Expendables 2 : Unité spéciale

Expendables 2 (The)




05 aoû. 2012 Par Simon Riaux Star Rating 7

 

Tremblez, héros en collants ! Paniquez, agents secrets au service du placement de produits ! Fuyez, soldats métrosexuels à l'arsenal rutilant ! Au cœur d'un été à la gloire de la bravoure numérique et du fond vert, les rédempteurs du Septième art se sont rassemblés pour fondre sur les salles obscures tels un nuage de sauterelles sous stéroïdes, dans un maelström de cordite assaisonné de testostérone. Les gros bras d'hier sont de retour et se rappellent à notre bon souvenir à coups de dynamite et de deltoïdes sur-gonflés. The Expendables 2 débarque, et sur son chemin, la subtilité trépasse.

Conscients que le premier épisode, s'il avait ravi les spectateurs de bon goût, avait frustré quelques forcenés, Simon West et Sylvester Stallone ont semble-t-il prêté serment de nous en mettre plein les mirettes, et ce dès l'ouverture des festivités. La première bobine du film est donc déconseillée aux personnes fragiles, sensibles, aux tympans délicats, incommodées par la vision de dizaines de vilains népalais massacrés, ou sujettes à une potentielle rupture d'anévrisme. Après un premier quart d'heure tonitruant, qui écrase littéralement le film précédent, on se surprend même à espérer que le reste du métrage ne soit pas à l'avenant, par égard pour notre petit cœur sur le point d'exploser.

Si cette ouverture en fanfare provoque un durable sentiment d'euphorie, elle ne peut tout à fait dissimuler le bordel monstrueux qui tient lieu de scénario. Très rapidement, les enjeux se multiplient, s'annulent se contredisent, alors que nos héros se voient confier une mission à l'issue fatale, laquelle provoquera l'ire apocalyptique de leur leader, et constituera le cœur du récit. L'idée de voir nos mercenaires préférés se lancer dans une course destructrice pour venger un abominable affront n'était pas plus bête qu'une autre, encore aurait-il fallu la structurer autour d'une charpente digne de ce nom. Liam Hemsworth a beau être formidablement sympathique, on se figure plus aisément notre beau Sly dialoguer avec lui à coup de batte de base-ball plutôt que le prendre sous son aile. Les ressorts utilisés pour créer l'empathie avec le spectateur se révèlent aussi grossiers que fumeux (ah le coup du chien...), à l'image de tous les éléments du script sensés toucher les personnages, et les extraire de leur condition de machines à tuer (ah le coup du village uniquement peuplé de femmes...).

La crédibilité et la finesse étant aussi utiles aux Expendables qu'une paire de Lauboutin à une cul-de-jatte, on ne se formalisera pas de ces scories pour se concentrer ce qui nous importe véritablement : l'action. Et contre toute attente, c'est dans un premier temps là que le bas blesse. Après une ouverture fantastique, le film a bien du mal à égaler ce morceau de bravoure introductif, pire, il est désormais évident que nos idoles ont vieilli, et que même Sly ne court plus sans doublure. Du coup, les nombreux affrontements se voient très rapidement expédiés, et se limitent presque exclusivement à des échanges de tirs, quelques roulades, évitant soigneusement tout engagement physique.

The Expendables 2 serait-il une pochardise honteuse, le film de trop, une réunion de grands-pères désormais incapables de casser des côtes comme d'autres du petit bois ? Heureusement non. Car plutôt que de tenter de sauver les apparences par le montage, de nous faire croire qu'il peuvent encore se lancer dans des mano a mano impitoyables, nos héros ont choisi d'en rire. Avec incrédulité dans un premier temps, puis avec un plaisir inextinguible, le spectateur découvre qu'il n'est pas devant un baroud d'honneur, mais devant une comédie d'action. En effet, le métrage est littéralement caviardé de répliques plus folles les unes que les autres, de gags over the top (l'arrivée de Chuck Norris devrait rester dans toutes les mémoires), et de clins d'œils (appuyés mais presque toujours hilarants) au spectateur.

Le tout va de paire avec une générosité admirable, parfois profondément touchante. Quiconque connaît un tant soit peu la biographie des comédiens, celle de Dolph Lundgren en particulier, constatera combien les acteurs ont mis d'eux dans leur rôle, et prennent à bras le corps cette occasion (la dernière ?) de bâtir leur légende. Impossible de ne pas sentir le réel s'insinuer de toute part, la nostalgie colorer la moindre séquence, Stallone et Van Damme allant jusqu'à rejouer et mettre en scène leur inimitié d'hier, lors d'un climax qui donnerait le tournis au plus aguerri des équarrisseurs serbes.

