Piège de cristal

Die hard




16 nov. 2010 Par DJ Fest Star Rating 10

 

Tout a été dit ou presque sur le chef d'œuvre de McTiernan, qui a redéfini le cinoche d'action pour les 20 ans à venir. En quoi Die Hard est-il définitif? En ce qu'il allie parfaitement art et divertissement pur, grâce à un scénar aux péripéties jouissives, à une mise en scène novatrice toute entière au service de l'action et à un héros/anti-héros éminemment sympathique, auquel il est impossible de ne pas s'identifier.

Le tour de force du 1er Die Hard est de nous faire croire à l'impossible, à savoir comment un homme seul, pieds nus, en marcel, parvient à neutraliser toute une bande de terroristes (qui n'en sont pas vraiment d'ailleurs) au sein d'un building le soir de Noël. Pour celà, il faut l'ingéniosité d'une histoire et l'intelligence de sa mise en image, qui jouent en permanence sur le décor (la tour Nakatomi). En effet, McT impose plus encore que dans Predator, son précédent exploit, sa maîtrise totale de l'espace et du mouvement, s'autorisant toutes les audaces (mouvements de caméras qui terminent un plan pour enchaîner sur le suivant afin de marquer la continuité de l'action, par exemple), passant d'un étage à un autre de la tour, et de l'intérieur à l'extérieur du bâtiment en maintenant une parfaite compréhension de l'action grâce à un art consommé du découpage (aidé en cela par l'excellence du montage).

Mais si la suspension d'incrédulité fonctionne, ce n'est pas seulement parce que les auteurs se sont évertués à rendre les situations tout à la fois spectaculaires et crédibles, c'est aussi grâce au choix de Bruce Willis dans le rôle principal. Auparavant principalement acteur de comédie, il apporte par son humour et sa décontraction la distanciation nécessaire à l'identification du spectateur lambda, incarnant l'idéal-type du héros placé là où il ne faut pas, mais dont l'individualisme le pousse à ne pas se laisser faire.

N'oublions pas non plus le formidable travail de Jan de Bont à la photo, et ses éblouissements de lumières artificielles qui conviennent parfaitement au contexte nocturne et urbain de l'action, ainsi que le score inoubliable du régretté Michael Kamen, qui souligne à la fois l'aspect dramatique de l'histoire (le thème principal) et qui sait en même temps se faire malicieux quand la situation l'impose (la reprise l'Hymne à la Joie à l'ouverture du coffre, les petites touchent qui parsèment le film comme lors du passage où l'un des terroriste pique une barre chocolatée). Saluons enfin l'inimitable patte du producteur Joel Silver, grâce à qui les actioners de l'époque étaient généreusement pourvus en nanas topless et en rotules explosant dans des gerbes de sang au ralenti !


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La Rédaction30/11/1999 01:00 par La Rédaction

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