Minuit à Paris

Midnight in Paris




11 mai. 2011 Par Simon Riaux Star Rating 8

 

Avant même que quiconque l'ait vu, ce nouveau Woody Allen aura fait couler des litres d'encre. Casting international prestigieux, participation de la première dame de France, rumeur d'éviction de cette dernière, présence ou non de l'intéressée sur la Croisette... Et le film dans tout cela ? On l'aurait presque oublié, alors que le visionnage balaie en quelques instants toutes ces interrogations triviales, pour laisser place à rien moins qu'un doux ravissement.

Gil Pender aurait tout pour être heureux, c'est du moins ce que sa raison et une future épouse lui assènent à longueur de temps. Mais un voyage pré-nuptial à Paris va tout d'un coup raviver la nostalgie et l'émerveillement qui sommeillaient en cet américain bien tranquille. Ceux que les premières images du film avaient inquiétés par leur aspect carte postale avec bande son jazzy (la clarinette de Woody ?) seront rapidement rassurés. Il suffit au réalisateur de quelques plans d'introduction des hauts lieux de la capitale pour désamorcer cette crainte. Loin de s'installer en réalisateur-touriste, Allen met Paris en image avec un subtil mélange de révérence, de sincère dérision, et de connivence bienvenue avec le spectateur.

Cette imbrication de tons, de sentiments, fait tout le sel du film. À mesure que Gil se confronte à son fantasme d'un âge d'or (la belle époque des années 20), et réactive les fantômes du passé, il nous embarque dans un tourbillon où s'entrechoquent les mémoires et les espoirs de plusieurs générations. Le suivre, taillant le bout de gras avec Dali, Hemingway, ou encore Scott Fitzgerald amuse tout d'abord, mais c'est aussi à ce moment que le film révèle ses délicates subtilités. Le metteur en scène ne se contente pas de donner corps aux plus illustres artistes ayant habité Paris, il en offre un portrait qui passe allègrement de la caricature, à la personnification émouvante, sans oublier les joies du paradoxe temporel. Voir Gil souffler à un Bunuel dubitatif quelques précautions de rasage surréalistes façon Un Chien Andalou ou deux, trois suggestions scénaristiques préambules à L'Ange exterminateur sont l'une des multiples friandises dont Allen (scénariste) nous délecte en permanence.

La magie n'opérerait pas sans une troupe de comédiens aussi élégants qu'habilement employés. Si Adrien Brody en Dali halluciné vaut son pesant d'or, les « guest historiques » existent véritablement grâce à la partition drôle, efficace sans que le trait ne soit abusivement forcé, des contemporains de Gil. Qu'il s'agisse de Rachel MacAdams, délicieusement détestable, ou encore de Michael Sheen, précis de pédanterie forcenée à lui tout seul, la distribution est une intégrale réussite, qui met parfaitement en valeur un Owen Wilson qui n'en finit pas de prendre de l'ampleur (mais quid de Cotillard mister Simon ? / NDLR).

Minuit à Paris est peut-être un excellent Woody Allen en cela qu'il avance masqué, et pourrait passer de prime abord pour l'une des gentilles comédies dont nous a (trop ?) souvent gratifié l'auteur ces dernières années. Enfin, le plus grand signe de sa réussite vient peut-être du fait qu'il ravira en premier lieu non pas les amoureux de la capitale, mais ceux qui désespéraient de la voir un jour les charmer.



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Simon Riaux :

Star Rating 8
Sous couvert de réaliser une gentille comédie carte postale, Woody Allen ravit avec cette fable, tour à tour lumineuse et nostalgique, rafraîchissante de sincère candeur.

Patrick Antona :

Star Rating 6
Cette gentille rêverie pour millionnaire américain a quelques côtés agaçants, mais c’est Owen Wilson, nouvel avatar surprenant de Woody Allen, qui sauve la mise ainsi que quelques caméos bien senties dont celle d’Adrian Brody.

Laurent Pécha :

Star Rating 6
Paris redonne de l’inspiration au cinéma de Woody… mais en mode mineur !

Stéphane Argentin :

Star Rating 6
Tout en s’interrogeant sur le thème du “c’était mieux avant”, Woody Allen rend un hommage plaisant au Paname culturel des années 1920.

Didier Verdurand :

Star Rating 5
Replaçons les choses dans leur contexte : le scénario de Minuit à Paris est juste médiocre à côté de celui de Manhattan, mais reste dans la moyenne de ce que fait Woody depuis trop d’années. On appréciera quand même le super boulot de Darius Khondji, et Owen Wilson, très à l’aise.

Sandy Gillet :

Star Rating 5
C’est pas tant la capitale fantasmée par Woody qui gêne mais plus une histoire où l’on sent le potentiel extraordinaire et féérique qui au final accouche d’une petite grisaille bien parisienne. Quant à Carla on va la laisser pouponner !

Tonton BDM :

Star Rating 4
Comme Tim Burton avant lui, Woody Allen semble avoir pris la cynique décision de faire exactement ce qu’on attend de lui. Paresseux, prévisible et horripilant.


JIPI06/07/2011 15:30 par JIPI

Midnight in Paris Woody Allen

Midnight in Paris est une agréable comédie pleine de fantaisie et de nostalgie sur un mal de vivre intemporel poussant certaines ressources ayant des difficultés à se réaliser dans leurs époques à s’enfuir de leurs présents afin d’acquérir dans le passé une personnalité manquante au contact de célébrités cocasses et [...] LIRE LA SUITE
dodeskaden04/06/2011 14:08 par dodeskaden

Bon film amusant, ce qu’il me faut en ce moment 7/10 LIRE LA SUITE
Calamity30/05/2011 22:30 par Calamity

Rien à battre […] des clins d’oeil de connivence appuyés sur les mouvements artistiques des années 20 Pas moi, car c’est fait avec drôlerie… Franchement, le valium à Zelda Fitzgerald avec une réplique typiquement à la Woody Allen, je ne résiste pas. LIRE LA SUITE

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