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Critique
Même si on se dit qu'un film avec Catherine Keener ne peut pas être totalement mauvais. C'est en alternant les répliques d'un cynisme très «politiquement incorrect» avec des scènes d'une surprenante naïveté, prolongeant ses gags jusqu'à les vider de leur effet comique, que le film entraîne doucement ses personnages dans la quête sentimentale, vers une réflexion sur la normalité et l'équilibre chez ces hommes modernes, majorité silencieuse à la vie sexuelle incurablement ordinaire.
Parmi les bonnes idées du scénario, on remarquera la mise en parallèle du héros pusillanime resté ancré à l'état d'adolescence avec sa collection de figurines de super-héros, bien protégées et inaccessibles dans leurs boîtes transparentes, comme la visualisation explicite d'une virginité métaphorique.
Et en envisageant la résolution de tous dérèglements sentimentaux et sexuels (perversions diverses de Cal, Jay ou Beth (Elizabeth Banks), abstinence d'Andy (Steve Carell) ou de David (Paul Rudd), homosexualité supposée de chacun...) par la création d'une relation partenaire, le film propose une vision du mariage d'un optimisme désenchanté, sans négliger l'irréalité même de sa théorie.
Ainsi, le happy-end auto-parodique, à la manière de la comédie musicale HAIR, est bien trop féerique pour ne pas y déceler l'idée que l'amour n'est certes qu'une fiction confortable, mais la seule modalité possible permettant l'équilibre des passions. Car même sous des dehors un peu ripailleurs, le film sait garder les pieds sur terre à une époque où l'exaltation de fantasmes dévoyés semble parfois devenir une nouvelle norme de comportement.

