À l'aveugle

Blind man

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05 juil. 2012 Par bEUDinet Star Rating 2

 

La trajectoire suivie par Xavier Palud a malheureusement un goût de déjà-vu.
Après un premier long-métrage imparfait mais exploitant suffisamment ses maigres moyens pour générer de la tension ("Ils"), le tandem qu'il forme avec Xavier Moreau traverse l'Atlantique pour réaliser le remake d'un film des surestimés frères Pang, avec Jessica Alba en tête d'affiche ("The Eye"). Ce qui constituait donc une incontestable opportunité va, comme souvent, montrer ses limites et l'emprise des producteurs va plomber l'expérience hollywoodienne des frenchies.
C'est exactement le même chemin qu'a connu Eric Valette, qui après "Maléfique", se cassa les dents sur un remake made in USA d’un film de Takashi Miike. Son retour en France fut couronné du succès puisque son "Une affaire d’Etat" n'est ni plus ni moins que l'un des meilleurs thrillers français de la dernière décennie.

Sous la houlette de Luc Besson, le rapatriement de Xavier Palud (sans Moreau donc) aurait bien aimé connaître la même réussite.
C'est hélas principalement le scénario qui empêche cette concrétisation: empêtré dans une écriture télévisuelle pesante, plombé par des dialogues souvent risibles et des rebondissements dont on ne croit pas une seule seconde, "A l’aveugle" ne se révèle jamais crédible et on se moque plus que l'on ne frissonne. Pas étonnant donc de retrouver derrière cet échec Eric Besnard ("Cash", "600 kilos d’or pur" et l’adaptation désastreuse de "Babylon A.D.").

Petite révolution chez les marchands de publicité que sont les gars d'Europacorp (Audi est remplacée par Ford chez les spécialistes du placement produit), "A l'aveugle" est un énième polar de seconde zone qui pousse le vice jusqu'à se moquer de lui-même. Lors d'une discussion où le petit ami de son fils se plaint des défaillances policières, Jacques Gamblin s'étonne de l'avalanche de clichés qu'il subit. On pourrait se plaindre également côté spectateur : l'aveugle est inévitablement accordeur de piano, le flic tire immanquablement la tronche en raison d'un deuil qu'il a du mal à digérer. On a d’ailleurs connu Jacques Gamblin plus inspiré dans ce genre de rôle (l’injustement méconnue série "Les Oubliées") et Lambert Wilson peine à convaincre, autant dans la peau d'un aveugle que dans celle d'un serial killer.

On pourrait d'ailleurs croire que "A l'aveugle" s'inspire de la chanson "Misère" de Coluche. L'humoriste y scande "Moi, j'ai un copain il fait un court métrage sur les chiens d'aveugle. Eh ben, les producteurs en voulaient pas sous prétexte que les aveugles vont pas au cinéma !".
Dans "A L'aveugle", il y a un aveugle et un chien. Dommage que les producteurs en aient voulu...


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Stéphane Argentin :

Star Rating 6
Le face à face Gamblin - Wilson, une belle Héloïse et des dialogues relevés assurent un polar dans la moyenne honorable des prods Besson.

Laurent Pécha :

Star Rating 6
Grâce à une mise en images et des acteurs convaincants, A l’aveugle atteint ses objectifs de thriller efficace.


La Rédaction06/01/2011 20:10 par La Rédaction

À l’aveugle

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