Les Petits mouchoirs
Petits mouchoirs (Les)- PAYS :France
- ANNÉE DE PRODUCTION :2010
- DATE DE SORTIE :20 octobre 2010
- GENRE :Comédie dramatique
- DURÉE :154 MIN
- REALISATEUR : Guillaume Canet
- ACTEURS :François Cluzet, Marion Cotillard, Benoît Magimel, Gilles Lellouche, Jean Dujardin
- DISTRIBUTEUR :EuropaCorp Distribution
- BUDGET : 17 millions d'euros
- Format de tournage : 35 mm
- Ratio d'image : 2.35
- Couleur
- Site Officiel
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Voilà bien un film à l’image de son « metteur en scène-scénariste » : trop ambitieux, pêchant par excès sans doute, parfois même franchement lourd, mais dans le même temps d’une justesse et d’une cohérence qui rendent honneur à la soif de cinéma du bonhomme. C’est aussi le succès populaire de l’année, comme si la personnalité d’acteur et de people avait attirée en masse un public désireux de lui faire confiance. Alors c’est quoi concrètement Les Petits Mouchoirs ? Le récit d’une mort qui plane, l’aventure d’amis réunis le temps de deux semaines d’été, les mensonges qui traînent dans les placards ou bien la leçon de morale qui réunira ces copains et copines ? Un peu de tout ça en fait, ce qui en fait déjà un objet à l’ambition certaine, surtout quand on réalise que Canet cinématographie ni plus ni moins que 8 personnages, régulièrement assis autour d’une table ou sur la proue d’un bateau. L’expérience de son précédent long-métrage (où il avait pu expérimenter un travelling circulaire autour d’un dîner et la mise en scène de cascades spectaculaires) lui assure ici une réelle aisance dans les scènes de groupes, nombreuses, et pour la plupart d’une fluidité exemplaire. Le tour de force de la séquence d’ouverture – qui rend désuet tout spot précédent pour la sécurité routière – contrebalance avec la simplicité apparente des déconnades-engueulades en groupe. En restant simple témoin légèrement nerveux des soubresauts d’une équipe qui se délite, Canet gagne en force et en souplesse.
Seulement voilà Les Petits Mouchoirs n’est pas, à la différence de Ne le dis à Personne, un film qui vaut pour sa mise en scène. Le choix d’opter pour une réalisation sobre provient de l’importance première de l’intrigue et des personnages, moelle épinière du film. Sur ce domaine là , Canet à presque tout bon. Il parvient à maintenir l’intérêt durant au moins les trois-quarts du métrage sans masquer la futilité d’une bande de potes qui s’éclatent avec des délires qui leur sont propres. Et sans mettre le spectateur de côté, épée de Damoclès de ce genre de spectacle. Pour cela, il choisit d’instaurer un malaise qui trône autour de chacun des personnages, cimentant leur soi-disant vacances au Cap Ferret. L’accident de Ludo en est un, mais c’est sans doute l’homosexualité refoulée de Magimel à l’égard de Cluzet qui donne le battement d’un déclin en route. A rebours, ce pan de l’histoire ressort régulièrement et réussit l’exploit de ne pas passer pour un rajout superficiel en plus. Difficile également de faire l’inventaire de personnages pour la plupart ni noir ni blanc, à l ‘épaisseur psychologique certaine. La fine écriture et le talent de Canet pour faire parfois passer une idée avec une légèreté bienvenue (une main sur le ventre pour exprimer un rebondissement par exemple) ne seraient rien sans des acteurs et actrices tous et toutes dévoués corps et âmes à leurs personnages. Toute en intériorité et en naturel, ils arrivent à laisser une part d’eux-mêmes imprégner le film sans tomber dans le catalogue du gratin français. Une mention singulière au « Cluzet show », incroyable de force excessive et de fragilité mêlée, au mal-être refoulé de Magimel et à la naïveté maladroite de Laffite. Ce qui ne fait pas des Petits Mouchoirs un film parfait. Loin de là .
