L'Espion qui m'aimait

Spy who loved me (The)

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15 nov. 2006 Par Ilan Ferry Star Rating 8

 

À l'heure où l'interprétation carnassière de Daniel Craig dans Casino Royale fait quasiment l'unanimité au sein de la critique (et, espérons le, du public) un petit retour en arrière s'impose. Après neuf missions et un mariage à l'issue dramatique, le plus british des agents secrets revient pour la troisième fois sous les traits de Roger Moore en 1977 dans L'Espion qui m'aimait. Gadgets, scènes d'action trépidantes et surtout James Bond girls affolantes (dont la digne représentante de cet opus n'est autre que la magnifique Barbara Bach tout simplement incendiaire en alter ego russe de Bond) tous les ingrédients qui ont fait la renommé de la célèbre saga créée par Ian Fleming se trouvent formidablement bien exploités dans cette nouvelle aventure. Alors que l'ombre de la Guerre Froide planait dangereusement sur Bons baisers de Russie, L'Espion qui m'aimait prône l'alliance face à l'adversité via un duo de choc inédit. L'occasion pour Bond de livrer sa vision somme toute personnelle de la détente anglo-russe.


Bond ne serait pas Bond sans des méchants à la hauteur de son aura cinéphilique : face à lui Karl Stromberg, pendant sadique et mégalo du commandant Cousteau avec des idées de conquête du monde plein la tête, interprété avec une efficacité redoutable par le terrifiant Curd Jürgens. Cependant, tout génie sanguinaire qu'il soit le bad guy à la sauce Bond se doit d'être entouré d'hommes de mains prompts à donner toujours plus de fil à retordre à notre agent secret préféré. C'est là qu'entre en scène l'un des seconds couteaux les plus célèbres de la saga : le bien nommé Requin auquel l'imposant Richard Kiel offre ses très larges épaules. Tueur sanguinaire et increvable, le mastodonte se révèle l'un des adversaires les plus redoutables de Bond à un point tel qu'on le verra sévir à nouveau dans Moonraker avant de rencontrer le grand amour dans l'espace. Figure bondienne par excellence, Requin mérite amplement sa place au panthéon des plus terribles hommes de mains ayant traversé la mythologie Bond, au sein duquel Oddjob (Goldfinger) ou encore Tric Trac (L'Homme au pistolet d'or) ont été immédiatement propulsés en l'espace d'un film. À noter enfin que l'acteur retrouvera Barbara Bach deux ans plus tard dans L'humanoïde nanar de SF italien post-Star Wars.


Plus qu'un film d'espionnage aux scènes d'action spectaculaires, L'Espion qui m'aimait marque une étape importante dans la mythologie Bond en assumant pleinement son côté rocambolesque, un changement doucement opéré dans les films précédents et qui trouve ici son point d'orgue lors d'une scène aquatique où la voiture de Bond se transforme en sous-marin. De fait, si les vannes fusent avec une décontraction propre à son interprète, elles restent en parfaite harmonie avec l'ensemble et le temps de la réplique qui tue période Vivre et laisser mourir (où Bond arrache le bras mécanique de son adversaire dans un train en lançant à sa dulcinée qu'elle est si belle que les bras lui en tombent !) paraît bien lointain.


À l'aube de ses trente printemps, L'Espion qui m'aimait montre qu'il n'a pas pris une ride et demeure le meilleur James Bond interprété par Roger Moore dont le flegme n'était pas encore annihilé par le temps et des suites peu enthousiasmantes malgré leurs potentiels (comme en témoigne les molassons Moonraker et Dangereusement Votre) et que ne compensèrent qu'à moitié les efforts d'un Moore fatigué. S'il fallait vraiment retenir un aspect du film c'est bien son côté décomplexé et les charmes de la troublante Barbara Bach. Comme dirait Stromberg : Detent indeed !



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La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

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