Amer
Amer- PAYS :France, Belgique
- ANNÉE DE PRODUCTION :2009
- DATE DE SORTIE :03 mars 2010
- GENRE :Giallo, Drame
- DURÉE :90 MIN
- REALISATEUR : Bruno Forzani, Hélène Cattet
- ACTEURS :Marie Bos, Delphine Brual, Harry Cleven, Bianca Maria D'Amato, Cassandra Forêt
- DISTRIBUTEUR :Zootrope Films
- Format de tournage : 35 mm
- Ratio d'image : 2.35
- Couleur
- Site Officiel
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Amer se présente comme un grand geste expérimental, à la fois modernisation et retour sur un genre mort ou du moins moribond quand on constate régulièrement que son fer de lance Dario Argento s’échine encore à s’y exercer maladroitement. Le film prend la forme d’un récit en trois parties axé sur l’évolution d’une femme, par le biais d’un cinéma sensitif, rencontre improbable entre Philippe Grandrieux et un best-of des meilleurs giallos. C'est entre prétention et expérimentation une voie très intéressante et louable, pas seulement parce qu'elle est inédite par chez nous (et ailleurs), mais parce qu'elle représente un pan entier de cinéma délaissé au profit de récits à la narration littéraire, une sorte d’expression cinétique pure, que représentait idéalement une bonne partie de la production muette des trois premières décennies du septième art, avec comme point d’orgue l’extrême inventivité du kino eye de Dziga Vertov, dont l’essai le plus connu reste L’Homme à la caméra.
C’est donc à une expérience radicale que nous convient Hélène Cattet et Bruno Forzani, à l’opposé du conventionnel cinéma de genre français enfermé dans ses références et son extrémisme vain. Il y a devant une telle proposition un plaisir devenu rare au cinéma, celui de triturer les formes, d’essayer de malmener la matière cinématographique, comme un Tarantino qui ne se soucierait plus de son scénario mais travaillerait seulement à même les thématiques, les textures, les couleurs, les sons. Fascination ou rejet semblent les uniques réactions possibles. Une telle audace est devenue tellement rare depuis la condamnation du style au cinéma (notamment par l’arrivée du clip), qu’Amer semble comme perdu entre les époques, entre concentré d’expérimentations digne des 60’s et patchwork postmoderne sur un genre disparu. Qu’il sorte en salle est une bonne nouvelle, cela revitalise un tant soit peu un cinéma de plus en plus coincé dans des conventions narratives étriquées après plus de 100 ans d’existence. Quoiqu’en dise certains cinéphiles frigides, Amer n’a rien à faire au musée.
Néanmoins, le problème du best-of, c'est qu'il a tendance à saturer à force d'enchaîner les climax. A vouloir faire toujours plus beau, toujours plus sensationnel, Amer ne respire pas assez. Le film est construit majoritairement sur des gros plans qui pourront étouffer la patience du spectateur (surtout s’il ne connaît rien au genre en question, bonjour l’angoisse). Les macros sons finissent par être crispants car trop répétitifs à la longue (il y a du cuir, et ça s'entend). Etrangement la musique n’est pas assez présente pour transcender l’œuvre, et si la recherche du lyrisme italien est bien là , le film menace constamment de déborder dans le ridicule, ou le complaisant. Enfin, mais il ne s’agit peut-être là que de goûts éminemment personnels, le casting aurait pu être plus soigné. Les belles femmes à l'aura mystérieuse et magnétique étant un point essentiel du genre giallo. Là , on se coltine des actrices un peu trop lambda, même s'il y a un jeune sosie de Béatrice Dalle, pour les amateurs.
Malgré tous ces petits bémols Amer représente une bouffée d’air frais pour qui veut bien s’y abandonner. Le film ne sera pas hermétique pour qui n’a pas peur de tenter une expérience sensorielle, d’autant plus s’il est amateur du genre ici autopsié. Le film réussit l'exploit de raconter une histoire, basique certes, mais jouant astucieusement des codes du giallo (voir notamment l'unique mais mémorable scène de meurtre). 90 minutes sur la quintessence d’un sous-genre (rien de péjoratif là -dedans, le giallo étant juste une catégorie de film restreinte à un pays et une période), sans dialogues ni narration conventionnelle, ne permet pas d’éviter la répétition. Mais d’Eros en Thanatos, de gants en cuir en armes blanches, un talent indéniable dans la photo et la composition des plans émerveille - même si la tendance "du beau pour le beau" peut finir par être un peu lassante - et fait totalement oublier que tout ça fût tourné avec le budget d’un court-métrage. Niveau montage, quelques séquences impressionnent durablement, tout à fait immersives et enivrantes. De sérieuses longueurs n'empêchent pas le film d'être un geste courageux et vraiment marquant au final.
Amer n'est peut-être pas totalement maîtrisé mais demeure un premier film franchement culotté et inédit. Pour une fois qu’un film de genre français est une véritable proposition de cinéma, on aurait tort de le rejeter trop rapidement pour son radicalisme formel et conceptuel. Reste à savoir si ses auteurs sauront se libérer de leur fascination pour le giallo – et trouver à long terme une voie de production alternative - pour nous proposer d’autres expériences tout aussi singulières.
