Dark shadows

Dark shadows




07 mai. 2012 Par Simon Riaux Star Rating 6

 

À l'image de son héros tiré d'une léthargie de deux siècles, on espérait que Tim Burton retrouve avec Dark Shadows, annoncé comme un projet fou et invendable, l'inspiration et la créativité qui firent sa gloire. Et sur le papier, tous les ingrédients d'une recette dont nous ne gardons plus que le souvenir étaient réunis : ton décalé, monstres et marginaux à tous les étages, réhabilitation sophistiquée du mauvais goût d'hier, le plat promettait d'être méchamment assaisonné. C'était sans compter sur la présence en cuisine d'un chef un chouïa monomaniaque, doué mais porté sur le réchauffé, le vampirique Johnny Depp.

Photos, bandes-annonces, tout annonçait un show à la hauteur des dernières guignolades fardées du comédien, ici co-producteur, et ses fans seront ravis d'apprendre que l'artiste s'en donne encore une fois à cœur joie. Johnny enchaîne les répliques et les sorties spectaculaires sans répit, et nous livre une véritable cascade de mimiques, grimaces et génuflexions, avec une technicité dont la folie est curieusement absente. On a presque l'impression qu'il est le véritable auteur du film, qui s'attarde bien trop sur son décalage avec la société des années 70, répétant inlassablement combien Barnabas Collins est à contre-courant d'une époque en pleine mutation. Mais cet enchaînement continu de gags et de chutes s'avère hélas répétitif, et participe à un ventre mou du récit qui s'étire dangereusement, et distrait sans jamais passionner.

Un constat d'autant plus amer que Burton semble pour sa part prêt à donner le meilleur de lui-même, et compose en ouverture et conclusion de son film quelques séquences à la beauté stupéfiante, redonnant ses lettres de noblesse au romantisme gothique qui nous fascina dans Sleepy Hollow. Ce dernier partage avec Dark Shadows une fabuleuse direction artistique, un sens du détail proprement exceptionnel, qui se voit malheureusement cantonné au second plan, au propre au comme figuré. C'est le cas lors d'une dissonante et formidable séquence de repas, où l'impayable Chloë Moretz danse lascivement sous les yeux révulsés de ses proches, une ambiguité et une sensualité que le film sacrifiera sans pitié aux blagues verbeuses de Depp. Orientation d'autant plus regrettable que l'ensemble du casting s'épanouit avec délice devant la caméra de Burton, à l'image d'Eva Green, Michelle Pfeiffer et notamment Bella Heathcote, diaphanes ensorceleuses, dont chaque apparition happe le spectateur et le plonge dans un univers de tentations et de ténèbres.

On craignait que le metteur en scène d'Edward aux mains d'argent n'ait plus rien à dire, privilégie les fonds verts aux décors torturés qui nous marquèrent, il semblerait heureusement qu'il n'en soit rien. Pourtant, son récit de vampire venu demander à ses descendants son dû fait étrangement écho au film lui-même, qui gravite autour d'un personnage exsangue, affamé, dont on se demande combien de temps encore il pourra vider de sa substance tout ce qu'il touche.

 



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Nicolas Thys :

Star Rating 8
A l’exception des 20 dernières minutes avec un peu trop de poils aux pattes et d’effets mal gérés, Dark Shadows est un très bon Burton, bien meilleur que ne le laissait prévoir la bande-annonce. Alice Cooper est grand !

Louisa Amara :

Star Rating 7
Après le grand n’importe quoi d’Alice aux pays des merveilles, Burton retrouve sa verve et l’humour de Beetlejuice, l’atmosphère Sleepy Hollow, avec une nouveauté non négligeable : du sexe débridé. Des scènes torrides, de la fantaisie, des décors superbes. Il manque juste un peu de profondeur.

Stéphane Argentin :

Star Rating 6
Quand le duo Burton - Depp amuse le grand public, c’est une partie de leur longue collaboration dédiée aux marginaux qui s’effrite.

Simon Riaux :

Star Rating 6
Trop bavards, trop superficiels, Burton et Depp ont du mal à tenir jusqu’au bout cette comédie bien moins transgressive qu’annoncée, mais dont certaines percées esthétiques marquent durablement la rétine.

Sandy Gillet :

Star Rating 6
Le couple Burton/Deep est en roue libre mais le fait avec une certaine maestria qui ne peut absolument pas déplaire. On est juste nostalgique d’une époque où le cinéma pour eux était quelque chose de moins artificiel.

Didier Verdurand :

Star Rating 5
Très bon début, et puis on décroche lentement mais sûrement à cause de scènes trop bavardes qui plombent le rythme, et un scénario trop léger pour justifier la durée. Hein, ça dure pas 2h15 ? Ah, j’aurais juré…

Laurent Pécha :

Star Rating 4
Un prologue où l’on retrouve Burton pour le reperdre juste après. Seule, Eva Green nous tient en éveil.

Patrick Antona :

Star Rating 4
Tim Burton recycle sans passion ni émotion aucune les meilleurs moments gothiques de ses œuvres passées mais la sauce ne prend pas. Seule Eva Green semble y croire et tient la dragée haute mais en pure perte.


dodeskaden18/01/2013 07:27 par dodeskaden

Amusant. (…) Par contre autant l’humour est la plupart du temps réussi, autant la part dramatique ne parvient pas à toucher, Depp et Burton étant sur des rails un peu trop usités et voyants. Ah… il y a une part dramatique ? Ce film est une bouffonerie digne de l’excellent Beetlejuice… mais [...] LIRE LA SUITE
dehaas8421/05/2012 07:55 par dehaas84

Pas aimé. Mais je crois que Tim Burton commence à être un peu perdu pour moi. A part deux ou trois vannes bien senties, et Johnny Depp qui est touours amusant à regarder, c’est quand même super mou. Trop de dialogues vides, pas assez de rythme, j’ai baillé plusieurs fois Et puis, [...] LIRE LA SUITE
El Duderino19/05/2012 01:52 par El Duderino

PS : au fait, j’ai loupé une bobine ou la scène du bal finit vraiment en queue de poisson ? On a à peine le temps d’admirer Eva que c’est déjà fini. :( Tiens, j’avais pour ma part l’impression que les bobines étaient passées dans un ordre aléatoire, tant la narration [...] LIRE LA SUITE

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