À bout portant

À bout portant




25 déc. 2010 Par 2501 Star Rating 4

 

Pour elle étonnait par la modestie de son dispositif (une femme injustement incarcérée, son mari prêt à tout pour la secourir) associée à une exécution d’une justesse peu commune par chez nous. Les mauvaises langues peuvent crier au téléfilm de luxe, mais cette indéniable maîtrise du sujet et de sa narration se posait comme une alternative salvatrice aux tentatives de genre made in France, quasiment toutes gangrenées par leurs influences, leur radicalisme forcené et leurs ambitions déchues.

Fred Cavayé prend avec A bout portant le contrepoint de son premier film, en voulant éviter les classiques scènes d’exposition pour nous emporter sur 90 minutes dans un grand ride incessant. Cinq petites minutes et notre héros du jour, aide-soignant qui n’aurait pas dû sauver la vie d’un mystérieux patient, se retrouve à courir partout pour empêcher on ne sait qui d’abattre sa femme enceinte kidnappée. Ca va pas rigoler. Pitch dramatique basique certes, mais pas plus con qu’un autre pour broder son thriller coup de poing. Monsieur toutlemonde seul contre tous, ça marche (au moins) depuis la Mort aux trousses. Sauf quand votre concept de départ se retourne violemment contre vous, et là il ne reste plus grand-chose d’autre à faire que constater l’échec, et regarder le bateau couler.

A bout portant se révèle très vite plus agité que palpitant, ses personnages plus fonctionnels qu’incarnés, et sa réalisation honorable mais tellement déjà vue qu’on ne peut se reposer dessus. Gilles Lellouche est un gars sympathique. Trop. Le bon copain quoi, à tel point qu’il n’est jamais convaincant quand ça s’énerve. Et les seconds rôles vont du transparent (après Mesrine, Elena Anaya abonnée aux épouses malheureuses n’a pas grand-chose à défendre), au trop évident pour être crédible (non mais Gérard Lanvin qui grommelle ses ordres de salopard, laissez moi rire). Seul Roschdy Zem en tueur flegmatique a le charisme nécessaire aux rôles archétypaux distribués par un réalisateur cette fois bien plus soucieux d’en mettre plein la vue que de se soucier de ses personnages.

Le film est cependant sauvé par sa volonté de surprendre constamment, mais là aussi le retour de bâton explicatif entre gangsters et flics ripoux aura bien du mal à convaincre. Les belles qualités de Pour elle sont désintégrées par le rythme forcené. Quelques bonnes idées et une intensité en cache-misère empêchent de trouver le temps long, mais A bout portant sera passé à toute blinde devant nos yeux circonspects, sans laisser de traces.


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Stéphane Argentin :

Star Rating 9
Du 24 heures chrono à la française tendu du string de la première à la dernière minute. Jack Bauer n’a qu’à bien se tenir !

La Rédaction :

Star Rating 9

Laurent Pécha :

Star Rating 8
Le polar de l’année…et il est français ! Cavayé “refait” pour elle en mieux. A bout pourtant, c’est le meilleur du cinéma américain.

Sandy Gillet :

Star Rating 8
Un polar brillant qui renoue avec certaines bonnes vieilles recettes qui ont fait les grands classiques de notre cinéma tout en prenant le meilleur de ce qui se fait aujourd’hui, Olivier Marchal en tête.

Tonton BDM :

Star Rating 7
Le rythme est tellement à bloc qu’on en oublie sans sourciller la niaiserie du couple Gilles Lellouche/Elena Anaya et les énormes invraisemblances du récit.

Patrick Antona :

Star Rating 5
Des enjeux trop vite révélés et une musique omniprésente finissent par nuire à ce thriller plutôt bien emballé mais qui n’intéresse pas plus que çà.

Didier Verdurand :

Star Rating 3
Quelqu’un peut couper la musique ? Et rendre le scénario plus crédible ? Merci !

Vincent Julé :

Star Rating 3
Après Bernard Madoff dans Krach, Gilles Lellouche est… Julie Lescaut ! Actuellement dans les salles.


DJ Fest04/04/2011 13:25 par DJ Fest

Ca se regarde sans plus….mais à force de voir s’enchainer des situations improbables (*) autour d’une gallerie de personnages plus caricaturaux les uns que les autres, on en vient à regarder le film comme une succession de scènes d’actions plus ou moins réussies […] C’est louable de vouloir faire un film [...] LIRE LA SUITE
conn203/04/2011 10:20 par conn2

Ca se regarde sans plus….mais à force de voir s’enchainer des situations improbables (*) autour d’une gallerie de personnages plus caricaturaux les uns que les autres, on en vient à regarder le film comme une succession de scènes d’actions plus ou moins réussies (*) Par exemple: le héros qui retrouve [...] LIRE LA SUITE
DJ Fest31/03/2011 16:30 par DJ Fest

Par contre pour moi, le film de “genre”, c’est plus le fantastico horrifique que le polar non ? Hé non, des genres y en a plein. Mais ça c’est en grande partie la faute des médias grand public qui ont pris l’habitude de parler du “cinéma de genre français” en le limitant [...] LIRE LA SUITE

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