C’est donc à une expérience radicale que nous convient Hélène Cattet et Bruno Forzani, à l’opposé du conventionnel cinéma de genre français enfermé dans ses références et son extrémisme vain. Il y a devant une telle proposition un plaisir devenu rare au cinéma, celui de triturer les formes, d’essayer de malmener la matière cinématographique, comme un Tarantino qui ne se soucierait plus de son scénario mais travaillerait seulement à même les thématiques, les textures, les couleurs, les sons. Fascination ou rejet semblent les uniques réactions possibles. Une telle audace est devenue tellement rare depuis la condamnation du style au cinéma (notamment par l’arrivée du clip), qu’Amer semble comme perdu entre les époques, entre concentré d’expérimentations digne des 60’s et patchwork postmoderne sur un genre disparu. Qu’il sorte en salle est une bonne nouvelle, cela revitalise un tant soit peu un cinéma de plus en plus coincé dans des conventions narratives étriquées après plus de 100 ans d’existence. Quoiqu’en dise certains cinéphiles frigides, Amer n’a rien à faire au musée.
Néanmoins, le problème du best-of, c'est qu'il a tendance à saturer à force d'enchaîner les climax. A vouloir faire toujours plus beau, toujours plus sensationnel, Amer ne respire pas assez. Le film est construit majoritairement sur des gros plans qui pourront étouffer la patience du spectateur (surtout s’il ne connaît rien au genre en question, bonjour l’angoisse). Les macros sons finissent par être crispants car trop répétitifs à la longue (il y a du cuir, et ça s'entend). Etrangement la musique n’est pas assez présente pour transcender l’œuvre, et si la recherche du lyrisme italien est bien là , le film menace constamment de déborder dans le ridicule, ou le complaisant. Enfin, mais il ne s’agit peut-être là que de goûts éminemment personnels, le casting aurait pu être plus soigné. Les belles femmes à l'aura mystérieuse et magnétique étant un point essentiel du genre giallo. Là , on se coltine des actrices un peu trop lambda, même s'il y a un jeune sosie de Béatrice Dalle, pour les amateurs.
Malgré tous ces petits bémols Amer représente une bouffée d’air frais pour qui veut bien s’y abandonner. Le film ne sera pas hermétique pour qui n’a pas peur de tenter une expérience sensorielle, d’autant plus s’il est amateur du genre ici autopsié. Le film réussit l'exploit de raconter une histoire, basique certes, mais jouant astucieusement des codes du giallo (voir notamment l'unique mais mémorable scène de meurtre). 90 minutes sur la quintessence d’un sous-genre (rien de péjoratif là -dedans, le giallo étant juste une catégorie de film restreinte à un pays et une période), sans dialogues ni narration conventionnelle, ne permet pas d’éviter la répétition. Mais d’Eros en Thanatos, de gants en cuir en armes blanches, un talent indéniable dans la photo et la composition des plans émerveille - même si la tendance "du beau pour le beau" peut finir par être un peu lassante - et fait totalement oublier que tout ça fût tourné avec le budget d’un court-métrage. Niveau montage, quelques séquences impressionnent durablement, tout à fait immersives et enivrantes. De sérieuses longueurs n'empêchent pas le film d'être un geste courageux et vraiment marquant au final.
Amer n'est peut-être pas totalement maîtrisé mais demeure un premier film franchement culotté et inédit. Pour une fois qu’un film de genre français est une véritable proposition de cinéma, on aurait tort de le rejeter trop rapidement pour son radicalisme formel et conceptuel. Reste à savoir si ses auteurs sauront se libérer de leur fascination pour le giallo – et trouver à long terme une voie de production alternative - pour nous proposer d’autres expériences tout aussi singulières.
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LA COMMUNAUTE
CLIQUEZ ICI POUR REAGIR!| 04/04/2010 17:46 par Melunos Projection mardi à 17h20 au Comoedia de Lyon!
On en est là : courir après les séances comme des poules derrière une graine de maïs. Allez-y, c’est un film précieux qui en vaut la peine!
LIRE LA SUITE | |
| 03/04/2010 12:01 par tenia je l’ai vu hier soir.
Une première demi heure brillante, ambiguë, admirablement mise en scène.
Après, ca vire à la branlette. Une heure d’auto satisfaction.
Aucun fil narratif.
Mais c’est joli.
C’est juste un concept de court trop étiré.
Ce qui tombe bien, puisque c’est basé sur un court.
Comme quoi.
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| 03/04/2010 09:32 par Gregmond je l’ai vu hier soir.
Une première demi heure brillante, ambiguë, admirablement mise en scène.
Après, ca vire à la branlette. Une heure d’auto satisfaction.
Aucun fil narratif.
Mais c’est joli.
C’est juste un concept de court trop étiré.
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