Skyfall

Skyfall




15 oct. 2012 Par Sandy Gillet Star Rating 8

 

Avant de découvrir Skyfall, on se demandait ce que pouvait donner un James Bond avec un réal qui pouvait prétendre apporter avec lui une véritable filmographie ou/et un univers en propre. C'est que l'histoire de la saga a eu jusqu'ici plutôt tendance à montrer et à démontrer que le personnage s'est toujours plus ou moins bien passé d'un véritable maitre d'œuvre cinématographique. Entre un ancien « clapper-boy » (Peter Hunt), des habitués aux films bourrins bas de plafond (Lee Tamahori, Martin Campbell, Roger Spottiswoode...), le gars trop tendre pour une entreprise si énergivore (Marc Foster), d'autres qui n'existent que par et pour James Bond (De Terence Young à John Glenn)... Le constat est en effet assez remarquable jusqu'à admettre qu'en un demi siècle elle demeure un modèle iconique du genre qui a façonné ses chefs d'orchestre plutôt que le contraire.

Avec Skyfall, Barbara Broccoli semble vouloir changer son fusil d'épaule et choisir une nouvelle « formule » entre production à poigne héritée de son père et nécessité de lâcher du lest. Entre respect du cahier des charges et grains de sable censés enrayer une machine trop bien huilée qui finit par tourner à vide (Quantum of Solace au hasard). Ces empêcheurs de tourner en rond s'appellent ici Sam Mendes, Javier Bardem, l'extraordinaire photo signée Roger Deakins (Les Évadés ou encore No Country for Old Men, c'est sa patte) et la très belle partition de Thomas Newman, un habitué des films de Mendes. Mais pas que. En fait la très grande réussite de Skyfall tient paradoxalement dans le fait qu'il semble synthétiser en un seul film 50 ans de la franchise. Et ce sur l'impression doucereuse du « avant c'était mieux » façon old school vintage hype. On y trouve la violence brute de Goldfinger, l'esthétique visuelle de L'espion qui m'aimait, la détermination vengeresse et obsessionnelle de Permis de tuer, un méchant que l'on n'avait pas vu aussi « délicieusement » méchant depuis... Pfff, allez, Dr No (et ce même si l'on peut avoir un faible pour Le chiffre dans Casino Royale). De l'autre côté du spectre il y a une quasi absence de gadgets et de James Bond girls (au sens bondien du terme. En dire plus serait une faute) plus que rafraichissants. À tel point que certains pourraient enfin avoir envie de sortir du placard...

Mais Skyfall c'est aussi et surtout comme un prolongement de Au service secret de sa majesté où George Lazenby jouait un Bond jamais aussi humain et parfois dépassé pour ne pas dire systématiquement en retard sur les événements jusqu'au meurtre de sa femme dans un final qui reste encore dans toutes les mémoires. Mendes, de par sa mise en scène racée et avare en mouvements de caméra superflus, donne à cette histoire assez éloignée des canons usuels de la récente saga, une tonalité d'une grande justesse raccrochant le mythe à une sorte de réalité surprenante. Bond en devient faillible (pas humain non), pathétique même. On touche du doigt une « vérité » que trop peu avant ont daigné développer de peur certainement de se brûler les ailes auprès des fans. Loin du « Jason Bourne like » du précédent, ce James Bond répond aux codes d'un ancien temps qu'il faut sans cesse raviver (mais pas forcément à l'identique) pour donner un sens à son boulot, à sa vie et pourquoi pas à son pays. Mendes semble prendre plaisir à concasser (pas trop tout de même) le mythe pris dans les mailles d'une réalité virtuelle qu'il a du mal à véritablement en comprendre les enjeux. L'homme est perdu. L'espion n'est plus, vive l'espion en quelque sorte.

