The Ghost writer

Ghost writer (The)




13 fév. 2010 Par Vincent Julé Star Rating 8

 

Faut-il mettre en perspective le dernier film de Polanski avec la récente affaire « Polanski » ? Certains le feront peut-être, prétextant que la manière dont son ghostwriter est enfermé dans cette maison sur une île de la côte est américaine fait écho à l'assignation à résidence du réalisateur dans son chalet suisse. Pourquoi pas, surtout que c'est là qu'il a fini le montage et la post-production du film. Toujours est-il que The Ghostwriter est bien une œuvre de l'isolement, de la solitude, à la première personne.

Lorsqu'un nègre littéraire (Ewan McGregor) accepte de rédiger les mémoires de l'ex-Premier ministre britannique Adam Lang (Pierce Brosnan), alors que son prédécesseur a été retrouvé mort dans d'étranges circonstances et que des accusations de crime de guerre tombent bientôt sur son employeur, le film semble prendre la tangente du thriller politique. Que va découvrir notre homme de l'ombre : des secrets de famille, un complot international, une vengeance personnelle ? Le spectateur connaît ses classiques et donc se frotte les mains à l'avance, de voir Ewan McGregor jouer les enquêteurs, aller de coup de théâtre en course-poursuite et confronter Pierce Brosnan. Sauf que comme le dit Sandy, Ewan McGregor n'est pas Dustin Hoffman ou Robert Redford, et le film ni Marathon Man, Les trois jours du condor ou même les récents L'enquête, Jeux de pouvoir, etc. En effet, très vite, le ghostwriter est mis à l'écart, à l'ombre d'une grande maison au bord de la mer, sur une île perdue, en plein hiver. A l'intérieur, une décoration froide, déshumanisée, impersonnelle. A l'extérieur, le gris, la pluie, la tempête. L'accusation de crime de guerre et son raffut médiatique ne sont-ils qu'une bonne grosse excuse pour enfermer notre héros malgré lui, les tensions entre la femme (Olivia Williams) et la secrétaire (Kim Cattrall) une bonne grosse fausse piste pour écarter les soupçons ? De fait, la résolution finale, logique mais gratifiante, importe moins que la manière d'y arriver.

Et sachant que Pierce Brosnan disparaît aussi très vite de l'équation, pour réapparaître à la télévision avec son sourire carnassier, que reste-t-il, que va-t-il se passer ? Ewan McGregor est donc quasiment seul, dans un huit clos au grand air, où il enquête à vélo, suit une piste au GPS et s'échappe à la cool, à l'ancienne. Des morceaux de bravoure aussi surprenants que désarmants, où Roman Polanski fait preuve d'un sens du timing et du montage aussi pur que terrassant. Privilégiant le décor, l'atmosphère, le mouvement, sa caméra fait penser, toutes proportions gardées, à la plume de certains écrivains américains contemporains : Donna Tartt, R.J. Ellory, Denis Lehane... Surtout dans la manière de placer le héros dans la scène, pour permettre au spectateur/lecteur d'appréhender the big picture. Ewan McGregor rappelle alors, après I love you Phillip Morris, qu'il n'est jamais aussi bon que dans la vulnérabilité, l'effacement et le second degré. Car il y en a de l'humour dans The Ghostwriter, inattendu, maîtrisé et conscient, comme pour rendre cette mise en abyme littérature/cinéma encore plus vertigineuse.



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Didier Verdurand :

Star Rating 9
Le duo Polanski / Desplat rend une copie digne d’un Hitchcock / Herrmann. Une leçon de cinéma, même si la fin aurait pu être plus convaincante.

Nicolas Thys :

Star Rating 8

Vincent Julé :

Star Rating 8
Faux thriller politique et vrai film d’ambiance, The Ghost Writer est moins surprenant que désarmant, le spectateur se demandant toujours où la séquence suivante va l’amener.

Patrick Antona :

Star Rating 7
Polanski déroule sa mécanique imparable avec maîtrise, mais qui a tendance à s’appesantir dans sa seconde partie. Mais le côté pamphlet politique n’en est que plus efficace, et les comédiens sont parfaits.

Stéphane Argentin :

Star Rating 7
L’approche politique seventies est plutôt réussie mais reste hélas trop en surface au détriment d’un twist final aussi prévisible que cousu de fil blanc.

Laurent Pécha :

Star Rating 7
Porté par un excellent McGregor, The Ghost Writer nous permet de retrouver le Polanski ironique de la première heure. Un timing aussi paradoxal que savoureux.

Sandy Gillet :

Star Rating 6
Un thriller politique plutôt bien troussé dans la grande tradition des Marathon Man et autre Trois jours du condor. Reste qu’Ewan McGregor n’est pas Hofmann ou Redford et que le scénario est cousu de fil blanc.


M'sieur Jean03/05/2011 11:19 par M'sieur Jean

J’aurais aimé un peu plus de tension moi… Certes il y a quelques bons moments d’angoisse/paranoïa, mais le rythme délibérément lent et feutré m’a fait à plusieurs reprises sortir du film. Et comme le souligne kitty, quelque chose cloche dans cette intrigue, dont on ne saisit pas forcément tous les [...] LIRE LA SUITE
Zorg03/05/2011 10:33 par Zorg

Je suis pas rentré dans le film. C’est terrible car j’avais envie de le voir, surtout grâce aux bons échos entendus par ici. Mais je ne suis absolument pas rentré dedans. J’ai donc subi une longue litanie de clichés (de mon point de vue) scénaristiques, allant de l’épouse bafouée et manipulatrice au [...] LIRE LA SUITE
FinnegansWake21/12/2010 19:05 par FinnegansWake

C’est vrai que nous sommes à une époque phare pour le “home cinema” et que nous sommes une caste de privilégiés dans ce domaine dans notre majorité. Mais je me rappelle que j’ai découvert la plupart de mes films favoris (de 2001 à Excalibur en passant par tous les Spielberg & [...] LIRE LA SUITE

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