Les voies de la
traduction d'un titre de film en France sont décidément impénétrables. Un Cowboys & Aliens se
transforme donc chez nous en un Cowboys
& envahisseurs décidément plus évocateur (sic). À se demander si
les têtes chercheuses du département marketing chez Paramount France ont craint
la confusion avec au hasard la saga moribonde Alien Vs Predator (sauf pour notre F. Moury national qui la
préfère à 2001 de Kubrick. Une thèse à découvrir ici). Difficile au demeurant
de leur donner tort tant le principe scénaristique reste intrinsèquement le
même et il est vieux comme le monde : mélanger deux univers, deux genres,
deux concepts de cinéma pour les opposer au sein d'un film et voire ce que cela
donne. Maciste a bien affronté Zorro, Freddy le pauvre Jason, Hercule les
vampires, Les Charlots Dracula, King Kong Godzilla et De Funès a bien fait
goûter de la soupe aux choux à Villeret... Mais je m'égare.
Paramount France a
donc à l'évidence, voulu se démarquer de ces illustres modèles précités de peur
certainement que le film de Jon Favreau ne soit catalogué d'entrée de jeu « comédie des ZAZ » (du trio Jim Abrahams, David Zucker, Jerry Zucker,
scénaristes et réalisateurs par exemple de
Y
a-t-il un pilote dans l'avion ?). Le mot envahisseur rappelant alors
Rencontre du troisième type
ou... David Vincent. Bon vous allez me dire que tout ça c'est top mais le
film il vaut quoi parce que deux paragraphes à discourir sur le titre, t'es
gentil mais... Soit. En fait c'est un pari à la rédac où l'on demande une fois l'an
à chaque critique de faire un texte façon bloggeur boutonneux qui se croit
drôle avec ses vannes pourries, et pertinent avec ses références de films
déviants que personne n'a vu. Et si vous m'avez lu jusqu'ici et bien c'est que
j'ai gagné...
Ah et sinon Cowboys & envahisseurs est un
bon blockbuster estival (pléonasme detected) respectant au micron près les
codes des deux genres choisis : d'un côté on a des indiens à cheval, une chevauchée
un peu vengeresse, une jolie pépé, un cowboy taciturne qui n'en veut et au physique à
provoquer le coming out du plus macho des routiers, avec son calendrier Pirelli aux pages collées. De l'autre côté on trouve bien de l'Alien vindicatif venu puiser
dans les immenses ressources de la Terre et des enlèvements (on dit « abduction »
en anglais) forcément trop injustes. On mélange le tout avec castagne, effets
spéciaux convaincants, joli cul de Daniel Craig (je m'égare again) et yeux
magnifiques d'Olivia Wilde (ou le contraire je ne sais plus) pour une
nouvelle réalisation certes lisse mais roublarde à souhait de Jon Favreau, qui confirme ici l'excellente surprise Iron Man. On retrouve même un Harrison Ford enfin concerné, lui qui s'était paumé
sur le tournage d'Indiana Jones IV.
Tiens un autre film avec de l'Alien dedans et une rencontre de deux univers de
cinéma. La boucle est bouclée.