Et soudain tout le monde me manque

Et soudain tout le monde me manque

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08 juil. 2012 Par bEUDinet Star Rating 2

 

La petite originalité de Jennifer Devoldère n'était pas passée inaperçue au moment de la sortie de son premier long métrage, "Jusqu'à toi", comédie romantique un petit moins sirupeuse et optimiste que les autres qui détonnait dans son premier tiers avant de retrouver le "droit" chemin de la production anecdotique.
Reprenant donc trait pour trait pour "Et soudain tout le monde me manque" le personnage qu’incarnait Mélanie Laurent dans son précédent opus, la réalisatrice a la mauvaise idée de lui adjoindre le clone du personnage du père dans le récent "Une petite zone de turbulences" : même angoisse existentielle, même égocentricité, même handicap social et même acteur donc, Michel Blanc.

Dans cette profusion de sous intrigues et d'idées "rigolotes" que Devoldère ne semble absolument pas maîtriser, les acteurs se morfondent en effet dans la caricature qu'ils incarnent de plus en plus: Mélanie Laurent, depuis son fiasco tarantinien, tente de retrouver les bases de son jeu tout en coolitude qui l'a popularisé, et Michel Blanc, fâché de ne plus pouvoir réaliser de film, retrouve sa panoplie de maladroit dussien qui l'a rendu célèbre il y a plus de vingt ans. Quant à Géraldine Nakache, elle exploite sa récente célébrité pour ne faire que passer. Dans ce marasme, ceux qui s'en sortent finalement le mieux (ou plutôt le moins mal), ce sont finalement la solide Florence Loiret Caille et l’étonnant Manu Payet (tout en sobriété!).

Festival de placement de produit, scénario débitant de la connerie au kilomètre (radiographier son amoureux sans le prévenir que l'on est en train de l'irradier comme à Fukushima), incroyable collection de clichés parisiens, tout n'est que publicité dans ce spot géant: la vie, ce sont des jolies phrases qu'on débite au bon moment tel des slogans, ce sont des rencontres devant des vitrines de magasin, c'est l'achat de sandales moches mais "confortables", ce son des débats métaphysiques autour de la raison de marquer le nom de son propriétaire sur le gobelet d'un café de toute façon dégueulasse.

La niaiserie indicible du long-métrage se révèle particulièrement criante lorsque les non-dits du père envers sa fille se matérialisent à travers des cartes postales (comme par hasard, encore des clichés), jamais envoyées et lors de la pirouette de la naissance finale qui remet au goût du jour le célèbre slogan "Un volcan s'éteint, un être s'éveille".

Jennifer Dévoldère ou la cinéaste restée scotchée devant un tunnel de publicité made in TF1.


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Stéphane Argentin :

Star Rating 6
Les bons mots font mouche de bout en bout mais il faut en revanche attendre la toute fin pour être ému (le plan final est somptueux).

Laurent Pécha :

Star Rating 5
Une déception après l’excellent Jusqu’à toi. Question de dosage et de point de vue : à force de soigner les seconds rôles, le danger, c’est de rendre son personnage principal moins attrayant !

Simon Riaux :

Star Rating 5
Pourquoi donner une telle importance au personnage mal dégrossi et narcissique d’une Mélanie Laurent toute en molesse, quand les autres caractères, Michel Blanc et Manu Payet en tête, sont si réussis ?

Patrick Antona :

Star Rating 4


La Rédaction14/05/2010 08:10 par La Rédaction

Et soudain tout le monde me manque

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