Captain America : The First Avenger

First Avenger : Captain America (The)




21 juil. 2011 Par Simon Riaux Star Rating 8

 

À bien des égards, Captain America est peut-être le super-héros le plus difficilement transposable au cinéma. Son simple nom peut irriter (essayez donc de le prononcer pendant un meeting altermondialiste), alors que les États-Unis sont largement perçus comme une puissance impérialiste et dominatrice, et ne parlons pas de son apparence, qui en fait littéralement un drapeau américain de chair et de sang. Le risque de prêter le flanc aux attaques les plus mesquines était tel que le film fut renommé The First Avenger dans plusieurs pays, et vit sa sortie menacée en Chine. La liste des écueils dressés face à un tel projet pourrait être encore longue, et ne pourra à posteriori qu'accentuer encore la très belle réussite de Joe Johnston.

Le réalisateur ne baisse jamais les bras devant son personnage, totem musculeux et à priori inabordable, et s'attache à lui donner une véritable trajectoire, héroïque et dramatique, beaucoup moins lisse qu'il n'y paraît. Steve Rogers, d'abord freluquet au patriotisme hystérique, se verra choisi pour un courage presque inquiétant, à la limite de l'intégrisme. S'en suivra une transformation physique spectaculaire, qui fera de lui non pas le super soldat rêvé, mais un monstre de foire, un emblème grotesque et encombrant. Cette étape de sa trajectoire est illustrée lors d'une séquence qui sous les atours de la dérision, se révèle l'une des plus brillantes et riches qu'ait jamais mise en boîte le réalisateur. Ce n'est qu'après avoir été humilié puis relégué au rang d'attraction de propagande que Steve pourra devenir un combattant, puis un héros. Statut qu'il ne pourra atteindre que par le sacrifice, ce dernier étant d'autant plus terrible qu'il aura alors bien plus à perdre qu'une vie ratée d'avorton belligérant.

Pour incarner cet homme au destin classique, mais puissamment fédérateur, Chris Evans est parfait. Tantôt touchant, borné, fragile, drôle et combatif, il compose un héros dont la superbe rappelle un certain âge d'or Hollywoodien. Mais il n'est pas seul, l'ensemble du casting est au diapason, de Tommy Lee Jones en passant  par Hayley Atwell. Hugo Weaving glace le sang d'implacable cruauté, aidé par un maquillage superbe et une mise en scène qui s'attache autant à lui qu'au Captain du titre. Il suffit d'un plan de Red Skull s'adressant à un sous-fifre en contrejour, sous les yeux terrifiés du malheureux chargé de réaliser son portrait, pour qu'un délicieux frisson nous envahisse.

On regrettera toutefois que les scènes d'action, globalement réussies, n'emportent pas autant notre adhésion. Si elles ne manquent ni de variété, ni d'images iconiques, elles convoquent un peu trop souvent des modèles qu'elles ne parviennent pas à égaler. Ainsi, l'on croit le temps d'une poignée de plans que Johnston va se confronter à la mythique poursuite à moto de La Dernière croisade, mais il expédie la chose en deux coups de cuillère à pot, comme s'il craignait de ne pouvoir relever le défi. La même frustration se fait sentir lors d'une attaque ferroviaire, aussi classe que brève, qui laisse immanquablement le spectateur sur sa faim.

Pour autant, ce (léger) déficit de testostérone ne doit pas vous arrêter. À bien des égards, Captain America est l'un des meilleurs films de super héros qui soient. Il constitue même, avec son contemporain X-men : le commencement, un passionnant antidote au Dark Knight de Christopher Nolan. Il contribue à un réenchantement de l'Histoire, une relecture du XXème siècle mythologique et fantasmée. Cette redécouverte d'un passé in fine bien plus mystérieux qu'un présent qui ne tolérerait qu'un naturalisme glacial, aux relents de désespoir, émeut profondément.

 



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Laurent Pécha :

Star Rating 9
Joe Johnston est décidément l’un des cinéastes les plus sous-estimés au monde : son Captain America est une fulgurante réussite. Un idéal de film de super-héros à la fois exaltant, drôle et émouvant.

Stéphane Argentin :

Star Rating 8
Sérieux (sur le fond) et décomplexé (sur la forme) ou une certaine idée de l’adaptation de comics fun, divertissante et très réussie de bout en bout. Vivement la suite (restez jusqu’à la fin du générique).

Tonton BDM :

Star Rating 8
Rétro, fun, visuellement sublime. La grande classe.

Simon Riaux :

Star Rating 8
Classique et audacieux, bourré d’auto-dérision mais jamais cynique, le films de Jonhston est une pièce d’orfèvrerie parfaitement réglée.

Patrick Antona :

Star Rating 8
Respectueux du comic book tout en dépoussiérant le mythe avec humour, renouant avec panache avec le “Hollywood Touch” d’antan, Cap’ trouve sa parfaite incarnation grâce à un Chris Evans charismatique et qui dégage un capital sympathie indéniable.

Sandy Gillet :

Star Rating 7
Finalement peu spectaculaire mais d’une grande rigueur intellectuel quand il s’agit de retranscrire l’univers pourtant foisonnant de ce super héros estampillé Marvel. Les fans du comics s’y retrouveront et les autres apprécieront cette pièce du puzzle “Avengers” qui fait sens.

Didier Verdurand :

Star Rating 5
Certes il y a de jolis moments de bravoure, et des plans très réussis. Mais Captain America aurait du durer 1h20 car à côté d’un Black book, qu’est-ce qu’on s’emmerde ! Sûrement parce que Carice van Houten était une super-héroïne plus touchante… et qu’il y avait un scénario digne de ce nom.

Vincent Julé :

Star Rating 5
Steve Rogers > Captain America


tenia21/11/2011 23:08 par tenia

C’est crétin, mais divertissant. 4/10. Par contre faut vraiment passer outre la propagande pro US qui semble ici plus premier degré que jamais, parce que sinon, ça vaut 0/10. En même temps, c’est le personnage qui veut ça.Bien pour ça que je passe outre, mais je le signale parce que le traitement est [...] LIRE LA SUITE
M'sieur Jean21/11/2011 19:04 par M'sieur Jean

C’est crétin, mais divertissant. 4/10. Par contre faut vraiment passer outre la propagande pro US qui semble ici plus premier degré que jamais, parce que sinon, ça vaut 0/10. En même temps, c’est le personnage qui veut ça.Bien pour ça que je passe outre, mais je le signale parce que le traitement est [...] LIRE LA SUITE
tenia21/11/2011 19:01 par tenia

C’est crétin, mais divertissant. 4/10. Par contre faut vraiment passer outre la propagande pro US qui semble ici plus premier degré que jamais, parce que sinon, ça vaut 0/10. En même temps, c’est le personnage qui veut ça. LIRE LA SUITE

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