Nos voisins, les hommes

Over the hedge

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31 juil. 2006 Par snake master Star Rating 6

 

Dreamworks n'est clairement pas du niveau de Pixar. Shrek 1 et 2 (la suite étant meilleure que l'original), Gangs de Requins, Fourmiz ou Madagascar; c'est sympa, mais à coté des monuments que sont Cars, Toy Story 2 ou des très bons Toy Story, Monstres & Co., Le Monde de Nemo ou 1001 Pattes; Dreamworks accuse un retard de trois. Un retard d'autant plus grand que les deux studios ont tendances à se copier: 1001 Pattes et Fourmiz, Le Monde de Nemoet Gangs de Requins... Qui fait quoi on ne sait pas vraiment; mais Dreamworks est encore en retard par rapport aux dates de sorties. Alors pour une fois la branche d'animation du studio de Spielberg (ou l'inverse) à décidée de lancer un sujet différent de Pixar: alors que ce dernier raconte le voyage initiaque d'une voiture en plein désert américain; Over the hedge (titre américain bien plus représentatif signifiant littéralement "Par-dessus la haie") raconte les déboires d'une bande d'animaux qui essayent de sauver leur coin de paradis de la puissance humaine qui veut détruire les bois avoisinant pour construire de nouveaux bâtiments. Vous l'avez compris, le film se veut une dénonciation de la mondialisation qui détruit les forêts et chassent les animaux de cette dernière. Alors qu'en est-il? Brûlot engagé ou dessin animé simpliste?


Et bien c'est entre les deux. Le but principal du film n'est pas de tirer à boulets rouges sur l'américanisation et ses conséquences (ce n'est pas du Micheal Moore tout de même) mais bien avant tout de faire passer un message écologique important et bienvenu dans un film pour enfants. Ce message s'adresse autant aux futurs adultes et responsables de cette Terre qu'aux adultes actuellement responsables de cette planète. Mais le message est passé de façon tellement fine que les enfants ne le remarqueront pas pendant le film. Aucune moralisation donc, et c'est tant mieux. Aucune scène ne l'explique explicitement et c'est pour ça qu'il est aussi efficace et que, en partie tout du moins, les critiques (très bonnes dans l'ensemble) l'ont autant appréciées (je parle autant du film que du message qu'il véhicule). Mais n'oublions pas qu'un bon film d'animation, c'est une combinaison entre fun et qualité de l'animation. Et là-dessus Dreamworks réalise leur meilleur coup.


Coté fun d'abord. Le film est bourré d'idées et passe à une vitesse vertigineuse. Certes il ne dure qu'une heure vingt ; mais il en paraît duré 20 minutes. Après vérification ; j'ai remarqué que c'est véritablement l'une des grandes forces de ce studio d'animation 3D : nous divertir et ne jamais nous ennuyer. Et les personnages sont cette fois véritablement exploités : Riton, un raton laveur voleur mais très malin, se sert (pour rembourser « une dette » qu'il doit à Vincent, un ours méchant et pas content de s'être fait arnaquer) de la bande de Verne, une tortue jalouse et méfiante de cet intrus qui surgit soudain ; afin de passer de l'autre coté de la haie (une barrière séparant les animaux d'un quartier chic des Etats-Unis) où de la nourriture les attendent et leur permettrait de survivre pour l'hiver. Chaque personnage est donc bien utilisé et à son rôle bien précis dans l'aventure. De l'écureuil complètement barré (directement sorti de Tex Avery) à l'oppossum qui imite le mort comme personne ; chaque talent des personnages nous est révélé au fil de l'aventure et contribue amplement au plaisir général que procure le film. Même si on n'éclate pas forcément de rire, on fait en tout cas un grand sourire à (quasiment) chaque gag. Preuve supplémentaire du plaisir intense que procure cet aphrodisiaque animé.


Autre très bon point notable : Dreamworks évite pour une fois les références cinéphiliques qui rendaient ses précédentes productions trop « assemblages de scènes sans véritable fil conducteur ». Même si ces clins d'œil étaient toujours un plaisir pour le cinéphile averti (bien que même la masse pouvait reconnaître chaque film parodié), ils étaient au final véritablement inutiles. Ici c'est l'histoire et les leçons que Riton et Verne apprendront à connaître (le respect de l'amitié, la gentillesse des gens simples, le mensonge jamais bon…) aux cours d'une heure vingt mouvementé. A noter les 25 dernières minutes qui sont véritablement un pur joyau de rythme et d'animation en 3D. Coté fun, c'est donc le plus réussis de tout les dreamworks, même si le dénouement convenu et certains gags guères efficaces freinent un peu le plaisir. Là-dessus, le film résiste bien face au monstre qu'est Cars.


Coté Animation maintenant. Là aussi, très dur de passer après le plus beau dessin animé en 3D jamais fait sorti il y a quelques mois (Cars pour les incultes). Mais encore une fois Dreamworks résiste bien en proposant un style bien à eux mais terriblement efficace. Finis les personnages carrés de Madagascar (l'un de ses plus gros défauts) ou l'animation moyennement convaincante de Gangs de Requins (passé lui aussi après une autre claque visuelle en 3D, Le monde de Nemo) ; Over The Hedge propose une technique qu'il lui est propre, se rapprochant plus d'un cartoon à la Bugs Bunny. Les personnages ne sont réellement pas statiques et les détails comme les poils sur la peau sont vraiment bluffants. Les décors aussi, qui sont plutôt jolis dans l'ensemble et permettent surtout une interaction avec les personnages originale : les haies de bois et de verdure explosent devant nos yeux avec un simplicité déconcertante ; les maisons font vrais mais tout en gardant une architecture typique « animée »… Les mouvements de caméra pendant une action aussi contribue à l'efficacité de l'animation qui ne se veut pas réaliste mais bien cartoonesque. Petite parenthèse aussi sur les doublages. Je ne peux que conseillé de le voir en V.O (conseil qui s'applique surtout aux films dits « normaux ») ; même si le doublage français n'est pas mauvais. Cornillac excelle pour donner vie au raton Riton, lui insufflant charisme et classe. Gerra quant à lui est je pense le moins bon. Il est en effet un peu mou dans les scènes mouvementées alors qu'un peu de punch aurait été préférable.


Au final Nos voisins, les hommes s'avère être un excellent divertissement pour la famille, qui ravira les plus petits pour ses gags franchement réussis, qui divertira les plus grands pour ses nombreux messages bienvenus et qui réconciliera les deux de par son animation sans faille. Difficile de passer après le chef d'œuvre qu'est Cars. Pourtant, Dreamworks l'a fait avec talent et inventivité ; en proposant quelque chose de divertissant et de différent. Pari réussi.



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La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

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