Apocalypto

Apocalypto

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22 déc. 2006 Par Sandy Gillet Star Rating 7

Si La Passion du Christ avait su générer une réelle passion polémique à la fois autour du film et à l'encontre de son producteur/réalisateur, il est fort probable que cet Apocalypto ne fera pas autant de vagues. Si certains pourront le regretter (rien ne transpire en effet ici qui puisse confirmer l'antisémitisme supposé du père Mel ou son cléricalisme nauséabond), d'autres y décèleront une volonté de retour à l'essentiel (faire du cinéma). Mais que l'on ne s'y trompe pas, si cette quatrième réalisation du Mad Max d'Hollywood sonne un peu comme une transition forcée, elle prolonge pourtant fort logiquement une filmographie tendue comme un string mal ajusté vers la même obsession visuelle (la chair maltraitée, les corps brisés) et thématique (l'abandon d'une certaine contingence matérielle au service d'une destinée collective ou individuelle).

Une impression qui vient en partie du scénario littéralement cousu de fil blanc dont la linéarité désespérément narrative rend paradoxalement service à une mise en scène qui n'en demandait pas tant. Affublé de la dernière caméra haute définition de chez Panavision sobrement baptisée « Genesis », Mel Gibson et son directeur de la photo Dean Semler (oscarisé pour Danse avec les loups) en ont effet profité pour tester des angles de prise de vue littéralement bluffant dont les multiples scènes de courses à pied filmés en un mouvement perpétuel vertigineux en sont le meilleur exemple. À l'inverse de Michael Mann et son Dernier des Mohicans qui reste la référence absolue, Mel Gibson ne s'intéresse pas à l'esthétisme de la course via des mouvements de caméra amples et un découpage à l'avenant mais bien par coller à l'action quitte à ce que le rendu soit plus âpre et moins « beau » mais dont on ne peut nier l'efficacité.

 





La longue scène découvrant la grande cité Maya restera elle aussi comme un autre morceau de bravoure d'Apocalypto. Tout comme « Patte de jaguar » (fulgurant Rudy Youngblood dont c'est ici la première apparition sur grand écran) et ses compagnons enlevés à leur village et à leur jungle, nous découvrons bouche bée cette ville à la fois majestueuse et décadente, Mel Gibson et son équipe ayant réussi le tour de force de nous immerger au sein d'un flot incessant de découvertes visuelles plus fortes les unes que les autres.

 

L'autre paradoxe d'Apocalypto est sa propension à piller les référents à tous les niveaux sans pour autant que le résultat empreint d'efficacité on l'a dit en souffre bien au contraire. Si l'on a déjà cité Le Dernier des mohicans, on ne peut en effet s'empêcher de penser à Conan le Barbare et à La Forêt d'émeraude auquel Mel emprunte entre autre chose la notion de « rite de passage » initiatique et brutal ou encore Mission pour « l'imagerie amérindienne » estampillée Hollywood. Tintin et le temple du soleil aura aussi été une source évidente d'inspiration sans parler de cette récurrence à s'auto citer via la séquence de sacrifice qui rappelle par sa signification celle de La Passion et bien entendu celle de Braveheart. L'impression de film carrefour au croisement d'un cinéma qui se cherche forcément (avec tout de même quelques certitudes de mise en scène comme on vient de le montrer) n'en devient dès lors que plus prégnante et osons le dire excitante (au-delà donc du personnage Mel Gibson et des nombreuses casseroles qu'il commence sérieusement à traîner derrière lui).

Si ce n'était des considérations ethnologiques sur un peuple à l'agonie voulue tel un miroir sur notre propre civilisation que le professeur Mel assène avec bien trop de prévisibilité et de manichéisme, Apocalypto aurait été donc bien plus qu'un simple mais bon film d'aventure. À l'instar de Braveheart, il ne manque pas de fulgurances visuelles, disons simplement que leur finalité prête toujours autant à discussion. Ou non !



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Reznik07/08/2007 23:52 par Reznik

question violence et quitte a passer pour un vieux con je conseille plutot de revoir quelque peckimpah Question jouissance et quitte à passer pour un jeune con (statut que j’assumerais alors sans sourciller :tongue:) je trouve qu’il y a mieux que les films de Peckinpah…les films du défunt Sam proposent une [...] LIRE LA SUITE
digory07/08/2007 10:24 par digory

question violence et quitte a passer pour un vieux con je conseille plutot de revoir quelque peckimpah, un vieux rollerball que ce gros nanard furieux. je n’ai vu dans ce film aucun point de vue de cineaste car mel gibson se contente de multiplier les angles et de choisir au [...] LIRE LA SUITE
Mitchthe06/08/2007 15:55 par Mitchthe

J’ai loué le dvd sans a priori car je ne m’étais pas du tout tenu au courant. Je pensais quand même avoir à faire à un film-doc assez chiant… Diantre! J’étais loin du compte! Jouissif du début à la fin, Apocalypto, c’est 2h15 de violence primitive mélée à une recherche esthétique permanente. [...] LIRE LA SUITE

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