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Critique
Après le formidable Locataires, Kim Ki-Duk reprend les mêmes principes (personnages principaux muets, rythme comtemplatif, histoire insolite) et y ajoute l'unité de lieu. L'intégralité du film se déroule ainsi sur un bateau amarré en plein océan, où vivent un vieil homme et une jeune fille, qui reçoivent les visites ponctuelles de pêcheurs venus profiter du site.
Kim Ki-Duk laisse libre court à son imagination et développe son univers pour offrir au spectateur une histoire aux symboles très forts et parfois déstabilisants : les thèmes de l'amour, de l'érotisme et de la sexualité sont traités sur un mode très asiatique, au moyen de paraboles audacieuses et de situations ambigües. Bercé par le son envoûtant d'un l'arc-instrument de musique, le film devient un conte d'une évidente simplicité, riche de ses personnages et de son intrigue d'une troublante originalité. Cependant, à placer son récit dans un cadre théorique et grandement métaphorique, Kim Ki-Duk perd en complexité et en nuances ce qu'il gagne en épure et en caractérisation didactique des personnages.
L'arc s'apparente donc à un exercice de style qui laisse parfois un peu le spectateur sur le carreau, mais qui comprend tout de même de belles séquences et quelques moments poétiques d'une incongruité typiquement asiatique.


