique mais néanmoins parfait thème d'Anakin.

C'est avec une maturité accrue et une nouvelle vision du monde actuel que la nouvelle trilogie s'obscurcit. Certes, rien dans cet opus ne peut laisser présager la tragédie à venir (sauf les épisodes 4, 5 et 6), mais la mise en place d'éléments fondateurs et la présentation de la quasi-totalité des personnages (à l'exception de quelques « naissances » à venir dans le second volet) est justement nécessaire au basculement du sombre héros. Seul le sénateur Palpatine annonce en toute fin de métrage ses sombres intentions qui deviendront aussi les nôtres : « Jeune Skywalker, nous suivrons ta carrière avec grand intérêt ! ».
(1) Cf. Pierre Berthomieu, Le cinéma hollywoodien. Le temps du renouveau, Collection 128, Nathan Université, 2003.
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LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!| 06/03/2012 14:13 par Didier Verdurand Ah flûte :D
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| 06/03/2012 13:48 par Simon Riaux hey mec
http://www.ecranlarge.com/article-details-22401.php
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| 06/03/2012 12:09 par Didier Verdurand Je serais curieux de connaitre la carrière en salles de cet épisode I…
Pas honteuse mais à ranger dans la catégorie “On s’en fout”.
Faut dire que ce soit Titanic, Le Roi lion, Star Wars, La Vache et le prisonnier ou La Tour infernale, on sait tous que la 3D est un [...] LIRE LA SUITE |
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