Les Fils de l'homme

Children of men




17 oct. 2007 Par Vincent Julé Star Rating 7

 

Aujourd'hui, le Mexicain Alfonso Cuaron est considéré par certains critiques et de nombreux fans, comme l'un des metteurs en scène les plus talentueux et les plus doués d'Hollywood et de Navarre. Un technicien hors pair, un esthète du cadre, un virtuose de la caméraÂ… Curieux sacre lorsque l'on se penche sur sa longue carrière mais courte filmographie, où les douloureux souvenirs (De grandes espérances) se mêlent à la rareté voire l'inconnu (La petite princesse, direct-to-video en France) et à la bonne surprise (EtÂ… ta mère aussi !). Se pourrait-il alors que sa seule présence aux manettes du troisième opus de Harry Potter, le plus abouti et le plus mature pour les uns, le plus ennuyeux et le plus sombre pour les enfants, lui est permise d'asseoir un style, un univers et donc un fan club. Toujours est-il que pendant qu'on pouvait lire ça sur Ecran Large, Alfonso Cuaron pouvait, lui, passer tranquillement à un projet plus personnel, plus contemporain, plus risqué aussi.

Avec sa société futuriste où les êtres humains ne parviennent plus à se reproduire, il dépeint rien d'autre que notre civilisation avec quelques années de plus, et avec toujours ses tensions religieuses et ethniques, sa forte immigration ou son état policier. Si le tableau, gris et poussiéreux, fait bien sûr froid dans le dos, il reste superficiel, naïf, presque maladroit lorsqu'il s'inspire directement de l'imagerie d'un Soleil Vert par exemple. Et alors qu'il pourrait gratter les premières couches pour laisser apparaître une fable humaine et sociale digne de la meilleure SF, Alfonso Cuaron décide de construire tout son film sur un seul et unique concept, le road movie, et abandonne en route tous les tenants et aboutissants de sa vision futuriste et de ce bébé sauveur de l'humanité. Le fond perd en crédibilité et intérêt, mais la forme gagne en lisibilité et tension, jusqu'à un final littéralement bluffant d'efficacité et de virtuosité.

En deux ou trois plans-séquences, le metteur en scène suit le parcours du combattant de Clive Owen pris entre les feux d'une guérilla urbaine avec mitraillettes, bazookas et tanks ! L'immersion du spectateur est totale, les immeubles s'effondrent sur lui, les gouttes de sang giclent sur la caméra et lorsqu'il sort la tête des débris, sous les cris du bébé, il a les larmes aux yeux. Ce tour de force détonne presque du reste du métrage, et l'heure et demi précédente, entre contemplation et torpeur, semble alors avoir été pensée et mise en place chez le spectateur pour mieux l'en sortir. Avec surprise, brutalité, fascination et, avouons-le, le talent des plus grands.



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Une réussite anxiogène qui interroge et va au-delà du genre. Accessoirement tout de même, le meilleur film de SF des années 2000 …

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Julien Foussereau04/01/2009 18:17 par Julien Foussereau

Un procès sans conséquence, chère Calamity ! La peine est trop risquée… http://thepeoplescube.com/images/Gulag.gif …et trop embarrassante ! :lol: LIRE LA SUITE
Calamity04/01/2009 17:35 par Calamity

Car, contrairement à Cala, tu ne fais pas ton étroite sur ce film ! :D Rhôôô, le mauvais procès. J’adore ce film et j’ai juste émis une petite réserve. On peut vraiment rien dire, hein… :zorg: La naissance du bébé échappe à la compréhension du moment, elle est à ce titre presque [...] LIRE LA SUITE
JaimzHatefield04/01/2009 17:19 par JaimzHatefield

J’aurais tendance à dire que c’est surtout “envisageable”, “crédible” ou “cohérent compte tenu de la peur de disparaître”. “Logique” et “sentiment messianique” ne font pas bon ménage. Tout à fait. Le côté apocalyptique ressortirait certainement d’une telle “malédiction”, la race humaine est condamnée à disparaître dans le film et la science [...] LIRE LA SUITE

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