Est-ce à dire alors que Sam Mendes est le premier vrai réalisateur que James Bond ait rencontré ? De ceux qui enrichissent, sensibilisent, aèrent, vidangent, légifèrent, personnalisent une saga au point de lui donner un second souffle que l'on n'espérait plus ? Que ceux qui en doutent encore aillent donc voir Skyfall.



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Stéphane Argentin :

Star Rating 9
Moins de gadgets, plus d’humains, un vrai bad guy, un vrai scénar, une vraie mise en scène, des scènes d’action à couper le souffle (cf. le final). Pour ses 50 ans, Bond s’offre un reboot 007 étoiles qui se positionne comme l’un des meilleurs opus de la saga.

Simon Riaux :

Star Rating 8
On attendait depuis longtemps qu’un réalisateur chevronné soit invité à nous livrer sa vision de Bond. Mendes, s’il ne livre pas une Å“uvre très personnelle, concocte une recette classique mais parfaitement assaisonnée. Entre révélations, vendetta et quête des origines, Daniel Craig achève de s’imposer en James Bond.

Perrine Quennesson :

Star Rating 8
Bien shooté et ne manquant pas d’humour, le film est pop voir méta par les références amusantes et intelligentes à sa propre saga. Skyfall est bon, très bon.

Nicolas Thys :

Star Rating 8
Sam Mendès s’amuse à reconstruire toute la mythologie des James Bond comme un gamin qui invente des histoires avec ses jouets. Quand il est en plus accompagné de Thomas Newman et Roger Deakins, ça donne un épisode majeur de la série !

Melissa Blanco :

Star Rating 8
Maman, je m’occupe des méchants !

Sandy Gillet :

Star Rating 8
Un concentré de 50 ans de James Bond régurgité de la plus belle des manières par un Sam Mendes qui y a de plus introduit tout son univers fait d’affects et de perversions maternelles. Un très grand cru !

Patrick Antona :

Star Rating 7
Le (véritable) reboot de la série qui partage quelques points communs avec la saga Batman de Nolan et dont le dosage entre fantaisie pop et gravité est pour une fois bien réussi. Reste une question de rythme qui n’est pas aussi intense qu’espéré.

Vincent Julé :

Star Rating 7
Christoper Nolan n’a plus besoin de faire son James Bond. Sam Mendes l’a fait pour lui. En quelque sorte. Sky falls, 007 rises.

Laurent Pécha :

Star Rating 7
Ça commence en fanfare, ça finit en beauté (un western écossais éclairé par le génie de Deakins) et entre, Bardem s’occupe du show. Quant à la (vraie) James Bond girl, c’est la plus surprenante et émouvante depuis Diana Rigg. Un très bon cru, le meilleur et de loin sous l’ère Craig.

Didier Verdurand :

Star Rating 7
Les trois points (très) forts : le méchant Bardem, la superbe lumière de Deakins et la musique cool de Newman, parfaitement dosée. Les trois points faibles : les James Bond girls, le début trop lent (jusqu’à l’arrivée de Bardem) et la fin trop longue en Ecosse. Verdict : un cru très recommandable.


fantomeopera05/03/2013 08:47 par fantomeopera

Je ne suis pas un grand fan de James Bond. Loin de là ! J’avoue que j’avais pourtant bien aimé Casino Royal…à ma grande surprise. Mais j’avais passé mon tour sur Quantum. Pour Skyfall que j’ai vu hier soir … je dois admettre que j’ai été bluffé ! C’est visuellement magnifique, admirablement joué, l’histoire [...] LIRE LA SUITE
jrdp17/02/2013 20:52 par jrdp

Moi ce que je retiens de très grave c’est qu’il n’y à pas eut de Clip pour le super Skyfall d’Adele :jesors: D’accord ils ont blaquizé m p et manisé M. mais pour le clip là NON LIRE LA SUITE
FinnegansWake17/02/2013 16:44 par FinnegansWake

Effectivement j’en avais profité dans ma critique pour mettre un petit taquet à Nolan. :acidepim: LIRE LA SUITE

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