Si Guillaume Canet parvient à éviter de nombreux pièges et à donner à son projet une cohérence et une consistance qu’il faut indéniablement louer, il peine à faire exister une réelle émotion. Pour une raison quelque peu mystérieuse, l’énergie investit ne traverse que peu la salle de cinéma, ou plutôt ne fonctionne plus dès lors que le réalisateur s’attaque aux sentiments contrariés des personnages. On pense notamment au personnage de Gilles Lellouche, dont le côté beauf assumé du personnage peine à co-exister réellement avec sa part plus fragile et sensible. A sa décharge, il faut signaler quelques choix de mise en scène déconcertants. Premièrement, un rythme tenu qui ne parvient pas à soutenir la trop longue durée du film, le scénario finissant par tourner autour du pot pour pas grand-chose. Le métrage prend dans sa dernière demi-heure trop de détours, comme les histoires de romance de deux protagonistes masculins qui aurait gagné à être écourtées, ou celle du duo Magimel-Cluzet qui joue au yoyo trop régulièrement. De même, « la chute finale » du film tombe un peu brutalement, afin de faire avancer l’histoire et de balancer un discours qu’on pourrait qualifier péjorativement de « moraliste ». Le pire restant les dernières quinze minutes, dont l’émotion est désamorcée par l’utilisation abusive de musique (tendance à l’œuvre dans Ne le dis à Personne) et par une présence excessive du lacrymal, à base de discours la larme à l’œil comme si il fallait à tout prix que le spectateur suive le pas. C’est pourtant le contraire qui se passe, puisque floué par cette précipitation émotionnelle l’auditeur décroche, au risque de perdre totalement le plaisir du reste du long-métrage. C’est fort dommageable, surtout que le potentiel de réussir un grand film fédérateur est là , dans la continuité des « films de potes » dont est friand Guillaume Canet.
Au final donc, Les Petits Mouchoirs c’est beaucoup de plaisir pour un zéro pointé de larmes. Trop ambitieux, Guillaume Canet se calcine les ailes en plein envol par une émotion qu’on qualifiera d’artificiel ou de trop complice. Reste le plaisir de voir des acteurs se démener avec des personnages délicieux, le tout accompagné d’une certaine finesse d’écriture et de mise en scène. Un auteur à suivre encore donc, surtout que sont rares ceux qui arrivent à apporter un peu d’eux-mêmes dans un cinéma sclérosé par les dictats télévisuels.
Seulement voilà Les Petits Mouchoirs n’est pas, à la différence de Ne le dis à Personne, un film qui vaut pour sa mise en scène. Le choix d’opter pour une réalisation sobre provient de l’importance première de l’intrigue et des personnages, moelle épinière du film. Sur ce domaine là , Canet à presque tout bon. Il parvient à maintenir l’intérêt durant au moins les trois-quarts du métrage sans masquer la futilité d’une bande de potes qui s’éclatent avec des délires qui leur sont propres. Et sans mettre le spectateur de côté, épée de Damoclès de ce genre de spectacle. Pour cela, il choisit d’instaurer un malaise qui trône autour de chacun des personnages, cimentant leur soi-disant vacances au Cap Ferret. L’accident de Ludo en est un, mais c’est sans doute l’homosexualité refoulée de Magimel à l’égard de Cluzet qui donne le battement d’un déclin en route. A rebours, ce pan de l’histoire ressort régulièrement et réussit l’exploit de ne pas passer pour un rajout superficiel en plus. Difficile également de faire l’inventaire de personnages pour la plupart ni noir ni blanc, à l ‘épaisseur psychologique certaine. La fine écriture et le talent de Canet pour faire parfois passer une idée avec une légèreté bienvenue (une main sur le ventre pour exprimer un rebondissement par exemple) ne seraient rien sans des acteurs et actrices tous et toutes dévoués corps et âmes à leurs personnages. Toute en intériorité et en naturel, ils arrivent à laisser une part d’eux-mêmes imprégner le film sans tomber dans le catalogue du gratin français. Une mention singulière au « Cluzet show », incroyable de force excessive et de fragilité mêlée, au mal-être refoulé de Magimel et à la naïveté maladroite de Laffite. Ce qui ne fait pas des Petits Mouchoirs un film parfait. Loin de là .
