Moonrise kingdom

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15 mai. 2012 Par Melissa Blanco Star Rating 9

 

« C'est le temps de l'amour, le temps des copains et de l'aventure » chante Françoise Hardy tandis que deux pré-adolescents échangent un premier baiser sur la plage. Présenté en ouverture du 65e Festival de Cannes, Moonrise Kingdom marque le retour de Wes Anderson à un cinéma de fiction, deux ans après l'animé Fantastic Mr. Fox. Il y suit la fugue de deux petits adultes échappés de Rushmore, Sam et Suzy, sur une île de la Nouvelle Angleterre. Lui a quitté son camp de scout, elle sa maison familiale. Et de lancer alors à leur poursuite les adultes, parents, policiers et autres chefs scouts. Le temps de quelques jours, le cinéaste filme alors avec beaucoup de tendresse la naissance d'un premier amour, pas encore adolescent ni sexué. Entre eux, l'attirance est là certes mais elle est surtout la marque d'une grande solitude, d'un besoin pressant de reconnaissance. Âgés seulement de douze ans, Sam et Suzy souffrent ainsi d'un mal typiquement andersonien, une mélancolie précoce tels les rejetons de la Famille Tenenbaum. Il est grand temps de fuir une existence qui ne leur convient déjà plus.

Pour son nouveau film, Wes Anderson en appelle aussi bien au conte initiatique qu'à la littérature jeunesse. Comme si tout d'un coup, Holden Caulfield, l'adolescent fugueur de J.D. Salinger dans l'Attrape-coeurs rencontrait la Wendy de James M. Barry et se réfugiaient tous deux sur l'île des enfants perdus. A l'exception que chez le cinéaste, au pays imaginaire, ce sont les adultes les enfants et les enfants les adultes. Pourquoi, sous prétexte que l'on a douze ans, ne pourrait-on pas vivre des histoires comme les grands ? Moonrise Kingdom rejoue ainsi la fuite des amants maudits à hauteur d'enfants dans un film d'aventure sous xanax. A la manière de Sa majesté des mouches ou Max et les Maximonstres, il y filme dès lors la violence du monde de l'enfance où les bâtons ne seraient pas uniquement de bois mais entourés de clous. Faisant brutalement surgir le rouge écarlate du sang au sein d'un film à la tonalité jaune.

Si on pleure devant Moonrise Kingdom face à la clairvoyance de ces petits êtres, on rit aussi par cette façon singulière qu'a Wes Anderson de désamorcer une situation par l'utilisation du gag en hors champ, donnant un recul nécessaire à l'intrigue et un sentiment de douce absurdité. Car, au fond, si tout cela n'était juste que le calme avant la tempête, la vraie, celle qui menace les côtes de l'île ? A la manière de Shutter Island, le film distille ainsi peu à peu une étrange atmosphère de fin du monde où les manifestations météorologiques seraient le reflet des humeurs des personnages. Et d'installer une tension toujours plus palpable jusque dans son bouleversant climax.

Si le cinéma de Wes Anderson n'évolue guère sur la forme (l'utilisation quasi mécanique de travellings), le réalisateur gagne ici en intensité et livre un de ses films les plus tourmentés. L'un des plus beaux, aussi. Un savant cocktail de savoir-faire, à commencer par un casting au diapason et une magnifique bande originale signée Alexandre Desplat. La palme du cœur.



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Nicolas Thys :

Star Rating 10
Même le générique de fin est parfait !

Simon Riaux :

Star Rating 9
Le meilleur Wes Anderson à ce jour est un poème gorgé du romantisme des origines, d’une maîtrise formelle et d’une liberté de ton miraculeuses.

Melissa Blanco :

Star Rating 9

Stéphane Argentin :

Star Rating 8
Une histoire aussi drôle que touchante où se succèdent les situations les plus insolites. Le meilleur Wes Anderson à date.

Laure Beaudonnet :

Star Rating 8
De film en film, Wes Anderson précise son univers décalé, porté par une mise en scène brillante. Moonrise Kingdom est la synthèse parfaite de ses œuvres précédentes.

Sandy Gillet :

Star Rating 8
L’univers de Wes Anderson ramené à hauteur d’enfants pour parler à nouveau de la famille et d’un monde que l’on rejette déjà. C’est magnifique, sensuellement décalé, profondément touchant, subtilement drôle et à la poésie visuelle tout simplement rare.

Laurent Pécha :

Star Rating 7
Le petit plaisir éphémère dans l’univers poétique singulier de Wes Anderson. Sa dernière cuvée est un bon cru mais pas son meilleur qui se situe toujours en Inde ou au fond de l’eau.

Patrick Antona :

Star Rating 6
Wes Anderson bégaie un peu ses thèmes favoris dans cette sucrerie certes inoffensive mais qui marque le pas sur de nombreux plans. Les comédiens, même si certains sont sous-exploités, n’en demeurent pas moins un atout indéniable et contribuent au charme de l’ensemble.

Didier Verdurand :

Star Rating 5
Du cinoche bobo-snob plus ou moins inspiré. Heureusement qu’Anderson n’a pas réalisé Stand by me…


FinnegansWake22/09/2012 11:51 par FinnegansWake

Il y a justement tellement de distance entre les personnages et le réalisateur/spectateur qu’on ne ressent rien pour eux. Enfin c’est mon cas. Je sais que ça touche pas mal de monde. Mais alors les films que tu cites m’ont laissé de marbre, à part deux-trois moments dans la famille Tennebaums. Après [...] LIRE LA SUITE
tenia22/09/2012 11:43 par tenia

Mais c’est nettement plus humain, un peu moins glacé et distancié. Autant je peux comprendre le côté distancié (précieux, plus précisément, je trouve), autant j’ai du mal à voir comment on ne peut pas trouver Rushmore, Les Tenenbaums ou Le Darjeeling Limited profondément humains. LIRE LA SUITE
FinnegansWake22/09/2012 10:40 par FinnegansWake

Vous ne pouvez pas savoir comme ça me fait mal au fondement de l’écrire mais j’ai trouvé ça vraiment bien. :D Son meilleur film avec Fantastic Mr Fox. Qui prouve d’ailleurs qu’Anderson a toujours été fait pour les films pour mômes. Il y a toujours un peu les mêmes problèmes : le [...] LIRE LA SUITE

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