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Critique
"Tideland" est un film magique, indescriptible, tout à fait incomparable. La particularité de l'univers de son héroïne Jeliza-Rose, c'est qu'il confond tout d'une manière tellement systématique qu'elle en devient parfaitement naturelle. Par exemple, il n'y a pas de différence entre la vie et la mort pour Jeliza-Rose : son père meurt, elle continuera à lui parler, à se blottir dans ses bras. Il n'y a pas de différence entre la bonté et la méchanceté : elle peut être adorable avec ses têtes de poupées, comme cruelle, avec le même sérieux et la même détermination. Il n'y a pas de différences entre la jeunesse et la vieillesse. Dickens, son voisin fantasque, est un enfant dans un corps d'homme quand elle, parallèlement, est bien souvent une femme dans un corps de petite fille.
Et comme porté par ces limites troubles, tout le film bascule sans cesse entre les extrêmes avec une indifférence et une désinvolture totale. Et la limite entre la fiction et la réalité disparait très rapidement : un car est un sous-marin, un train est un requin, on parle à des morts empaillés comme à des vivants, à des têtes coupées de poupées barbie comme à des amies. L'onirisme est à la fois délirant et réaliste, une sorte de fantasme éveillé perpétuel, jusqu'à ce qu'à la fin, un univers qui ressemble un peu plus au nôtre surgisse pour recueillir Jeliza-Rose qui, parvenue à l'extrémité du rêve, doit bien finir par se réveiller.
Ce happy end totalement inattendu n'est d'ailleurs pas vraiment un retour à la réalité, puisqu'il repose sur une totale confusion, sur une bienheureuse méprise, sur un dernier coup de génie de l'étrange esprit cauchemardesquement onirique (ou oniriquement cauchemardesque) qui plane, de bout en bout, comme un oiseau de mystérieuse augure, sur tout le film.
Et comme porté par ces limites troubles, tout le film bascule sans cesse entre les extrêmes avec une indifférence et une désinvolture totale. Et la limite entre la fiction et la réalité disparait très rapidement : un car est un sous-marin, un train est un requin, on parle à des morts empaillés comme à des vivants, à des têtes coupées de poupées barbie comme à des amies. L'onirisme est à la fois délirant et réaliste, une sorte de fantasme éveillé perpétuel, jusqu'à ce qu'à la fin, un univers qui ressemble un peu plus au nôtre surgisse pour recueillir Jeliza-Rose qui, parvenue à l'extrémité du rêve, doit bien finir par se réveiller.
Ce happy end totalement inattendu n'est d'ailleurs pas vraiment un retour à la réalité, puisqu'il repose sur une totale confusion, sur une bienheureuse méprise, sur un dernier coup de génie de l'étrange esprit cauchemardesquement onirique (ou oniriquement cauchemardesque) qui plane, de bout en bout, comme un oiseau de mystérieuse augure, sur tout le film.
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