Lost Highway

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28 juin. 2007 Par The Dreaming Star Rating 10

 

Les vieux réflexes ont la peau dure, mais David Lynch leur mène la vie dure !
Le spectateur aime à déchiffrer clairement ce qu'il voit, expliquer tout par A + B, bref : rationaliser. Mais face à un film comme "Lost Highway", rationaliser relève de la mission impossible. Ce film est un objet refermé sur lui-même (les dernières images ramènent en effet directement aux premières) : en tant que tel, il n'appelle donc pas vraiment d'explications, qui seraient par définition superflues.

Grand manipulateur devant l'éternel, Lynch connaît comme personne l'art et la manière de créer une pression, la faire monter, durer... qu'elle débouche ou pas sur quelque chose est tout à fait secondaire : ce qui importe au cinéaste, c'est les sensations qu'il parvient à susciter. Ainsi, le spectateur est placé dans un état de tension permanente. On sent qu'il y a un danger, on ne sait pas lequel, on ne sait pas où, mais on sent qu'il est là. On le sent. Tout est là.

Déjà, dans "Twin Peaks : fire walk with me" (1992), on sentait le bizarre à l'oeuvre, l'étrange au travail, le mystère au boulot. Mais le film avait une sorte de foisonnement dans sa forme, aidé en cela par le souvenir de la série qui l'avait précédé (souvenir réel ou fantasmé, d'ailleurs, car peu importait qu'on ait vu ou pas la série).

Avec "Lost Highway", c'est différent : sa rigueur formelle très impressionnante saute aux yeux dès les premières secondes. Peut-être même que les vingt premières minutes de "Lost Highway" sont ce que David Lynch a fait de plus beau.
On suit ensuite les cheminements (au pluriel, forcément !) intérieurs des personnages, leurs fantasmes et leur folie. C'est un dédale infini qui ouvre de nombreuses perspectives (malgré sa forme "fermée").

Sans doute que le choc que procure "Lost Highway" est dû (entre autre, bien sûr) au télescopage entre une forme (fondamentalement abstraite) et un fond (disons, pour aller vite, qu'il s'agit d'un "drame de la jalousie") que tout sépare et qui pourtant s'unissent sous nos yeux, ô combien merveilleusement, pour aboutir à ce résultat unique et fascinant.
Il faut donc, une bonne fois pour toutes, abandonner toute idée de vouloir "comprendre" (au sens traditionnel du terme) un film comme "Lost Highway" : ce film est une oeuvre d'art et, en tant que telle, il n'y a qu'à la regarder, l'observer et, éventuellement, l'aimer.


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La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

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