La Colline a des yeux

Hills have eyes (The)

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20 juin. 2006 Par Vincent Julé Star Rating 7

Faut-il avoir joué à Silent Hill et ses suites pour appréhender au mieux, voire apprécier, l'adaptation cinématographique de Christophe Gans sur grand écran ? De même, une séance de rattrapage de L'aventure du Poséidon est-elle nécessaire avant d'assister au retourné de crêpe de Wolfang Petersen ? Enfin, et surtout, les remakes de Fog et La Malédiction peuvent-ils être sauvés pour qui n'a pas vu les originaux ? [« Nan, c'est pas possible », répond du tac au tac Lucile, NDLA] Ces questions sont à la fois une manière (subtile ?) de noyer le poisson, à savoir que le film de Wes Craven de 1977 appartient pour l'auteur des ces lignes à ces lacunes que l'on se trimballe comme des casseroles. Mais elles interrogent aussi ce comportement qui consiste à ne regarder une œuvre référence que dans la perspective de son remake, au risque alors de fausser le contexte et la surprise de l'original, et l'identité propre du nouveau. Pas question donc de piquer le boulot de Laurent Pécha sur Fog ou La Malédiction.

Il faut dire que si la présence du créateur derrière le projet n'est pas nécessairement une caution de qualité – John Carpenter producteur cachetonne sur Fog –, celle d'un vrai auteur par contre peut faire toute la différence. Alors oui, Alexandre Aja, fils du réalisateur et producteur Alexandre Arcady, ne s'est pas fait tout seul, à la seule force du poignet et du talent, mais il a fait preuve aussi par ses choix d'un réel amour du genre. Furia à 22 ans, puis Haute tension, qui malgré sa fin indigne, prouvait une certaine maîtrise de la mécanique de la peur ainsi qu'une inclinaison pour le joyeusement gore. Rappelez-vous l'intrusion de Philippe Nahon dans la maison familiale, et cette scène de paranoïa d'une Cécile de France seule dans sa chambre. Maintenant, transposez-là dans le désert et sur plus d'une heure et demie. En effet, à l'instar des survival les plus réalistes (Wolf Creek, le début de Jeepers Creepers), La Colline a des yeux réussit à travers son portrait de famille républicaine à créer l'empathie suffisante pour qu'une fois accidentée, isolée et la nuit tombée, la tension soit à son comble.

C'est bien entendu le moment que choisissent nos mutants pour leur première attaque… et une drôle de Delivrance pour le spectateur. Si jusque-là, l'horreur s'exprimait par palpitations, au détour d'un plan de jumelles, d'une image suintante ou de gouttes de transpiration, elle prend alors corps (déchiqueté) et chair (putréfiée) pour vingt minutes de folie furieuse. Tout le champ lexical de la violence pourrait y passer. Une rage humaine, sexuée, malsaine que certains méprendrait pour mise en scène avec réalisme car efficace, alors qu'elle est stylisée à tous les niveaux de création. La gestion du temps a priori fantaisiste, le rapport étroit entre l'intérieur et l'extérieur du trailer, le travail sur le son par Tomandandy – dont un bruit sourd et viscéral renvoyant à la fois à une alarme, un battement de cœur et un coup de massue – participent à imposer un tourbillon à la fois fascinant et répulsif qui met à mal les sens du spectateur.

Passé ce morceau de bravoure, le film retrouve les chemins balisés du genre, et donc le jeu du chat et de la souris, une suite somme toute logique puisque ces codes ont été mis en place à l'époque par l'original. Le réalisateur français se permet pourtant quelques sorties de route bien senties, dont une visite guidée dans un village témoin en mode « invincibilité » - comme dirait Sandy à la sortie, « il faudrait qu'il nous donne la marque de ses lunettes et de son bébé ». Malheureusement, sur la longueur, la radicalité et l'iconoclasme de Aja deviennent vite artificiels et mécaniques – chaque mise à mort se termine ainsi systématiquement par un gros plan sur la blessure –, et la violence, dommage collatéral, plus opportuniste. A l'image d'une fin emphatique, qui laisse le spectateur entre deux eaux, entre le rire crispé et la libération salvatrice.

Visionnez notre interview vidéo de Alexandre Aja en cliquant sur son nom.



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Tonton BDM :

Star Rating 10
“La Colline a des yeux” version Alexandre Aja est un hommage appuyé à l’original -et pourtant bien pourrave- signé Wes Craven, mais c’est également un film beaucoup plus radical et personnel (le dernier quart du film est bien plus pervers et politisé, parce qu’apparemment plus explicatif mais surtout vachement plus violent). Au coeur du film, il [...]

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fantomeopera18/10/2009 17:00 par fantomeopera

Revu hier soir …. Ben c’est toujours aussi bon …et brutal. Et surtout pour une fois dans ce genre de film … j’accroche bien aux personnages qui ne sont pas simplement réduits à de la chair à pâtée et qui suscitent un certain sentiment d’empathie. LIRE LA SUITE
Hate-craft03/03/2006 10:17 par Hate-craft

Prometteur…. http://www.excessif.com/news.php?14538 :-) LIRE LA SUITE
freem@n29/12/2005 14:35 par freem@n

y’a qu’a experer qu’ils ont pas saboté leur film (le duo aja-levasseur) avec un twist final debile comme pour “haute tension”. vu comment ils se sont fait tacler par la presse pour le twist de haute tension, a mon avis, ils vont pas récidiver dans cette voie. Surtout qu’hormis ce “détail”, [...] LIRE LA SUITE

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