Inside man - L'Homme de l'intérieur

Inside man




10 avr. 2006 Par Ilan Ferry Star Rating 8

 

Cela a la couleur et la saveur du film de braquage et pourtant Inside man, dernier bijou de Spike Lee, n'a pas fini de vous surprendre. Quand le réalisateur de Jungle fever s'essaye au polar pur, le résultat forcément hors normes, est une invitation à scruter au-delà des apparences. Ouvrez l'œil et le bon car sous ses dehors d'exercice de style, Inside Man nous offre une belle leçon de cinoche.

Porté par un casting quatre étoiles, la dernière œuvre de Spike Lee dévoile peu à peu des enjeux qui dépassent sa simple fonction de film de braquage. Un constat qui ne l'empêche cependant pas de témoigner d'un profond respect pour le genre et en particulier Un après midi de chien dont il reprend partiellement la trame principale. C'est ainsi que le film s'axe essentiellement sur les personnages, transformant ainsi progressivement l'affrontement entre l'incontournable Denzel Washington et le toujours très charismatique Clive Owen en une dangereuse partie d'échecs à laquelle vient s'adjoindre une Jodie Foster géniale d'ambiguïté. Fermement décidé à ne rien faire comme tout le monde, Spike Lee déstructure son récit avec l'enthousiasme d'un enfant devant un jeu de Lego, accordant ainsi autant d'importance aux différents tenants et aboutissants du braquage qu'à sa lente mais sûre mise en place dans l'action. Le pendant et l'après sont ainsi judicieusement mis en parallèle par le jeu du montage et des lumières et la tension monte crescendo jusqu'à culminer dans de fulgurantes scènes clés. Le scénario aussi malin que prenant, nous mène habilement par le bout du nez et invite le spectateur à identifier les multiples rouages d'une machine parfaitement huilée.

Spike Lee a toujours fait preuve d'un vif intérêt pour les minorités et a trouvé en New York, ville multi ethnique par excellence, le point de convergence idéal de toutes ses obsessions. À travers ses personnages secondaires, Inside man stigmatise les peurs d'une ville encore hantée par les fantômes du 11 septembre, insufflant ainsi au récit une étonnante dimension sociale. Si le cinéaste a su montrer les dents à travers une filmographie composée d'œuvres aussi virulentes que visuellement travaillées (du choral Do the right Thing au crépusculaire La 25ème heure) force est de constater qu'il surgit cette fois là où l'on attendait le moins. En effet, demander à Spike Lee de signer une œuvre de commande sans y mettre son grain de sel relève de la gageure, et c'est pourquoi le réalisateur, à défaut de réellement s'assagir, décide d'assimiler les règles du genre pour mieux les intégrer à un propos plus implicite qu'à l'accoutumé. Si le résultat privilégie l'intrigue policière par rapport à un discours politique sous-jacent, ce dernier n'en demeure pas moins bien présent et exprimé avec plus (l'interrogatoire du vigil pakistanais) ou moins (la critique un peu grossière du jeu vidéo comme vecteur de violence) de pertinence.

Œuvre complexe et protéiforme, Inside man déconcerte de par son utilisation particulière du genre autant qu'il interpelle tout en confirmant la position de son auteur comme témoin capital de son époque. Au final, Spike Lee réalise un polar cérébral comme on en voit peu, alliant parfaitement fond et forme, pour se fondre en un divertissement d'excellente facture doublé d'une brillante réflexion sur la notion de pouvoir. Il ne faut jamais juger un livre à sa couverture, un adage qui sied parfaitement au film.



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“Inside man” est vendu aux cinéphiles du monde entier comme un film de commande -le projet était initialement prévu pour Ron Howard- délicieusement perverti par la patte de son auteur, le Woody Allen Black, l’autre binoclard New Yorkais, laaaadies and gentlemeeeeen, the ooooone and only ‘Mars Blackmon’, un tonnerre d’applaudissement pour Spike Lee ! Seulement [...]

Laurent Pécha :

Star Rating 7

Bruno Laurent :

Star Rating 7


M'sieur Jean19/04/2010 10:46 par M'sieur Jean

Découvert ce film que j’avais loupé à sa sortie… Excellent choix :pimbleue: Spike Lee se révèle parfaitement à l’aise dans l’exercice du film de braquage, distillant une tension omniprésente et installant un dispositif qui se révèle intelligemment tout au long de l’intrigue. 8/10. LIRE LA SUITE
Zorg12/07/2009 20:37 par Zorg

Par contre, je ne vois pas la nécessité d’une suite…http://img193.imageshack.us/img193/3839/photosplanche1sitedef.jpg LIRE LA SUITE
Soulkriver12/07/2009 19:52 par Soulkriver

J’adore. Scénario bien ficelé (on oubliera les 2/3 facilités), personnage du braqueur hyper intéressant, mise en scène bien huilé, quelques thématiques originales. Denzel Washington cabotine à mort, mais c’est devenu une habitude. Par contre, je ne vois pas la nécessité d’une suite… LIRE LA SUITE

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