Parlons-en du climax, après une ouverture gargantuesque et un développement comico-lourdingue, The Expendables 2 rassemble enfin les éléments épars disséminés depuis le premier épisode et nous offre un sommet d'action débridée, de destruction, de générosité et d'humour. Après ce feu d'artifice barbare, les réserves légitimes éprouvées au cours du visionnage s'envolent, alors qu'en une poignée de répliques roublardes, empreintes d'une mélancolie certaine, chacun tire sa révérence. Et si cette belle brochette de sanguinaires se quitte bière à la main, flingue encore fumant et la bouche en cœur, les larmes ne sont pas loin, de part et d'autres de l'écran. Nos guerriers sont montés une nouvelle fois au front, avec leurs casseroles, gueules cassées, répliques cultes et hanches prosthétiques, histoire de rallumer une ultime fois le flambeau du cinéma d'action à la papa. Reste à savoir qui aura les cojones de le reprendre...



LIENS SPONSORISES

PHOTOS DU FILM

  Voir le photo  

  Voir le photo  

  Voir le photo  

PLUS DE PHOTOS

PARTAGER

En parler sur Facebook Voter pour cet article sur Wikio



Tonton BDM :

Star Rating 8
Rythmé, fun et jouissif. Après “The raid”, 2012 sera décidément l’année du bourrinage en mode no scénar.

Stéphane Argentin :

Star Rating 7
Un parterre de stars du cinéma d’action 80’s qui ne fait pas dans la dentelle. Mais ce n’est pas ce qu’on leur demande et entre les punchlines et les flingues, ça marche.

Didier Verdurand :

Star Rating 6
Les scènes d’action sont généreuses, et certaines vannes font mouche. C’est rythmé et ça ne pète pas plus haut que son fion (Ouf, ça ne dure pas 2h30). Si on rentre dans la salle en mode “On s’en fout du scénario”, ça passe bien, et même mieux que le 1.

Sandy Gillet :

Star Rating 6
C’est con et généreux à souhait et on se surprend même à en redemander. Et que dire du Chuck Norris fact qui à lui seul fait pencher le film vers quelque chose de quasi recommandable.

Nicolas Thys :

Star Rating 5
C’est drôle, ça explose de partout à un rythme fou mais ça ne va pas plus loin que la vitrine à noms connus reprenant un même canevas narratif depuis 30 ans… La nostalgie c’est bien quand on sait l’utiliser. Et maintenant, direction le musée ?

Patrick Antona :

Star Rating 5
Les Héros (ainsi que les scénaristes) sont un peu fatigués. Reste le plaisir coupable de voir ce concours de gros bras qui ne se prend pas trop au sérieux mais c’est un peu mince.

Laurent Pécha :

Star Rating 4
Deux minutes de réel plaisir (merci Chuck) pour 100 minutes d’action et d’humour ultra décevant. Au lieu de penser à accumuler les noms, il faudrait d’abord penser à proposer un récit et une mise en images de qualité.


fantomeopera03/03/2013 19:18 par fantomeopera

Autant le premier m’avait profondément ennuyé et déçu… Autant je me suis bien amusé devant le second opus qui garde tout les trucs intéressants du premier et en élimine les gros défauts. Bon … ça reste profondément con et constamment illogique dans le déroulement de l’action. “Heu … ils sont dans un avion [...] LIRE LA SUITE
Rogerpanda13/10/2012 15:41 par Rogerpanda

D’après Deadline, les producteurs des deux Expendables souhaitent mettre sur les rails un spin-off féminin de la franchise. Le titre serait “ExpendaBelles” (:clap: ) et ce sont les scénaristes de “la Revanche d’une Blonde” (re :clap: ) qui auraient été approchées pour écrire ce film. Apparemment aucun lien avec le projet [...] LIRE LA SUITE
De Morgan07/10/2012 12:50 par De Morgan

Si on part du principe que les femmes vieillissent (très) mal en général, surtout à Hollywood, il faudra donc se taper des actrices de seconde zone (au chômage) comme dit plus haut car je vois mal des Angelina Jolie … heu au fait y a qui d’autres comme super grosse [...] LIRE LA SUITE

À ne pas manquer

Newsletter