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Critique
Malgré la démarche clairement intègre d'Aronovski et malgé l'ambition évidente que représente l'entreprise, The fountain ne parvient jamais réellement à transcender son sujet. Le film se veut l'égal sur pellicule d'histoires intemporelles telles que celles de Tristan et Iseult ou Roméo et Juliette, celles d'un amour idéalisé, à la fois source de vie et de destruction, au centre de tous les tourments et les espoirs de l'homme.
Le réalisateur déploie alors des trésors de mise en scène, de créativité, de ruse pour contourner l'obstacle d'un budget restreint, et s'appuie sur une structure narrative multipliant les allers retours entre trois époques, ou plutôt trois temps, correspondant chacun à un univers dont il appartiendra au spectateur de déterminer la place dans un récit présentant l'histoire d'un couple unique. Si le duo d'interprètes principal est plutôt bon et si l'imagerie développée par le film est tout à fait réussie, on ne peut malheureusement pas en dire autant de l'impact émotionnel du film. L'histoire centrale, qui se déroule à notre époque, est traitée sans grande subtilité, et repose sur un noeud dramatique déjà vu dans bon nombre de mélodrames. La grâce a beau parfois toucher les deux appendices temporels de l'intrigue, la trop grande part accordée à un noyau scénaristique peu implicant pour le spectateur nuit à la portée de The fountain.
Reste que le film réussit tout à fait lorsqu'il n'en dit pas trop, lorsqu'il ne fait pas de lien clairement énoncé entre les trois époques présentées, et lorsqu'il se conclut dans une plénitude finale d'une densité inespérée. Dommage alors que la plupart des scènes qui précèdent se déroulent sans parvenir à toucher réellement le spectateur, et ne dépassent finalement pas le cadre d'une histoire d'amour teintée de fantastique et saupoudrée d'éternité.


