Holy motors

Holy motors




10 juil. 2012 Par jawssm Star Rating 7

 

Quand le cinéma hexagonal parle de cinéma et non de société cela donne "Holy motors", pellicule hallucinante et hallucinée menée par un incroyable Denis Lavant. Étonnant d'ailleurs que Cannes la rigide l'ai sélectionné, l'objet étant loin d'être une œuvre d'auteur consensuelle et morne. Ceci étant cela, le film est reparti bredouille, l'honneur du "plus grand festival du 7ème art est sauf"! La performance démente de l'acteur fétiche de Carax est pourtant à saluer, alors qu’il interprète pas moins de onze rôles différents dont le cultissime M. Merde, aperçu dans un des segments de "Tokyo", grand moment anar et loufoque, au mauvais goût et à la répugnance assumée. De même, la mise en scène très travaillée de l'auteur de "Pola X" prodigue une aura plastique de toute beauté, captant à merveille la lumière et l'architecture urbaine parisienne. Si les premières minutes laissent penser à une bizarrerie lynchienne avec son personnage mutique accédant à une salle de cinéma, la suite démontre que Carax aime déconcerter et s'amuser avec sa réputation d'emmerdeur et de perfectionniste tout en parsemant son métrage de clins d’œil cinéphiliques piochés chez Melville, Franju ou encore... lui-même! Un choix d'un chauvinisme et d'une prétention ridicules si l'émotion de la séquence en question ne concernait pas son bide de 1992, "les Amants du Pont-Neuf", film mal-aimé de la critique qui faillit lui faire renoncer à la caméra. Une scène délicate et sobre, poussant Kylie Minogue à la chansonnette face à Lavant dans une Samaritaine déserte que les fidèles du réalisateur connaissent bien. Le cinéaste aime également provoquer l'incompréhension (gare à la séquence en capteur de mouvements que n'aurait pas renié une certaine Paz de la Huerta!), l'émotion (le mourant), la surprise (l'épisode du Fouquet's) ou encore le surréalisme (la séquence finale). Mention spéciale à la touchante Édith Scob en chauffeur de limousine et qui fait allusion au rôle de sa vie dans les derniers instants de projection, sans oublier un apparition très "Colonel Kurtz" de Michel Piccoli à mi-parcours. Un film avec tout plein de Denis Lavant dedans, baignant dans une folie et un génie créatif permanent, agrémenté d'une pincée d'Eva Mendes en burqa. Qui ne serait pas tenté ?


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Nicolas Thys :

Star Rating 10
Un film aussi bizarre que maîtrisé, aussi fou qu’onirique pour un fabuleux hommage au cinéma et une dénonciation en règles des formes de “spectacle” actuelles. La comparaison avec Cosmopolis est inévitable, les deux s’en sortent parfaitement !

Simon Riaux :

Star Rating 9
Borges, Dalì et Ionesco ont eu un fils, il s’appelle Leos Carax.

Sandy Gillet :

Star Rating 9
Carax revient par la grande porte et au passage nous assène une grande mandale dans la gueule avec cet Holy Motors qui a tout de la fable élégiaque, foutraque, libre et moderne que le cinéma français attendait sans plus y croire.

Melissa Blanco :

Star Rating 8
11 x Denis Lavant pour un film bizarre, absurde et déconcertant.

Laurent Pécha :

Star Rating 8
Carax ne connaît ni Dieu ni Maître et le 7ème art de porter magnifiquement son nom le temps d’une Å“uvre “no limit”.

Patrick Antona :

Star Rating 5

Stéphane Argentin :

Star Rating 5
Une bizarrerie cinématographique qui vaut surtout pour la singularité de chaque nouveau “rendez-vous” permettant ainsi d’apprécier le formidable boulot de maquillage.

Didier Verdurand :

Star Rating 4
N’est pas Buñuel qui veut…


illmatic24/02/2013 01:48 par illmatic

Holy motors est très loin d’être un bide au cinéma, je persiste.. ^^ Pas de stars, pas de récompenses, un OVNI, bref faut être con pour attendre le million, d’autant qu’un Amour ou un Cosmopolis (qui ont reçu globalement une meilleur promotion) ne dépassent pas les 600 000 spectateurs… Tu peux [...] LIRE LA SUITE
tenia23/02/2013 20:43 par tenia

Tout le monde est libre d’adorer Holy Motors, il faut juste à mon avis rester lucide et comprendre que ça ne plaira qu’à une poignée d’intégristes. Et le boulot de la presse, à mon sens, et aussi de le dire. Et c’est marrant, je ne l’avais lu nulle part… (c’est [...] LIRE LA SUITE
Kaji23/02/2013 19:21 par Kaji

Je t’avouerais que c’est pas Pattinson qui m’a dérangé dans la distribution, même si Georges Duroy est plutôt censé approcher les 40 ans. Non, ce qui m’a dérangé, c’est Uma Thurman - que j’aime pourtant beaucoup - dans celui de Madeleine Forestier, qui dans le bouquin est décrite comme quelque [...] LIRE LA SUITE

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