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Critique
Woody Allen évolue depuis, grossièrement, Annie Hall sur un équilibre perpétuel, quelque part entre drame et comédie, intimisme et résurgence d’un passé d’auteur de sketchs.
La critique a souvent vu Allen l’auteur incarné en son personnage.
Le cinéaste new yorkais n’a jamais caché le lien ténu entre sa vie et son oeuvre, et s’amuse plutôt de l’évocation de cette zone embrumée.
Si la notion de « film personnel » s’applique à chaque opus Allenien, aucun autre film ne pousse la démarche aussi loin que Deconstructing Harry.
Sorti en 1998, soit après sa grande crise personnelle liée à sa rupture avec Mia Farrow, Harry dans tous ses états marque une rupture de ton très nette avec le reste de sa filmographie.
Woody parle pipe, alcool, anti dépresseurs, et se fout traiter de motherfucker à tout va.
Dans ce rôle quasiment taillé pour un Denis Leary, Allen évoque avec virulence les affres du statut d’auteur.
La fiction se nourrit de la vie, et la vie renaît de la fiction. Pour son entourage, toutefois, il n’est qu’un vampire, égoiste, prêt à exploiter le malheur de ses proches pour assouvir son art.
Le titre est révélateur.
On déconstruit Woody, sur un mode psychanalytique.
L’icône new yorkaise, l’auteur drôle, touchant, fragile et manquant d’assurance est enfin, après moultes apparitions à l’écran, largement relativisé.
Le discours ne change guère.
Allen charge les mères juives, les psys, les faux amis et les nymphettes qui l’idéalisent.
On perçoit le même regard sur la vacuité de l’existence, le cynisme drôlissime.
Mais le ton est différent.
Comme si la dépression gagnait l’écran.
Allen réalise une comédie noire, virulente, agressive, désabusée.
Il en reviendra. Il se refera plus léger mais confirmera aussi par ailleurs sa vision dramatique du monde.
Deconstructing Harry restera toutefois un jalon important dans la carrière du cinéaste.
En premier lieu pour l’approche de son personnage, mais également pour le caractère synthétique du film.
Harry est un drame, une comédie bien sûr, mais il reprend presque la formule du film à sketchs des débuts, notamment dans la scène de l’enfer.
Chaque genre implique une mécanique différente, une approche particulière.
Pourtant, Allen parvient à un degré de maîtrise qui lui permet de passer habilement de l’un à l’autre en quelques instants, ce tout en jonglant avec une impressionnante distribution.
Certains reprochent fréquemment au grand cinéaste de se reposer sur ses acquis, de revisiter perpétuellement ses figures.
Deconstructing Harry contentera ceux qui cherchent dans l’oeuvre de Woody Allen un film résolument viscéral.
La critique a souvent vu Allen l’auteur incarné en son personnage.
Le cinéaste new yorkais n’a jamais caché le lien ténu entre sa vie et son oeuvre, et s’amuse plutôt de l’évocation de cette zone embrumée.
Si la notion de « film personnel » s’applique à chaque opus Allenien, aucun autre film ne pousse la démarche aussi loin que Deconstructing Harry.
Sorti en 1998, soit après sa grande crise personnelle liée à sa rupture avec Mia Farrow, Harry dans tous ses états marque une rupture de ton très nette avec le reste de sa filmographie.
Woody parle pipe, alcool, anti dépresseurs, et se fout traiter de motherfucker à tout va.
Dans ce rôle quasiment taillé pour un Denis Leary, Allen évoque avec virulence les affres du statut d’auteur.
La fiction se nourrit de la vie, et la vie renaît de la fiction. Pour son entourage, toutefois, il n’est qu’un vampire, égoiste, prêt à exploiter le malheur de ses proches pour assouvir son art.
Le titre est révélateur.
On déconstruit Woody, sur un mode psychanalytique.
L’icône new yorkaise, l’auteur drôle, touchant, fragile et manquant d’assurance est enfin, après moultes apparitions à l’écran, largement relativisé.
Le discours ne change guère.
Allen charge les mères juives, les psys, les faux amis et les nymphettes qui l’idéalisent.
On perçoit le même regard sur la vacuité de l’existence, le cynisme drôlissime.
Mais le ton est différent.
Comme si la dépression gagnait l’écran.
Allen réalise une comédie noire, virulente, agressive, désabusée.
Il en reviendra. Il se refera plus léger mais confirmera aussi par ailleurs sa vision dramatique du monde.
Deconstructing Harry restera toutefois un jalon important dans la carrière du cinéaste.
En premier lieu pour l’approche de son personnage, mais également pour le caractère synthétique du film.
Harry est un drame, une comédie bien sûr, mais il reprend presque la formule du film à sketchs des débuts, notamment dans la scène de l’enfer.
Chaque genre implique une mécanique différente, une approche particulière.
Pourtant, Allen parvient à un degré de maîtrise qui lui permet de passer habilement de l’un à l’autre en quelques instants, ce tout en jonglant avec une impressionnante distribution.
Certains reprochent fréquemment au grand cinéaste de se reposer sur ses acquis, de revisiter perpétuellement ses figures.
Deconstructing Harry contentera ceux qui cherchent dans l’oeuvre de Woody Allen un film résolument viscéral.
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