La Nuit de tous les mystères

House on haunted hill

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16 avr. 2010 Par Francis Moury Star Rating 7

 

La Nuit de tous les mystères [House on the Haunted Hill] (USA 1959) de William Castle est le seul film d'épouvante, sur les onze qu'il avait produits et réalisés durant son âge d'or de 1958 (Macabre) à 1964 (The Night-Walker), à avoir connu une distribution française contemporaine de sa date de sortie. Certains finirent par être distribués avec des années de retard tandis que d'autres furent uniquement visibles en Belgique. La vidéo et la télévision n'ont pas modifié tant que ça la donne : combien, parmi les jeunes cinéphiles français d'aujourd'hui ont-il vu, par exemple, The Tingler [Le Désosseur de cadavres] (1959) de Castle ou bien encore son The Old Dark House (1962) qu'il ne faut pas confondre avec le film homonyme signé James Whale en 1932 ?

Né en 1914, Castle dirige au théâtre des pièces comme The Last Warning et The Cat and the Canary (tandis que Paul Leni les adapte au cinéma) et même une adaptation théâtrale du Dracula de Bram Stoker. Après un détour par la radio qui le passionne à cause de ses possibilités interactives, Castle s'intéresse au cinéma, signant notamment la co-production de La Dame de Shanghaï (1948) d'Orson Welles. Sa conception du cinéma fantastique lui est révélée, comme il l'expliqua savoureusement à Jean-Claude Romer en 1964 (*) par l'observation du succès public américain d'une copie sous-titrée en anglais de Les Diaboliques (Fr. 1955) d'H.-G. Clouzot ! Il décide alors de tenter lui aussi l'expérience d'un cinéma éprouvant pour les nerfs, oscillant entre film policier et film fantastique. Sa conception du « gimmick » devient célèbre : le spectacle est aussi dans la salle. Pendant La Nuit de tous les mystères, un squelette monté sur câble traversait la salle au-dessus des spectateurs, au moment où le squelette filmé apparaissait à l'écran. Pendant The Tingler, les fauteuils vibraient. Le cinéaste Joe Dante a rendu un bel hommage cinéphilique à Castle - hommage assez parallèle à celui rendu par Tim Burton à Edward D. Wood Jr. dans son Ed Wood (1998) - dans son dynamique et nostalgique Panique sur Florida Beach (1993) mais il ne faudrait pas réduire son art à cet unique aspect.

Après tout, Castle demeure aussi le producteur (parfois aussi le scénariste) de films fantastiques subtils et ambitieux tels que l'inégal Rosemary's Baby (1968) de Polanski, ou encore l'admirable The Hephaestus Plague [Les Insectes de feu] (1975) de Jeannot Szwarc. Cette intelligence et cette capacité à faire passer le spectacle d'une dimension presque ouvertement enfantine à une dimension plus adulte est symbolisée par les plans d'ouvertures (les visages de Elisha Cook puis Vincent Price semblant presque se détacher en relief dans la nuit) et ce magnifique plan final de La Nuit de tous les mystères dans lequel Vincent Price émerge d'une porte dérobée, tenant un moulinet de fils qui lui servent à contrôler le squelette. De tels plans, d'une grande beauté plastique, témoigne bien du goût théâtral et réflexif de Castle pour la mise en abyme. Nous souhaitons qu'on puisse dans un avenir proche disposer en VOSTF et/ou VF lorsqu'elles existent, de l'ensemble de la filmographie fantastique de Castle, cinéaste attachant bien que, aujourd'hui encore, assez oublié et méconnu en France.

 

(*) Jean-Claude Romer, dossier William Castle, in Midi-Minuit Fantastique n°10-11, éd. Le Terrain vague Paris hiver 1964-1965, pp. 22 sq



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La Rédaction02/01/2009 11:38 par La Rédaction

Nuit de tous les mystères (La)

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