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Critique
Un magicien qui dévoile ses tours, c'est un peu triste. C'est pour ça que d'ordinaire, il se garde bien de le faire. Quand en plus le magicien tient plus du mécano prétentieux que du prestidigitateur, on touche le fond.
Cette Jeune fille de l'eau est comme il a beaucoup été dit, le commentaire de Shyamalan sur sa propre uvre. En plus d'être un réquisitoire puéril pour la foi en toute histoire, même si celle-ci est à dormir debout. Soit. Encore faudrait-il qu'il nous la raconte au premier degré
Mais ici nous avons droit au commentaire éclairé de l'auteur plus qu'à autre chose (on se demande bien ce qu'il va lui rester pour le DVD). Clair comme de l'eau de roche, quasi omniprésent, celui-ci parasite complètement une histoire type conte fantastique pour enfants tout en essayant vainement de la construire par l'intermédiaire des personnages du film. Ces derniers sont tellement castés pour des rôles précis, avec parfois erreur sur la personne attention, et cela devient tellement répétitif, que l'on se croirait devant un fastidieux jeu du « Qui est qui ? »
Le film est par conséquent extrêmement bavard, il expose, raconte à l'infini ce qu'il va se passer, comme une énigme à déchiffrer, qui a perdue tout son intérêt depuis bien longtemps puisque ce qui devient à dormir debout, proprement incroyable, ce sont les gesticulations des protagonistes pour nous faire croire à l'histoire. Malgré quelques scènes répétitives « attention au chien », nous ne sommes jamais dans l'action, mais toujours à côté. Si l'on rajoute à ça la propension au ridicule dans le mélange réalité fantastique que l'on avait déjà pu constater dans Signes (et notamment sa mythique scène de la batte), ainsi que des symboles gros comme un pâté de maisons alignés tout du long, on a du mal à croire que l'on est devant le dernier opus du jadis tant vanté "nouveau petit génie d'Hollywood."
Shyamalan a aussi le culot de se donner le beau rôle de l'artiste SPOILER dont les uvres influenceront les générations futures FIN SPOILER. Quand, dans la scène de la salle de bains, on entend l'écrivain qu'il interprète déclarer qu'il n'est pas prétentieux, on se demande s'il faut en rire ou s'il nous prend vraiment pour des benêts. Le summum de la bêtise est atteint avec le personnage du critique et l'exécrable résolution de son intrigue. Luc Besson devrait apprécier.
Si au moins c'était bien emballé... Mais incontestablement, le film est le moins soigné de son auteur, l'image du directeur de la photo de Wong Kar-Waï (!) est simplement moche, terne et grise. Les mouvements de caméra tremblants ne rattrapent rien et la mise en scène n'a que peu d'inspiration (combien d'effet ratés comme le travelling accéléré, pour une bonne idée de plan sous l'eau empêchant la conclusion d'être totalement grotesque).
La mécanique du cinéma déjà peu engageant de M. Night Shyamalan est totalement mise à nue avec ce film complètement raté. Une mécanique gripée, carcasse d'histoire rongée jusqu'à l'os dont le spectateur ne demande qu'une chose, s'échapper.