Si Guillaume Canet parvient à éviter de nombreux pièges et à donner à son projet une cohérence et une consistance qu’il faut indéniablement louer, il peine à faire exister une réelle émotion. Pour une raison quelque peu mystérieuse, l’énergie investit ne traverse que peu la salle de cinéma, ou plutôt ne fonctionne plus dès lors que le réalisateur s’attaque aux sentiments contrariés des personnages. On pense notamment au personnage de Gilles Lellouche, dont le côté beauf assumé du personnage peine à co-exister réellement avec sa part plus fragile et sensible. A sa décharge, il faut signaler quelques choix de mise en scène déconcertants. Premièrement, un rythme tenu qui ne parvient pas à soutenir la trop longue durée du film, le scénario finissant par tourner autour du pot pour pas grand-chose. Le métrage prend dans sa dernière demi-heure trop de détours, comme les histoires de romance de deux protagonistes masculins qui aurait gagné à être écourtées, ou celle du duo Magimel-Cluzet qui joue au yoyo trop régulièrement. De même, « la chute finale » du film tombe un peu brutalement, afin de faire avancer l’histoire et de balancer un discours qu’on pourrait qualifier péjorativement de « moraliste ». Le pire restant les dernières quinze minutes, dont l’émotion est désamorcée par l’utilisation abusive de musique (tendance à l’œuvre dans Ne le dis à Personne) et par une présence excessive du lacrymal, à base de discours la larme à l’œil comme si il fallait à tout prix que le spectateur suive le pas. C’est pourtant le contraire qui se passe, puisque floué par cette précipitation émotionnelle l’auditeur décroche, au risque de perdre totalement le plaisir du reste du long-métrage. C’est fort dommageable, surtout que le potentiel de réussir un grand film fédérateur est là , dans la continuité des « films de potes » dont est friand Guillaume Canet.
Au final donc, Les Petits Mouchoirs c’est beaucoup de plaisir pour un zéro pointé de larmes. Trop ambitieux, Guillaume Canet se calcine les ailes en plein envol par une émotion qu’on qualifiera d’artificiel ou de trop complice. Reste le plaisir de voir des acteurs se démener avec des personnages délicieux, le tout accompagné d’une certaine finesse d’écriture et de mise en scène. Un auteur à suivre encore donc, surtout que sont rares ceux qui arrivent à apporter un peu d’eux-mêmes dans un cinéma sclérosé par les dictats télévisuels.
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LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!| 16/03/2012 20:06 par Julien Foussereau :tired:
Jimmy…
http://2.bp.blogspot.com/_Klgx033KbNM/TNktOJWQTJI/AAAAAAAAABc/6cMHHBsZX3M/s1600/why%2521%2521.jpg
…Sérieux
Tu te fais couillonner par Ne le dis à personne et sympathise avec lui, OK.
Mais, à ta place, Jim, je vois Les Petits mouchoirs, après je fais la totale, blocage facebook, unfollow twitter, suppression sur le carnet d’adresses et envoi de charogne par Chronopost. :D
LIRE LA SUITE | |
| 16/03/2012 18:50 par Didier Verdurand Guillaume Canet s’apprête à réaliser son quatrième long-métrage mais cette fois aux Etats-Unis. Il s’agit de «Blood Ties», le remake des «Liens du sang» de Jacques Mailhot (2008) dans lequel l’acteur jouait avec François Cluzet, le plus jeune de deux frères que tout opposait.
Rappelons que Guillaume Canet a écrit le [...] LIRE LA SUITE | |
| 02/01/2012 23:49 par Julio Lopez Guillaume Canet. – Je n’ai pas pris de plaisir à tourner les Petits Mouchoirs – l’équipe technique me l’a assez reproché. Juste avant la sortie du film, quelqu’un de la bande s’est tué dans les mêmes conditions que dans le film. Il a fallu aller dans des [...] LIRE LA SUITE |
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