127 heures

127 hours




11 fév. 2011 Par Simon Riaux Star Rating 5

 

Après des films aussi différents que Petits meurtres entre amis, 28 jours plus tard, Sunshine ou Slumdog Milionaire, c'est peu dire qu'on attendait le nouveau Danny Boyle. D'autant plus que le sujet de 127 heures semblait un défi à la hauteur du metteur en scène. Raconter la lutte pour survivre d'un homme seul, coincé par un rocher dans une cavité perdue au fond d'un canyon. Si l'on retrouve par intermittence la patte de ce réalisateur hors normes, le film ne tient hélas pas ses promesses.

Le film est pourtant virtuose dès son ouverture. Une flopée de plans étonnants, alternant pellicule et numérique, s'enchaînent selon un montage syncopé en parfait accord avec un travail sonore rigoureux. Dès les premières minutes, Boyle nous immerge dans son récit sans scories ni présentation superflues. Malgré une maîtrise évidente de toute la palette de ses ressources techniques, les défauts du films sont déjà presque tous présents dans cette ouverture survitaminée. La caméra tournoie autour de l'action, s'y précipite, s'envole avec une aisance impressionnante, mais tout cela évoque rapidement une démo technique et non un schéma narratif. James Franco est impeccable, comme à son habitude, mais le malheureux n'a pas grand chose à se mettre sous la dent.

Raconter un huis-clos sur la survie d'un personnage unique, quand ce dernier se retrouve piégé après moins d'un quart d'heure de métrage, alors que son seul contact avec le monde extérieur est un message téléphonique et une brève rencontre avec deux jeunes filles, c'est plus que maigre. Comment s'identifier à un homme dont ne nous connaissons strictement rien ? Si Boyle refuse d'être démonstratif, il refuse également de nous donner les clefs psychologiques indispensables pour provoquer notre empathie. Et ce ne sont pas les quelques flash-back, pas toujours bien amenés qui y peuvent quelque chose. Ceux consacrés à Clémence Poésy sont emblématiques de cette carence : Boyle tente d'y faire naître l'émotion en quelques plans (certes magnifiquement photographiés et découpés) qui ne sont jamais contextualisés ni remis en perspective. Signalons d'ailleurs l'usage à la limite du terrorisme qui est fait de « Ça plane pour moi » de Plastic Bertrand (sic), et que la barrière de la langue ne saurait excuser.

Reste que Danny Boyle est tout sauf un manchot, si son film est écrasé par ses intentions et son concept, il n'en demeure pas moins émaillé de séquences très réussies, atmosphériques, parfois d'une intelligence qui rend rageur à la vue de l'ensemble. Ainsi sa mise en scène prend tout son essor dès que le personnage de James Franco n'est pas coincé dans son ravin (l'introduction, la dernière bobine, et quelques séquences d'hallucinations). Le travail du son est également remarquable, et décuple l'impact de certains passages (l'orage, la mutilation).

127 heures était un sacré challenge, ce ne sera finalement qu'un film de transition. Danny Boyle semble y expérimenter pléthore de techniques et d'idées, mais elles ne prennent jamais corps et parasitent un sujet qui appelait peut-être plus de simplicité. Quitte à voir un quidam se battre pour survivre, préférez-lui Buried, film plus roublard, mais dont l'humilité et la cohérence forcent le respect.



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Didier Verdurand :

Star Rating 9
Le faiseur d’images Danny Boyle trouve ici une occasion rêvée pour s’éclater avec un James Franco au meilleur de sa forme. Le trip est communicatif, et le spectateur peut s’attendre à vivre une belle gamme d’émotions.

Stéphane Argentin :

Star Rating 8
Au delà du survival (accrochez-vous pour la scène finale !), Boyle nous livre une nouvelle fois de multiples tranches de vie pleines d’émotions tout en opposant la vanité à l’immensité de Dame Nature. Puissant !

Tonton BDM :

Star Rating 7
Puissant et immersif, avec 127 idées de mise en scène à la seconde et des séquences qui se révéleront aussi éprouvantes qu’inoubliables.

Louisa Amara :

Star Rating 7
Un James Franco qui porte le film à bout de bras (joke inside). De la tension certes, mais un survival movie avec un héros seul face à la nature a ses limites. 127 heures c’est long en fait, et oui on compte “chaque seconde”

Sandy Gillet :

Star Rating 7
Une histoire “bigger than life” portée par le talent de James Franco et la mise en scène que l’on ne présente plus signée Danny Boyle.

Simon Riaux :

Star Rating 5
Au lieu d’une aventure humaine bouleversante, on a droit à une coquille vide, virtuose, mais vide.

Laurent Pécha :

Star Rating 4
Ça plane pas du tout au royaume du faiseur Boyle. 127 heures rate tout ce que Buried était parvenu à faire. Reste que James Franco est un super acteur et qu’il sauve un peu le film !


yak.chav16/02/2012 18:54 par yak.chav

James Franco assure bien

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Julio Lopez01/04/2011 11:45 par Julio Lopez

et pitié, qu’il baisse le volume de la musique, parce qu’on aimerait bien regarder les beaux paysages de l’Utah sans avoir à se boucher les oreilles Autre solution : demande au projectionniste de le faire :babel: LIRE LA SUITE
dehaas8401/04/2011 10:07 par dehaas84

C’est pas désagréable, mais concrètement, c’est un non film. C’est pas vilain, c’est juste inutile. Je suis bien d’accord, c’est complètement vain, ce qui n’empêche pas le film d’être plutôt agréable à regarder par ailleurs. Et James Franco de signer une belle performance. Si Boyle pouvait juste arrêter avec la pub à l’écran, [...] LIRE LA SUITE

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