Transformers 3 : La face cachée de la Lune

Transformers : Dark of the moon




27 juin. 2011 Par Simon Riaux Star Rating 7

 

Les premières minutes de Transformers 3 ressemblent à un vigoureux doigt d'honneur adressé par Michael Bay à ses détracteurs. En moins de temps qu'il n'en faut à une rétine pour se décoller, le réalisateur nous offre un condensé de son univers : poursuite spatiale spectaculaire, patriotisme exacerbé et plan racoleur sur les attributs d'une femme qu'on n'abordera plus que par le côté voluptueux de la lorgnette. Le maître incontesté de la destruction est de retour, et vous allez en avoir pour votre argent.

Si vous espériez que John Malkovitch apporte à l'ensemble une tonalité différente, voire rehausse la qualité de jeu de ses petits partenaires, asseyez-vous sur vos espoirs. Ne comptez pas non plus sur Frances McDormand, qui parvient à concurrencer John Turturo dans la course à la composition du personnage le plus insupportable. L'ensemble du casting fait baigner le film dans une constante hystérie matinée de clichés, seul Patrick Dempsey surprend, et nous amuse de veule roublardise. Évidemment, les allergiques à l'idéologie guerrière et au chauvinisme belligérant risquent de sérieux chocs anaphylactiques pendant le visionnage, la beauté toute martiale d'un silo à missile dans le soleil couchant n'étant pas accessible au premier venu.

La liste des aberrations et autres défauts qui parsèment le film pourrait être encore longue, tout comme celle de ses qualités. Ces dernières sont d'abord d'ordre techniques. Les effets spéciaux sont superbes, et c'est peu de le dire. Qu'il s'agisse d'images de synthèse, de cascades ou de la 3D, tout est à couper le souffle. Il faudrait être de mauvaise foi pour prétendre ne pas prendre un sacré pied lors des séquences d'action. Peut-être aidé par les contraintes de la troisième dimension, la mise en scène de Michael Bay se fait désormais plus ample, moins épileptique et hachée. Cette progression notable dans la gestion de l'espace permet à la dramaturgie de jouer enfin son rôle, et de rendre plusieurs scènes durablement marquantes, à l'image d'un vol plané au coeur de Chicago qui a de quoi décrocher la mâchoire, ou encore d'une attaque autoroutière dont la brutalité accompagne parfaitement la montée en puissance du scénario. Le scénario ? Il y en a bien un, et s'il est quelques fois beaucoup trop bavard, il donne enfin aux personnages (humains comme robots) des motivations claires, et convoque des enjeux cohérents. Enfin, Shia Labeouf et Tyrese Gibson ont plus excitant à faire que regarder trois machines de l'espace se fendre la poire à coup de missiles.

Si Michael Bay n'a pas abandonné ses tics et ses habitudes de destructeur impénitent, il semble les utiliser, les agencer, plutôt que de les lancer à la figure du spectateur de manière éparse et chaotique. Dans cette perspective, Transformers 3 prend un alors un tour plutôt réjouissant, totalement décomplexé, et dont se retire un plaisir certes régressif, mais bien réel. À tel point que la chose se transforme en un ride improbable, une carte postale encore fumante de l'Amérique fantasmée par le réalisateur. Cette dernière est une sorte de contrée mythique, où les femmes sont aussi belles que les hommes sont musclés, où les drapeaux flottent devant chaque maison, tandis que ceux en âge de tenir une arme se battent pour une liberté jamais assez bien défendue. On a souvent dénoncé la vision du papa des Transformers comme étant un horrible tract républicain, mais elle est ici plus proche d'un rêve puéril et délirant, souvent touchant dans sa démesure et sa grandiloquence.

Non, Transformers 3 n'est pas digeste, c'est un plat de résistance, et des plus riches ; étrangement, ce sont souvent les meilleurs. L'avantage du cinéma, c'est que même en été, il n'y a personne dans les salles obscures pour voir si vous avez la ligne. À quelques semaines d'intervalle, Michael Bay et J.J. Abrams (avec Super 8) convoquent notre enfance, l'un en mimant les souvenirs d'hier, l'autre en vidant une malle de jouets aux airs de boîte de Pandore. À moins que ce ne soit l'inverse.



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Tonton BDM :

Star Rating 7
Au cœur de « Transformers 3 », il y a quand même une heure de bourrinage intensif qui ferait passer « Fast Five » pour du Bergman. Rien que pour ça (et pour Rosie Huntington-Whiteley), le film mérite amplement d’être vu.

Simon Riaux :

Star Rating 7
Prévoyez du sérum physiologique pour vos mirettes, un défibrillateur pour votre palpitant, et vous devriez prendre un sacré plaisir sur les montagnes russes de Michael Bay.

Sandy Gillet :

Star Rating 6
Un bon roller Coaster estivale qui devient donc de facto le meilleur film à date de la franchise. Si on nous avait dit cela au sortir du 2…

Stéphane Argentin :

Star Rating 5
Tout ça pour emballer la nouvelle plante verte à la fin ? Il y avait sans doute moyen de faire plus simple, plus court et moins bavard. Mais bon, le dernier acte pète bien et l’ensemble est tout de même plus digeste que le 2, c’est déjà ça !

Patrick Antona :

Star Rating 5
Cet opus 3 ne se distingue des autres que par ces scènes d’action mieux fichues et plus lisibles, par contre quel mélasse scénaristique et le recours à l’humour régressif commence à fatiguer.

Laurent Pécha :

Star Rating 5
Le moins bon des 3 et pas seulement parce que Megan n’est plus là. Bay a beau tout casser à la fin, il a plus d’une heure de retard !

Didier Verdurand :

Star Rating 5
Comme d’hab’, il y a 1h de trop. Dommage parce que le long final dantesque repousse les limites de la connerie et mérite à lui seul le coup d’œil. 45min over the top qui sont les meilleures de la saga !


Tiamat24/02/2014 00:18 par Tiamat

C’est une honte. Franchement. Ok, ce n’est pas mon truc de voir des blockbusters, et évidemment les Bay ne font pas exception - hormis “Rock” qui fonctionne toujours bien. Mais là, ce n’est pas possible. Je ne sais pas ce qui est pire… L’héroïne filmé comme dans un clip de rap ? Les parenthèses comiques [...] LIRE LA SUITE
tenia03/04/2012 22:30 par tenia

Avec la palme pour ce fils de pute d’Optimus Prime qui explose son nemesis bien rouillé à coups de hache dans la gueule, avant de terminer son ancien mentor, vieux truc déjà à terre, à coups de fusil à pompe en pleine tête. C’est ce qui m’avait marqué, tiens. J’ai eu [...] LIRE LA SUITE
FinnegansWake03/04/2012 13:51 par FinnegansWake

Il y a des moments du film où tu comates, c’est vrai. La première heure et demie (putain 1h30 !), c’est du rien avec juste quelques scènes embarrassantes pour te tenir éveillé (genre Malkovich qui met officiellement un terme à sa carrière, Frances McDormand et John Turturo qui font une [...] LIRE LA SUITE

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